Niger : la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma pourrait abriter un projet d’exploitation pétrolière

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Les autorités de la République du Niger envisagent déclassifier une partie de la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma, située dans le nord-est du Niger pour permettre le développement d’un projet pétrolier chinois. Mais cette initiative est rejetée par les défenseurs de l’environnement et les Organisations non gouvernementales (ONG).

C’est ainsi que l’ONG nigérienne Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) a lancé une pétition, mercredi 7 août 2019, contre ce projet. Elle a déjà recueilli 40 000 signatures. Sa demande est simple : préserver la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma, située dans le nord-est du Niger, dans le Sahara.

Fin juin, le gouvernement nigérien a pris la décision de déplacer la frontière de la réserve pour respecter le contrat passé il y a dix ans avec la société chinoise China National Petroleum Corporation (CNPC). Le texte estime que le projet d’exploitation pétrolière est une menace pour l’environnement.

« Nous avons des lois sur la préservation de nos espèces fauniques et les Chinois sont tenus de les respecter, rappelle-t-il. En particulier, il y a la loi sur l’environnement et le développement durable qui impose à tout partenaire de réaliser des études d’impact que nous examinons ; et s’il y a un quelconque risque d’atteinte à l’environnement, aux ressources naturelles, il y a un cahier des charges qui est imposé au partenaire en question. Les Chinois sont tenus de se conformer à cela et ils sont d’accord », a rassuré le ministre nigérien de l’Environnement et du Développement durable, Almoustapha Garba.

 A l’en croire, la décision du Conseil des ministres ne signifie en aucun cas l’abandon de la zone, qui a perdu son statut protégé. « La réserve n’a pas été abandonnée, les limites ont juste été revues de manière à respecter cet engagement antérieur de ne pas prendre des mesures particulières sur l’espace qui a été concédé en termes d’exploration », a-t-il ajouté.

Une concertation sera mise en place avec les acteurs liés à la réserve naturelle de Termit et Tin-Toumma (RNNTTT). Parmi eux, l’ONG française Noé, gestionnaire officiel depuis neuf mois de la plus grande réserve du continent. Pour elle, il est tout à fait possible de faire cohabiter une zone protégée de faune et de flore avec une exploitation pétrolière. Mais il faut que celle-ci soit sérieusement encadrée.

Le gouvernement espère amener à la table des négociations la société chinoise CNPC. Le ministre de l’Environnement estime que le géant pétrolier devra se mettre en conformité avec les lois nigériennes sur la préservation de la faune et de la flore. Ces lois imposent le respect d’un cahier des charges pour éviter tout risque environnemental.

Pour Noé, l’enjeu est d’assurer, entre autres, la protection de l’antilope addax. Cet animal est classé parmi les espèces en voie d’extinction imminente. En plus des risques liés à l’exploitation pétrolière qui pèsent sur lui, le déplacement des limites de la réserve pourrait aussi favoriser un retour des braconniers.

Abdoulaye Harouna, chef de projet de la réserve pour Noé, considère que la solution se trouve dans la concertation et dans la cohabitation entre l’exploitation pétrolière et la réserve naturelle.

« Je pense qu’une intégration des forestiers au sein du personnel de sécurité de la CNPC, par exemple, est une des solutions. Ensuite, la solution scientifique, c’est de continuer à faire le suivi écologique pour avoir des informations sur l’addax et son habitat », a conclu M. Harouna.

Moctar FICOU / VivAfrik

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