L’Afrique du Sud instaure officiellement une taxe carbone

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L’Afrique du Sud, l’un des plus gros pays pollueurs du continent noir a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution engendrée par la production d’électricité. À partir du 1er juin 2019, les entreprises polluantes du pays devront payer pour leurs émissions de dioxyde de carbone. C’est tout le sens de la loi sur la taxe carbone promulguée lundi 27 mai 2019 par le président Cyril Ramaphosa. Une première sur le continent qui a pour but de lutter contre le changement climatique.

Rappelons que l’idée d’instaurer une taxe carbone en Afrique du Sud n’est pas nouvelle si l’on sait que cette loi avait été initiée en 2010. Cependant, face à la pression des entreprises minières et métallurgiques, sa promulgation a été longtemps retardée. La compagnie nationale d’électricité avait aussi brandi la menace d’une hausse des prix, alors que sa production repose essentiellement sur le charbon.

Mais Cyril Ramaphosa a réussi à repousser toutes ces pressions et a promulgué la loi sur la taxe carbone lundi 27 mai dernier. La nouvelle loi stipule qu’à partir de la semaine prochaine (1er juin), les entreprises polluantes devront s’affranchir de 120 rands (7,4 euros) par tonne de CO2 émise. Puis, à compter de 2022, le montant évoluera avec l’inflation.

Dans un communiqué transmis à la presse dimanche dernier, le ministère du Trésor a précisé que « le changement climatique représente l’un des plus grands défis auquel est confrontée l’espèce humaine et l’objectif premier de la taxe carbone est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’une façon viable ».

Cette nouvelle loi a été saluée par les organisations de défense de l’environnement, comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui accueille une « première étape significative ».

Par contre, une telle taxe ne sera pas suffisante, selon d’autres activistes, pour atteindre les objectifs fixés dans les accords de Paris de 2015. D’après l’ONG Greenpeace, le montant de la taxe est trop faible pour pousser les entreprises à changer de stratégie énergétique, alors que le pays est au 14e rang des pollueurs mondiaux.

Moctar FICOU / VivAfrik

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