Lutte contre la pauvreté : Baaba Maal désigné « porte-voix des populations marginalisées d’Afrique »

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Le musicien sénégalais Baaba Maal a été désigné « Porte-voix des populations marginalisées d’Afrique » par trois organisations africaines dans le cadre d’une initiative dénommée « Immunité Collective ». « La nomination de Baba Maal est en reconnaissance de son vécu et de son engagement constant à utiliser son art pour donner la parole aux sans-voix », expliquent Southern African Trust, African Philanthropy Network et TrustAfrica dans un communiqué. M. Maal « est une star de la musique ayant une très grande réputation en Afrique et à travers le monde, connue pour son engagement auprès des communautés marginalisées en Afrique et ailleurs, et qui a passé la plupart de son temps à mobiliser du soutien et des ressources pour les communautés et les personnes susvisées », ajoutent-elles. Les trois organisations et Baaba Maal « travailleront en étroite collaboration pour sensibiliser et collecter des fonds qui seront utilisés pour apporter un soutien indispensable aux communautés marginalisées grâce à l’initiative Immunité Collective », selon le communiqué. Le texte souligne que « cette collaboration importante comprendra l’organisation d’une série de concerts ainsi que des programmes de sensibilisation sur une période initiale de six mois pour renforcer le soutien à l’initiative ». Southern African Trust, African Philanthropy Network et TrustAfrica travaillent ensemble dans le cadre de l’initiative Immunité Communautaire pour « apporter un soutien à impact rapide capable de soulager en toute urgence les communautés marginalisées et les personnes vivant en marge de la société ». Elles espèrent ainsi apporter « un large soutien aux initiatives politiques visant à proposer des solutions à long terme qui amélioreront les conditions de vie des groupes pauvres et marginalisés du continent ». Selon le communiqué, l’initiative s’appuiera, entre autres aspects, « sur l’intérêt publique que suscitent les grandes célébrités (athlètes, artistes et acteurs de la société civile) comme plate-forme pour faire porter le message là où il n’a pas été entendu (…) », note senego.com.

Atténuer l’impact du COVID-19 sur l’éducation des filles et des femmes en Afrique

Bien qu’elles soient confrontées à des violences sexistes dans les écoles et les universités nombre de filles et de femmes estiment que l’école est un havre de paix face à la maltraitance et à la pauvreté auxquelles elles font face à la maison. Les programmes d’éducation post-COVID devraient s’appuyer sur des mesures plus durables et holistiques qui vont au-delà du simple accès à l’éducation et s’attaquent également aux obstacles qu’elles rencontrent tant pour accéder à une éducation de qualité que pour achever leur scolarité. Le COVID-19 est une crise humanitaire, économique et sociale qui touche le monde entier et, l’Afrique, comme le reste du monde, n’a pas été épargnée. L’augmentation rapide du nombre d’infections au sein de leur population a amené les gouvernements africains à adopter des mesures visant à freiner sa propagation, notamment en fermant les lieux de culte, les marchés et les établissements d’enseignement. Au 6 avril 2020, 53 États membres de l’Union africaine avaient fermé leurs établissements d’enseignement, laissant plus de 20 millions d’apprenants non scolarisés au niveau du préscolaire, 160 millions au niveau du primaire, 56 millions au niveau du secondaire et 8 millions au niveau du tertiaire, sans accès à des installations d’apprentissage et d’enseignement continus à travers le continent. Le Centre international pour l’éducation des filles et des femmes en Afrique de l’Union africaine (UA/CIEFFA), conformément à son mandat, a organisé deux webinaires multipartites sur le thème Atténuer les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur l’éducation des filles et des femmes (en anglais). Ces webinaires avaient pour objectif de discuter du large éventail d’initiatives entreprises au niveau local, national et régional comme réponses du secteur de l’éducation au COVID-19, et de formuler des recommandations concrètes pour faire en sorte que l’apprentissage ne s’arrête pas. Dans son allocution de bienvenue, le Dr Mahama Ouedraogo, directeur du département Ressources humaines, Science et Technologie de la Commission de l’Union africaine, a souligné qu’avec la fermeture des écoles, les filles sont davantage exposées aux abus, aux violences sexuelles, à diverses formes de trafics, à l’exclusion sociale et au travail forcé. Les écoles constituent généralement des espaces sûrs pour les filles. Lorsqu’elles sont scolarisées, elles courent moins de risque d’être contraintes au mariage et d’être victimes d’abus sexuels. Malheureusement, durant cette pandémie, il n’y a plus d’écoles pour les protéger, apprend-on de globalpartnership.org.

