Construction de plusieurs centrales de 150 MW : un seul projet solaire de 50 MW sélectionné en Algérie

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L’Algérie, à travers la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) a sélectionné un seul projet solaire de 50 MW. Celui-ci entre dans le cadre de l’appel d’offres (AO), lancé en mai 2019, avec pour objectif la construction de plusieurs centrales d’une capacité cumulée de 150 MW dans le sud-ouest du pays. Le seul projet solaire sélectionné aura pour mission de vendre de l’électricité à 8,28 DZD/kWh (0,069 $/kWh). L’autorité aurait publié les prix plafonds le jour même de la clôture de l’appel d’offres.

Malek Drif, cofondateur de la société d’énergie renouvelable centrée sur l’Afrique, Al-Michkat Renewable Energy, a déclaré à pv-magazine.fr que la CREG avait préqualifié 93 projets pour l’appel d’offres mais que seulement huit d’entre eux avaient été retenus en juin dernier. Parmi les soumissionnaires retenus, seuls cinq ont atteint la phase finale et un seul a obtenu un contrat d’achat d’électricité, a déclaré Drif.

Le projet retenu a été soumis par le consortium Power Generation, dont le fabricant algérien de modules Condor est le principal actionnaire, pour la tranche de 50 MW de capacité de production disponible allouée dans la région de Biskra. Le projet vendra de l’électricité pour 8,28 DZD/kWh (0,069 $/kWh).

La CREG avait fixé un prix plafond de 10,24 DZD/kWh pour la tranche de Biskra. Pour la région de Ghardaïa, qui devait disposer de 50 MW de nouvelle puissance solaire, le prix plafond était fixé à 10,8 DZD/kWh et celui de la région d’Ouargla, où 30 MW étaient prévus, à 11,16 DZD/kWh. La région d’El Oued devait voir des installations de 10 MW établies à Tendala et à Nakhla. Aucun prix plafond n’a été communiqué pour cette région.

L’analyste algérien de l’énergie solaire, Moloud Bakli, a déclaré à pv-magazine.fr qu’une des raisons du résultat décevant de cet appel d’offres était que les prix plafonds n’ont été révélés que le jour de la finalisation de l’AO. Il a également estimé que le projet lauréat pourrait avoir une période de retour sur investissement jusqu’à 15 ans et que les frais de génie civil et de logistique en Algérie ont contribué à l’obtention d’un prix final de l’électricité solaire supérieur à celui observé dans d’autres appels d’offres nord-africains.

Taux d’échec élevé

Selon Malek Drif, beaucoup de développeurs n’ont pas été en mesure de fournir une documentation suffisante sur les garanties bancaires. Par ailleurs, les informations concernant l’appel d’offres fournies par la CREG et la société nationale d’électricité Sonelgaz n’étaient pas assez claires.

Le développeur du projet a considéré que l’obligation de faire appel à des entreprises EPC et O&M algériennes était un obstacle supplémentaire au succès de l’AO.

La société d’investissement britannique Renewable Energy Partner, active en Algérie depuis 2013, a aussi critiqué l’appel d’offres. « Bien que décevant, ce résultat était très attendu », a déclaré un représentant de la société à pv-magazine.fr «De nombreux développeurs, comme nous, ont finalement décidé de ne pas participer à l’appel d’offres pour diverses raisons, ce qui a entraîné le dépôt d’un grand nombre d’offres dans un premier temps [mais sans poursuivre la démarche jusqu’au bout]. Notre conseil aux autorités serait d’analyser ce qui ne va pas et d’adapter les prochains appels d’offres. »

Le gouvernement algérien avait approuvé l’AO, ainsi qu’un appel d’offres de 50 MW pour le développement de projets hybrides gaz-diesel et solaires hors réseau, début juin. Les deux appels d’offres font partie du plan du pays visant à déployer 22 GW de capacité de production d’énergie renouvelable d’ici 2030, dont 13,6 GW d’énergie solaire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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