Niamey (Niger) accueille le sommet sur le réchauffement climatique au Sahel

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Un sommet des chefs d’Etat des 17 pays du Sahel sur le réchauffement climatique au Sahel s’est ouvert à Niamey au Niger lundi 2 septembre 2019. Cette rencontre de haut niveau a pour dessein de valider le « plan d’investissement climatique » de 400 milliards de dollars (plus de 350 milliards d’euros) sur 12 ans.  

Dans le détail, ce sommet a pour objectif de valider le « Plan d’investissement climatique » pour « la période 2018-2030 », qui concerne 17 Etats de la bande sahélienne, allant de l’océan Atlantique à la Corne de l’Afrique.

D’après le ministre Nigérien de l’Environnement, Almoustapha Garba, ce plan est « la traduction des engagements de nos Etats à travers l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique ».

Il comprend « un programme prioritaire » axé sur six projets visant diverses actions sur le terrain pour « limiter » les émissions de gaz à effet de serre et pour permettre aux populations « de s’adapter aux changements climatiques », a-t-il poursuivi.

Prenant la parole, le président Nigérien Mahamadou Issoufou s’est plaint du fait l’Afrique subit plus les conséquences du changement climatique alors qu’elle n’est pas émettrice de gaz à effet de serre. « Nous continuons à payer les conséquences d’une situation dont nous sommes loin d’être responsables ». Ajoutant que, pour financer « des actions d’atténuation » du réchauffement, le Programme d’urgence évalué à 1,3 milliard de dollars sera soumis dès mardi 3 septembre 2019 aux partenaires extérieurs du Sahel lors d’une table ronde à Niamey.

Listant les « conséquences » redoutées des effets climatiques, le Président de la République nigérienne parle des modifications de la pluviométrie, les sécheresses récurrentes, l’avancée du désert, la raréfaction de l’eau, des pâturages et l’accentuation de la pauvreté.

Mahamadou Issoufou a en outre estimé que la naissance de Boko Haram est intrinsèquement liée au dérèglement climatique. « La naissance et le développement de Boko Haram (le groupe jihadiste nigérian) sont en partie liés à la paupérisation des populations du fait du retrait (des eaux) du Lac Tchad qui a eu un impact sur les ressources agricoles, pastorales et halieutiques », a laissé entendre le Chef de l’Etat du Niger. Alertant que « le Sahel sera probablement une des principales régions d’origine des 250 millions de migrants attendus en 2050 dans le monde », a-t-il lancé entendre.

La région du Sahel, qui abrite plus de 500 millions d’habitants – pour une superficie d’environ 10 millions de km2 – est extrêmement vulnérable face aux changements climatiques, « ce qui fragilise à la fois les conditions de vie des populations et les écosystèmes », selon un document publié au sommet.

Moctar FICOU / VivAfrik

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