COP25 : le Pape François mise sur la dignité pour une bonne action climatique

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Le pape François a appelé les participants de la conférence internationale sur le climat, ou la 25ème Conférence des Parties (COP25), à travers une lettre lue mercredi 4 décembre 2019 par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège à repenser nos modèles contemporains de consommation et de production, pour répondre à « ce fort sentiment d’urgence d’une action rapide que réclament les données scientifiques dont nous disposons ». Il a en outre invité les conférenciers réunis à Madrid à faire preuve d’une « volonté politique claire, clairvoyante et forte » sur les questions environnementales, dénonçant à cette occasion, la prise de conscience « trop faible » des dirigeants vis-à-vis des défis climatiques.

Pour le Pape François l’humanité affronte « un défi de civilisation » énorme. C’est l’appel du Pape François transmis par écrit aux participants à la Conférence sur le Climat des Nations Unies (COP25), qui se déroule à Madrid (Espagne) jusqu’au 13 décembre 2019.  vaticannews.va                

Dans cette lettre lue à l’ouverture des travaux de la COP25 qui se déroule à Madrid (Espagne) du 2 au 13 décembre 2019 par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape commence par saluer «l’entrée en vigueur rapide» de l’Accord sur le climat signé à Paris lors de la COP21, ainsi que les multiples réunions et débats qui ont essaimé depuis.

« Les différents acteurs de la communauté internationale sont de plus en plus conscients de l’importance et de la nécessité à travailler ensemble pour construire notre Maison commune », a d’emblée fait remarquer le Saint-Père, avant de tempérer.

Dans son texte, le Pape n’a pas hésité de déplorer une prise de conscience « encore trop faible » pour répondre adéquatement « à ce fort sentiment d’urgence d’une action rapide que réclament les données scientifiques dont on dispose, comme celle du GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ». Des paroles trop éloignées des actes concrets, a dénoncé François.

Poursuivant son speech, il ajoute. «De ce point de vue, nous devons sérieusement nous demander s’il existe une volonté politique d’allouer avec honnêteté, responsabilité et courage plus de ressources humaines, financières et technologiques pour atténuer les effets négatifs du changement climatique, ainsi que pour aider les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui en souffrent le plus».

Une forte et clairvoyante volonté politique

Dans son message, il observe que « de nombreuses études nous disent qu’il est encore possible de limiter le réchauffement planétaire ». En outre, il a souligné le besoin « d’une volonté politique claire, clairvoyante et forte, qui s’engage dans une nouvelle voie visant à recentrer les investissements financiers et économiques sur les domaines qui garantissent réellement les conditions d’une vie digne de l’humanité sur une planète « saine » pour aujourd’hui et demain ».

Enfin le Pape invite à repenser la société de consommation. Selon lui, notre époque et ses enjeux climatiques nous place face à « un défi de civilisation ». « Tout cela nous appelle à réfléchir consciencieusement sur la signification de nos modèles de consommation et de production et sur les processus d’éducation et de sensibilisation pour les rendre conformes à la dignité humaine ». C’est donc la dignité qui doit être établie comme valeur centrale de l’action climatique. Le Pape a conclu en souhaitant que c’est donc cet esprit qui animera les travaux de cette conférence mondiale. Malgré sa tenue à Madrid, la COP25 reste sous la présidence du Chili, qui a décidé de placer cet événement sous le signe de l’océan. À l’occasion du deuxième jour de travaux, le 3 décembre, l’ONU a annoncé que l’année 2019 sera l’une des trois années les plus chaudes enregistrées depuis 1850, concluant une décennie «de chaleur exceptionnelle ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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