Greenpeace et les populations Camerounaises rejettent le projet de concession de 150 000 hectares de forêt

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Mauvaises nouvelles pour les promoteurs d’un projet de concession de 150 000 hectares de forêt au Cameroun. En effet, les populations des localités du Nkam, Sanaga maritime, Yingui, Ngambé… avaient jusqu’à fin mars 2020 pour porter à l’attention des autorités sur d’éventuelles oppositions et réclamations relatives au projet de classement dans le domaine privé de l’Etat de 150 000 hectares (ha) dans la forêt intacte d’Ebo, située dans le Littoral du Cameroun.

Le ministère de la Faune et de la Forêt (MINFOF) informe qu’à terme, le projet aura pour mission de transformer la zone ciblée en une forêt de production. Les 150 000 hectares seront scindés en deux concessions forestières classées. Elles seront voisines de la plantation d’huile de palme de l’agro-industriel Greenfil Palm Plantation Ltd qui, avec une assistance technique française et malaisienne, a défriché plus de 1 700 ha depuis 2017.

Malheureusement, le projet gouvernemental rencontre déjà des oppositions. Début avril 2020, l’ONG Greenpeace Afrique, spécialisée dans la défense de la cause environnementale, a initié une pétition contre le projet. Elle dit se joindre à l’appel lancé par des populations de la région du Littoral « pour l’annulation immédiate » dudit projet.

En outre, Greenpeace indique que plus de 40 communautés sont riveraines de la forêt d’Ebo et en dépendent pour la nourriture, les médicaments et les activités culturelles.

« Ebo est une zone de forte concentration de biodiversité, qui abrite une population de chimpanzés qui cassent des noix, ainsi que certaines des populations les plus importantes de chimpanzés (Nigéria-Cameroun), des éléphants de forêt, des perroquets gris et d’autres espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN en danger et en voie d’extinction, et 12 essences d’arbres inconnues à la science. Cette forêt contient environ 35 millions de tonnes de carbone », défend l’ONG.

Cherchant à se défendre, le MINFOF rétorque que des dispositions particulières seront prises dans la protection des sites particuliers reconnus comme habitats de la faune sauvage lors de l’élaboration du plan d’aménagement de cette unité forestière d’aménagement. Ceci, conformément à la législation camerounaise qui rend exécutoires les directives d’inventaire, d’aménagement et de prêt-investissement intégrant les spécificités de la biodiversité pour les forêts de production du domaine forestier permanent du Cameroun.

Moctar FICOU / VivAfrik

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