Le secteur agricole béninois s’illustre par une production record lors de la campagne 2019-2020

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Les autorités de la République du Bénin peuvent se targuer d’avoir réussi la campagne agricole 2019-2020. En effet, le premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest a enregistré des progrès substantiels dans ses récoltes d’or blanc (coton), mais aussi de soja, d’anacarde ou encore de riz. Le pays a cependant vu sa production d’ananas régressé alors que celle de l’igname a stagné.

Le Bénin a réussi une grande prouesse en produisant 732 373 tonnes de coton en 2019 contre 678 000 tonnes. Grâce à cette performance, la principale production agricole d’exportation du pays a enregistré une progression de 8 % par rapport à l’année 2018, selon une note du ministère de l’Agriculture du Bénin, corroborée par l’Institut national de la statistique appliquée à l’économie (INSAE).

Cette performance confirme la bonne dynamique de ce secteur agricole, qui a bondi de 123 % depuis 2015, mais qui reste en-deçà des attentes de l’Association interprofessionnelle du coton (AIC) qui tablait en début de campagne sur une production de 850 000 tonnes pour 2019.

Ces résultats s’expliquent par « le retour du secteur privé dans la filière, [par] la mise à disposition à temps et en quantité suffisante d’intrants et de semences de qualité aux producteurs, ainsi que [par] l’augmentation continue du prix payé aux paysans », a expliqué l’agro-économiste Marouf Falola.

Si l’on se fie aux statistiques, plusieurs autres filières ont enregistré des bonds en 2019 : le maïs affiche une progression de 2 % (à 1 580 750 tonnes), le riz de 8 % (à 406 083 tonnes) et le manioc de 5 % (à 4 525 450 tonnes). Les performances les plus élevées ont été enregistrées par le soja qui progresse de 56 %, soit 257 000 tonnes (contre 156 900 tonnes en 2016) et par l’anacarde, la deuxième filière nationale génératrice de devises après le coton, qui bondit de 13 %, soit 130 276 tonnes.

Le bilan de la campagne 2019-2020 est par contre terni par une contre-performance d’autres cultures qui ont régressé comme c’est le cas de l’ananas (- 6 %, à 350 345 tonnes), ou stagné, à l’image de l’igname (3,3 millions de tonnes, comme en 2018).

Poursuivant son speech, Marouf Falola laisse entendre que la plupart de ces filières bénéficient d’un programme national de développement et des « retombées de la création de l’Agence nationale de la mécanisation agricole et de la restructuration du Fonds national de développement de l’agriculture ».

Rappelons que ce fonds qui est créé en 2014, a relancé ses activités en juin 2018. Il travaille à la réalisation des investissements structurants et à l’accès des producteurs aux services financiers et non financiers. À ce jour, plus de 10 milliards de francs CFA (15,2 millions d’euros) ont déjà été mobilisés et plus de 40 projets sont déjà déclarés éligibles à des crédits, a annoncé, au mois d’avril 2020, Gaston Dossouhoui, le ministre en charge de l’Agriculture.

Ce dernier se dit satisfait de « la nouvelle approche de valorisation des espaces agricoles » par laquelle le gouvernement béninois a opérationnalisé, à l’échelle du pays, sept pôles de développement agricole avec des agences territoriales qui assurent la fonction d’appui-conseil aux producteurs. Depuis 2016, le secteur agricole affiche une contribution de 28 % au PIB et génère 75 % des recettes d’exportation, selon les chiffres de l’institut national de la statistique et de l’analyse économique (INSAE).    

Moctar FICOU / VivAfrik

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