Les filles sont confrontées à des risques supplémentaires

Les filles et les femmes font face aux violences sexistes dans les écoles et les universités mais, pour un nombre considérable d’entre elles, l’école est un refuge lorsqu’elles sont confrontées à des abus et à la pauvreté à la maison. Au cours du webinaire, des représentants de la société civile, des chefs religieux et des jeunes femmes ont mis en relief la manière dont cette situation avait conduit de nombreuses jeunes femmes à interrompre leur apprentissage. Nombre d’entre elles ont dû retourner dans les champs pour aider leur famille, il y’en a également qui sont devenues des travailleuses domestiques non rémunérées et sont exposées à des relations sexuelles transactionnelles et/ou à la prostitution. Cette crise a également augmenté le découragement des jeunes filles et des jeunes femmes, assombri leurs espoirs de réussite avec une pression accrue de leurs parents pour qu’elles abandonnent l’école, entrent sur le marché du travail ou se marient. Des représentants des ministères de l’éducation des États membres de l’Union africaine ont fait la lumière sur les mesures qu’ils ont pris pour que les filles poursuivent leur apprentissage durant la pandémie. Des efforts ont été déployés pour diffuser des messages fiables à la télévision, à la radio et via les médias sociaux, afin de répondre aux préoccupations des apprenants, des parents et des tuteurs en matière d’éducation et de santé. Les apprenants ne disposant pas d’Internet ou de radio ont reçu des versions papier des ressources d’enseignement et d’apprentissage. Des radios ont été distribuées aux parents et aux tuteurs dans les régions éloignées, car les enseignants étaient activement engagés dans des programmes d’apprentissage par le biais de la radio pour faciliter l’apprentissage à distance. Dans de nombreux pays africains, le PME soutient la continuité de l’apprentissage, notamment à travers des offres d’enseignement à distance (en faveur des plus vulnérables, en particulier), le soutien aux enseignants, la réouverture des écoles en toute sécurité et le renforcement de la résilience des systèmes éducatifs. Bien que les efforts déployés soient louables, il est nécessaire d’adopter des mesures plus durables et plus globales qui vont au-delà du simple accès à l’éducation, mais qui s’attaquent aux obstacles rencontrés par les filles et les jeunes femmes pour accéder à une éducation de qualité et achever le cycle scolaire. Avant l’épidémie, et selon les estimations de l’UNESCO, 23 % des filles n’étaient pas scolarisées dans le primaire contre 17 % des garçons. À l’adolescence, le taux d’exclusion scolaire des filles était de 39 % contre 36 % pour les garçons (ISU, 2019). Il est nécessaire que davantage de gouvernements élaborent des plans stratégiques post-COVID-19 pour la réouverture des écoles, des plans qui prennent en compte les besoins des filles et des jeunes femmes. Le confinement a montré aux gouvernements la nécessité d’investir dans les infrastructures de TIC dans les écoles à l’échelle nationale, notamment dans des plans stratégiques de gestion de crise dotés d’un fonds conséquent destiné à l’éducation, afin de faciliter la poursuite de l’apprentissage des élèves en temps de crise, conclut globalpartnership.org.

Moctar FICOU / VivAfrik

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