Total mise en demeure une nouvelle fois dans la région des grands lacs africains

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Total est doublement sous le coup de la loi sur le devoir de vigilance. Le groupe français vient d’être mis en demeure une seconde fois – et à une semaine d’intervalle – pour ne pas avoir pris de mesure de vigilance suffisante pour le climat et pour un méga-projet pétrolier en Ouganda. Des atteintes graves aux droits humains y ont été constatés par plusieurs ONG locales, soutenues par Les Amis de la Terre France et Survie. La major a trois mois pour se mettre en conformité avant une action en justice. En une semaine, Total a été mis en demeure deux fois par des collectivités et ONG pour ne pas avoir respecté la loi sur le devoir de vigilance. Votée en 2017, quelques années après le drame du Rana Plaza, celle-ci impose aux multinationales d’établir un plan pour évaluer, prévenir et réduire leurs impacts sociaux et environnementaux sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, y compris leurs sous-traitants ou filiales à l’étranger. La première mise en demeure a été déposée le 19 juin par 14 collectivités françaises, soutenues par plusieurs ONG, pour obliger Total à s’aligner avec l’Accord de Paris et revoir son plan de vigilance en ce sens. La seconde est intervenue le 24 juin à l’initiative des Amis de la Terre France, Survie et quatre associations ougandaises. Elle vise à contraindre l’entreprise à prendre des mesures de vigilance concernant un méga-projet pétrolier en Ouganda et à mettre en œuvre les engagements déjà pris quant au respect des droits humains, lit-on dans le quotidien novethic.fr.

220 000 barils par jour

Après le Brésil ou l’Iran, c’est vers l’Afrique que Total se tourne désormais, et c’est plus précisément la région des Grands Lacs qui intéresse le pétrolier. Le projet du lac Albert, baptisé « projet Tilenga », situé dans le Murchison Falls National Park, la plus importante aire naturelle protégée d’Ouganda, est l’un des grands projets sur lequel le groupe compte pour assurer sa croissance. Les réserves de pétrole y sont estimées à 1,7 milliard de barils, et la production pourrait atteindre à terme 220 000 barils par jour. La décision finale d’investissement, qui donnera le feu vert définitif au projet, est attendue d’ici la fin de l’année. Le projet vise à exploiter six champs pétroliers et à forer 419 puits sur 34 plateformes. La région étant vierge de toute exploitation, il faut aussi installer une usine de retraitement du pétrole et construire un oléoduc géant qui permettra de relier l’Ouganda à l’océan Indien via la Tanzanie, l’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), de 1 445 kilomètres. « Ce sera le plus long pipeline de pétrole brut chauffé au monde » estiment les spécialistes. « Total est une entreprise emblématique de la Françafrique, la loi sur le devoir de vigilance nous donne l’occasion qu’elle réponde enfin de ses actes », estime Pauline Tétillon, coprésidente de l’association Survie. Après de longs et difficiles mois d’enquête – les partenaires locaux subissant d’importantes pressions – les ONG assurent que ces projets engendreront des atteintes graves aux droits humains et à l’environnement, et participeront au réchauffement climatique, ajoute la même source.

L’AIE mise sur un marché pétrolier excédentaire jusqu’en 2020

La perspective d’un marché pétrolier excédentaire d’ici à 2020 permettra aux autorités malgaches de  poursuivre leur politique de baisse de prix des carburants. Les marchés pétroliers connaîtront une nouvelle surabondance en 2020. C’est ce qu’annonce l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) dans un rapport publié  la semaine dernière. Selon l’AIE,  l’offre de pétrole, au cours des six premiers mois de 2019, avait dépassé la demande de 0,9 million de barils par jour. « Un excédent qui s’ajoute à l’énorme accumulation de stocks, observée au second semestre de 2018, lorsque la production pétrolière s’est envolée, au moment même où la croissance de la demande a commencé à faiblir », souligne le document. Comme le souligne « Allnews » dans un article en ligne, « il faut remarquer la forte croissance de la production aux Etats-Unis grâce au boom des schistes bitumineux, et celle dans d’autres régions en Amérique du Nord. Cette croissance de l’offre américaine ne devrait pas s’essouffler l’année prochaine », rapporte midi-madagasikara.mg.

Rechute des prix

Cette situation fait craindre une rechute des prix du baril sous la barre des 60 dollars, le niveau minimum qui permet aux parties prenantes de l’industrie d’équilibrer leurs charges. Bref, on va assister à un marché pétrolier excédentaire. La récente décision de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) de prolonger l’accord de production ne change pas la perspective  d’un marché pétrolier excédentaire, estime l’Agence. Le rééquilibrage entre l’offre et la demande de pétrole ralentit, et l’AIE maintient inchangées ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2019 et 2020. Au premier semestre 2019, l’offre de pétrole a été supérieure à la demande de 0,9 million de barils par jour (mbj), selon l’AIE. L’agence précise que ses derniers chiffres « font apparaître un surplus mondial au deuxième trimestre 2019 de 0,5 mbj, contre auparavant une prévision de déficit de 0,5 mbj ». « Ce surplus s’ajoute au stock important constitué dans la deuxième moitié de 2018, lorsque la production de pétrole avait augmenté juste au moment où la demande commençait à décliner », note l’AIE. « Clairement, le resserrement du marché n’est pas une question dans la période actuelle et tout rééquilibrage semble être repoussé dans le futur », poursuit le rapport parcouru par midi-madagasikara.mg.

Moctar FICOU / VivAfrik

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