Un réseau sous-régional de lutte contre les usines de farine de poisson bientôt créé

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Des acteurs de la pêche artisanale travaillent à la mise en place d’un réseau sous-régional de lutte contre l’implantation d’usines de farine de poisson pour une gestion durable des ressources halieutiques, a-t-on appris au cours d’une journée de partage d’un rapport de l’ONG Greenpeace Afrique consacré à cette problématique. Intitulée « Poisson détourné », cette étude présentée jeudi 29 août 2019 à Mbour (Sénégal), porte sur les impacts négatifs de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson sur la sécurité alimentaire. Aussi, des acteurs de la pêche artisanale – femmes transformatrices, pêcheurs et mareyeurs – travaillent-ils à la mise en place d’un réseau sous-régional de lutte contre l’implantation d’usines de farine de poisson pour une gestion durable des ressources halieutiques. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Stolen fish » (Poisson volé, en anglais), Greenpeace Afrique vise à alerter l’opinion politique nationale, régionale et internationale sur les risques que les usines de farine de poisson font peser sur la sécurité alimentaire, l’emploi et la biodiversité au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. « Nous essayons de voir quelle est la meilleure stratégie à mettre en œuvre pour travailler davantage dans la gestion durable des ressources mais aussi pour soulager le sous-secteur de la transformation artisanale des produits issus de la mer, qui est menacé par l’implantation des usines de farine de poisson », a expliqué Abdoulaye Ndiaye, chargé des campagnes océans au niveau du bureau de Dakar de Greenpeace Afrique, relate aps.sn.

Sensibiliser les premiers utilisateurs des petits pélagiques

Greenpeace mise sur le fait que le partage dudit rapport devrait contribuer à consolider son partenariat avec les communautés de pêche et à harmoniser les différentes positions sur la stratégie mise en place pour lutter contre les usines de farine de poisson. La stratégie arrêtée consiste à notamment travailler à sensibiliser les premiers utilisateurs des petits pélagiques sur la question de la protection des ressources, des métiers de la pêche et de la transformation artisanale menacés par l’activité des usines de farine de poisson. Pour Abdoulaye Ndiaye, « tous ceux qui gravitent autour de la pêche artisanale devraient se mobiliser et se mettre au-devant de la scène pour mener ce combat qui, en réalité, est le leur dans la mesure où c’est la survie de leurs activités qui est gravement menacée ». « Les Etats aussi devraient prendre leurs responsabilités, parce que ce sont eux qui ont en charge la sécurité alimentaire de leurs populations. Aujourd’hui, sans des ressources halieutiques durables, on ne sait même pas ce qui va arriver à nos populations », a dit M. Ndiaye. « Nous attirons l’attention de nos Etats pour leur signaler qu’ils ont l’obligation d’assurer une gestion durable des ressources et que ce n’est pas en distribuant des accords et des autorisations de pêche à qui veut qu’on va gérer durablement les ressources halieutiques », a insisté le chargé des campagnes océans à Greenpeace Afrique. Cette dernière promet ainsi d’accompagner les acteurs et communautés de pêche pour leur permettre d’agir « dans une synergie d’actions » impliquant les acteurs gravitant autour de la pêche, du mareyage et de la transformation artisanale des ressources halieutiques. La journée de partage a par ailleurs permis d’élaborer, « de manière collégiale », une demande d’audience et un draft de mémorandum pour les femmes transformatrices et autres organisations de pêcheurs, à remettre à la ministre sénégalaise des Pêches et de l’Economie maritime, ajoute l’Agence de presse sénégalaise.

Le Gabon maintient l’interdiction de pêche et de vente des carpes  

Les autorités ont maintenu l’interdiction, décrétée il y a un mois, de pêcher et de vendre des carpes dans le centre-ouest du Gabon, après la mort de centaines de ces poissons contaminés par une bactérie, a indiqué jeudi 29 août 2019 à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Agriculture. Mardi soir, le ministère avait envoyé à la presse un courriel dont l’objet était intitulé: « levée de la suspension de la pêche et de la commercialisation de la carpe », y attachant un communiqué qui, lui, indiquait au contraire que le gouvernement avait « autorisé à nouveau les activités de pêche et de vente ainsi que la consommation de toutes les autres espèces de poisson en dehors de la carpe ».  Au téléphone, le ministère avait confirmé mercredi à l’AFP que l’interdiction était « levée ». « L’interdiction est bien maintenue au niveau de la carpe », a tenu à préciser jeudi à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Agriculture, Jean-Hugues Asseko. L’interdiction avait été décidée il y a un mois par le gouvernement après la découverte de centaines de carpes flottant ventre en l’air à la surface de lacs du fleuve Ogooué. Dans son communiqué, le gouvernement maintient l’interdiction de  manger de la carpe mais, dans le même texte, il conseille en même temps aux populations d’« éviter de consommer des carpes fumées, salées, braisées ou cuites à l‘étouffée » et de leur « préférer les bouillons ». L’interdiction avait provoqué l‘émoi il y a un mois dans la région et notamment à Lambaréné, la ville où se trouve le célèbre hôpital Albert Schweitzer et où une partie importante des 40.000 habitants dépend économiquement de l’activité halieutique, en particulier de la pêche et de la commercialisation de la carpe. Des journalistes de l’AFP avaient constaté mi-août que de nombreux habitants continuaient de pêcher et consommer ces carpes à Lambaréné, indique africanews.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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