Le Burundi considère les « caisses de résilience » comme une solution à la famine

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La province de Kirundo qui est une des 18 provinces du Burundi a senti la nécessité de se mettre ensemble dans de petits groupes, épargner, mieux cultiver. Une nouvelle approche très adéquate, selon les populations, pour faire face aux aléas climatiques dans cette localité qui semble porter des fruits. Ce qui fait dire à Melchior Mpawenimana dans les colonnes d’iwacu-burundi.orgque que « malgré les aléas climatiques, nous n’avons pas manqué de quoi manger. »

A Kirundo, les cultivateurs ne veulent plus être à la merci des aléas climatiques.  Le manque de pluies ne doit plus conduire à la famine. Alors, ils s’organisent, se mettent ensemble par groupe de trente et constituent une « mini coopérative ». Là, ils apprennent les techniques modernes de plantation, d’épargne et crédit. Ils créent ce qu’ils appellent des « caisses de résilience » et établissent même des cellules d’écoutes communautaires, précise Arnaud Giriteka du site d’information ci-dessus cité.

Cette approche est promue par l’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).  Elle semble produire de bons résultats.

Depuis près de trois ans, Melchior Mpawenimana, habitant la zone Murore de la commune Busoni, la met en œuvre à travers sa collectivité agricole Tugwizumwimbu formée de 25 femmes et 5 hommes dont il assure la coordination. Il témoigne : « Malgré le manque de précipitation avec le premier trimestre, nous n’avons pas manqué de quoi nous nourrir et nos enfants n’ont pas abandonné l’école.»

M. Ntuzwenimana explique que leur système d’épargne et de crédit les met à l’abri en cas de mauvaise récolte ou de sécheresse. Avec l’argent épargné,  la coopérative a pu faire d’autres activités génératrices de revenus. Elle produit par exemple  des champignons qui sont très prisés sur le marché local. Les membres font le commerce  des produits courants.

Odette Mukandekezi,  une trentenaire, raconte qu’elle a désormais son propre champ, sa propre boutique et  n’a plus de souci d’engrais. « Aujourd’hui, je possède un élevage de porcs. Avant j’élevais des chèvres, mais je préfère les porcs,  car ils  donnent plus de fumiers. ».

Elle raconte qu’elle et ses amies cotisaient 200 BIF par semaine au départ, ensuite elles ont monté leurs mises à 500 BIF.  Aujourd’hui, la contribution atteint 1000 BIF. Ceci leur permet d’avoir accès au crédit. Ainsi, un adhérant à la coopérative  reçoit le triple de son argent se trouvant dans la caisse d’épargne.

Odette Mukandekezi : « Aujourd’hui, je possède un élevage de porc. »

Par ailleurs, tous les membres ont désormais la carte d’assurance maladie. Mieux,  elle a même gagné en aisance, car, autrefois timide, Mukandekezi  peut aujourd’hui prendre la parole en public. «  A  force de participer dans les réunions  de ma collectivité ma langue s’est petit à petit déliée. Je m’exprime aisément  dans une assemblée ».

Pour atteindre ces résultats, M .Mpawenima fait savoir qu’ils ont d’abord cimenté la cohésion des familles  à travers un club d’écoute  communautaire « Dusangirijambo ». « Avec cette approche, nous arrivons à résoudre les conflits sociaux ce qui permet aux ménages de s’épanouir et se développer ».

Grâce à ces clubs, il a été possible de combattre certaines pratiques, les hommes qui se comportent en « tyranneaux » et qui torpillent les efforts de leurs femmes  en vendant les cultures avant la récolte pour  aller s’enivrer avec les recettes. Sans oublier les hommes qui maltraitent physiquement leurs conjoints.

Pour l’heure, les trente membres ont initié  d’autres compatriotes à se familiariser avec le système. Le coordinateur de Tugwizumwimbu espère que cette pratique va s’étendre dans toute la commune pour  juguler  les cycles répétitifs de famines.

Moctar FICOU / VivAfrik

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