Davantage d’aires protégées pour renforcer les gains économiques

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A en croire un rapport, protéger 30% de la surface de la terre d’ici à 2030 pourrait se traduire par de plus grandes opportunités pour les économies émergentes, comme celles d’Afrique. Selon le Forum économique mondial, la perte des différentes formes d’organismes vivants sur terre – connus sous le nom de biodiversité – y compris ceux sur terre et en mer pourrait menacer l’économie mondiale.Le projet de cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 vise à faire passer l’objectif des aires protégées de 17% actuellement à 30% de surface d’ici à 2030.Alors que le rapport, publié le 8 juillet par Campaign for Nature (Campagne pour la nature), note que certains scientifiques ont fait valoir que ce nouvel objectif pourrait nuire aux gains économiques des secteurs de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche, il soutient que l’économie mondiale bénéficierait de mesures de conservation plus larges. « Notre analyse financière a montré que l’extension des aires protégées à 30% générerait une production globale (revenus) plus élevée que la non-expansion (64 à 454 milliards de dollars supplémentaires par an d’ici à 2050) », indique le rapport qui résulte des travaux de plus de 100 économistes et scientifiques. « Les forêts permanentes jouent un rôle clé au sein des communautés africaines à travers le continent en tant que source de nourriture et de plantes médicinales, ainsi que d’importants sites culturels », a déclaré Michael O’Brien-Onyeka, vice-président de la division Afrique de Conservation International. Enric Sala, co-auteur du rapport et écologiste marin à la National Geographic Society basée aux États-Unis, affirme que l’Afrique possède de nombreuses zones protégées, y compris des parcs nationaux, mais qu’il existe une tension entre la protection et la production.Commentant le rapport, Michael O’Brien-Onyeka affirme que les économies en développement dépendent de la nature pour leurs revenus à travers le tourisme et pour leur subsistance grâce aux petites pêcheries côtières.Il ajoute que sans la protection de la nature, leurs économies seraient fortement affectées, avec de graves conséquences sur la santé et le bien-être.« L’Afrique possède un capital naturel extrêmement précieux qui profite aux communautés locales, au gouvernement au plan national et finalement à la population mondiale au niveau international », dit-il. Ajoutant que « la forêt du Congo, par exemple, est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, agissant comme un important puits de carbone, et donc un écosystème clé à protéger », a noté Eldon Opiyo pour scidev.net.

 L’expansion des aires protégées entraînerait toujours un gain de production net

Selon le rapport, le nombre de touristes en Afrique devrait doubler d’ici 2030, 80% de ces visites étant motivées par l’observation de la faune. « Compte tenu des récentes restrictions de voyage associées à la COVID-19, nous soulignons que même si les revenus du tourisme de la nature étaient réduits de moitié après 2030 par rapport à leur valeur projetée, l’expansion des aires protégées entraînerait toujours un gain de production net », ajoute le rapport. Enric Sala explique que, alors que les nations s’attaquent aux répercussions de la COVID-19, la promotion de la conservation de la nature est essentielle pour « créer des emplois, assurer notre santé et notre bien-être économique futurs, stabiliser notre climat et protéger la biodiversité ». Il appelle les gouvernements africains à élaborer des plans pour identifier les priorités de conservation et mettre en œuvre un calendrier de conservation, réorienter les financements publics actuellement utilisés pour subventionner les activités qui détruisent la nature et inciter le secteur privé à investir dans la conservation de la nature. Michael O’Brien-Onyeka indique à SciDev.Net qu’un avantage de l’augmentation des aires marines protégées est que cela permettrait aux stocks de poissons de se reconstituer, ce qui conduirait à des populations de poissons plus saines et à des volumes de capture plus élevés. « Les forêts permanentes jouent un rôle clé au sein des communautés africaines à travers le continent en tant que source de nourriture et de plantes médicinales, ainsi que d’importants sites culturels. La protection et le maintien des forêts permanentes peuvent empêcher la propagation de maladies zoonotiques en limitant l’exposition de la faune aux humains », ajoute-t-il. « Il est nécessaire de refléter la valeur réelle de la nature, d’en tenir compte dans la prise de décision et de concevoir des politiques et des stratégies appropriées et durables pour sauvegarder cet atout pour les générations futures », conclut Michael O’Brien-Onyeka dans un article produit par le desk anglophone de SciDev.Net pour l’Afrique subsaharienne.

Maroc : l’industrie des engrais phosphatés visée par une enquête américaine sur des « subventions déloyales »

L’industrie marocaine des engrais phosphatés a été visée par une enquête américaine sur d’éventuelles subventions dommageables aux acteurs du secteur opérant aux USA. Cette démarche survient après des plaintes de l’entreprise Mosaic Company, rivale de l’Office chérifien des Phosphates (OCP). Le Département américain du commerce a lancé une investigation sur d’éventuelles « subventions illégales » accordées aux producteurs d’engrais phosphatés au Maroc, rapporte Reuters. Cette démarche intervient après la soumission d’une double requête par l’entreprise américaine Mosaic Company, leader mondial de concentrés de phosphate et concurrent de l’Office chérifien des Phosphates (OCP) auprès du Département et de la Commission américaine du commerce international (ITC). Dans les détails, l’institution gouvernementale indique qu’elle s’appuiera notamment sur les conclusions préliminaires attendues d’ici le 10 août d’une enquête de l’ITC sur les conséquences des importations d’engrais « subventionnés » sur l’industrie américaine. Si l’ITC parvient à prouver que lesdits achats pénalisent les acteurs domestiques, le Département devrait poursuivre ses propres investigations et dévoiler ses premiers résultats d’ici le 21 septembre prochain. « OCP est déterminé à se défendre vigoureusement compte tenu des allégations infondées (sur une concurrence inéquitable sur le marché américain de la part de producteurs étrangers d’engrais phosphatés, NDLR) figurant dans cette requête. Le Groupe OCP rappelle qu’il opère en totale conformité avec les lois et les réglementations relatives aux ventes de ses produits sur le marché américain », a indiqué l’OCP sur son site web au début du mois. Pour rappel, les USA comptent parmi les principaux marchés d’exportation de l’industrie marocaine des engrais. Le pays de l’Oncle Sam a importé en 2019 pour 729 millions $ d’engrais à base de phosphate marocain. L’OCP est en outre, le plus grand producteur mondial de phosphate et d’acide phosphorique et le deuxième plus grand producteur d’engrais à base de phosphate du monde, renseigne pour sa part businessnewsafrica.net qui cite Ecofin. Moctar FICOU / VivAfrik                     

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