L’impact du changement climatique sur les forêts en Afrique de l’Ouest évoqué

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Le changement climatique modifie le fonctionnement des arbres et de la forêt. Certains effets peuvent être bénéfiques mais la plupart sont néfastes et le resteront en absence d’adaptation.

Un aspect potentiellement positif du changement climatique est la croissance plus rapide de certaines essences d’arbres. Ceci est dû à une hausse de la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère depuis le XX e siècle qui stimule l’activité photosynthétique des arbres. L’augmentation des températures permet d’allonger la période pendant laquelle les arbres poussent, mais multiplie d’autant leurs besoins en eau.

A l’inverse, d’ici à 2100, on estime que les forêts pourraient être moins productives en raison de modifications du cycle saisonnier des précipitations dans certaines zones. A l’aide des scénarios les plus récents du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les climatologues prédisent des impacts négatifs pour les forêts de feuillus et de conifères.

On peut d’ores et déjà voir les effets du changement climatique sur la biodiversité. La majorité des pays en voie de développement sont dépendants des ressources naturelles, qui sont enclin à l’instabilité climatique.

En Afrique de l’Ouest se trouve 1,2 million de m² de forêts tropicales denses, soit 11% des forêts tropicales denses mondiales. Un tiers environ des forêts de mangrove ont été perdus en Afrique de l’Ouest au cours des 25 dernières années, ce qui a provoqué d’importantes conséquences environnementales, sociales et économiques.

Les services écosystémiques rendus par les forêts comme la régulation et les provisions de biens ont un rôle considérable dans la réduction de la vulnérabilité de la société et en particulier des groupes sociaux. Pourtant, au Mali et au Burkina Faso, de nouvelles politiques émergentes pour l’adaptation de ces pays face au dérèglement climatique n’ont pas encore pris conscience des enjeux forestiers et de leur caractère vital.

Cela entraîne une absence de coordination entre les pratiques et les politiques, ce qui représente un risque pour le développement local mais aussi la biodiversité. Les populations locales ont donc adopté des stratégies adaptatives mais qui entraînent une surexploitation des ressources forestières. Cette surexploitation met en danger l’écosystème et rend vulnérable le système socio-écologique sans pour autant que cela soit pris en compte par les politiques.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la déforestation, de la dégradation et de la perte de la biodiversité dans la région de l’Afrique de l’Ouest. D’abord, un manque de stratégies au niveau de la conservation des forêts. Puis un manque d’application des lois visant à protéger les forêts, mais surtout un manque auprès de la gouvernance réunis au manque d’incitations pour un changement comportemental.

Moctar FICOU / VivAfrik                        

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