Les éleveurs laitiers africains et européens s’insurgent contre la surproduction

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Les éleveurs laitiers africains et européens ont dénoncé la surproduction laitière européenne qui entraîne, selon eux, l’exportation des excédents de poudre de lait vers l’Afrique lors d’une manifestation organisée mercredi 10 avril 2019 à Bruxelles, la capitale de la Belgique.

« N’exportons pas nos problèmes, surproduction de lait ici (en Europe) et ailleurs (en Afrique) les éleveurs boivent la tasse ». C’est le slogan de la campagne de SOS Faim, qui mobilise les éleveurs européens de l’European Milk Board et les éleveurs de six pays du Sahel. Des producteurs qui ont un combat commun : en finir avec la surproduction européenne de lait. En Europe, elle signifie une baisse des prix du lait au producteur, et en Afrique elle aboutit à un afflux massif de poudre de lait européenne, qui empêche la structuration des filières laitières africaines.

Ré-engraissé à l’huile de palme

Certes, la demande en produits laitiers grandit avec la population en Afrique de l’Ouest et actuellement aucun pays ouest-africain n’est autosuffisant. Pas même les pays du Sahel représentés par la délégation venue à Bruxelles, qui sont de grands pays d’élevage. Le Tchad, le Mali et le Niger produisent plus de lait qu’ils n’en importent, mais le Sénégal et la Mauritaine sont importateurs nets.

Une dépendance qui s’est clairement accentuée avec la fin des quotas laitiers en Europe, selon un rapport du Cirad. Sur la centaine de laiteries industrielles ouest-africaines, 80 ne transforment que de la poudre de lait importée, de plus en plus fréquemment ré-engraissée avec des matières grasses végétales, c’est-à-dire de l’huile de palme, moins chère. Il y a certes des problèmes de collecte du lait local, mais tout de même une grande marge de progression puisque seuls 2 % du lait ouest-africain rejoint une laiterie ! Taxer davantage la poudre importée, et moins le matériel de traite en Afrique… ce sont des pistes avancées par les chercheurs.

Pour un indice européen des prix

Quant aux stocks européens de poudre de lait, les 380 000 tonnes que la Commission européenne avait accepté de retirer du marché en 2016, ils ont été peu à peu vendus. La dernière enchère a eu lieu en janvier dernier. Mais les éleveurs européens sont toujours payés en dessous de leurs coûts de production et la surproduction menace à nouveau cette année. L’European Milk Board demande un indice européen des prix du lait, et lorsqu’il baisse trop, que l’Europe aide les éleveurs à produire moins, plutôt que de financer le stockage des excédents, et in fine leur exportation en Afrique. Malheureusement le statu quo risque de l’emporter encore six à huit mois, puisque l’Europe s’apprête à renouveler ses instances.

Moctar FICOU / VivAfrik

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