Les réservoirs sont désormais vides mais la lutte continue, rassurent les autorités à propos de la marée noire à en Île Maurice

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La catastrophe écologique qui menaçait pourrait ne pas avoir lieu même si le risque est encore présent. En effet, les autorités mauriciennes ont annoncé, mercredi 12 août 2020 dans la soirée, que tous les réservoirs du Wakashio sont désormais vides. Mais le risque d’une aggravation de la marée noire n’est pas écarté. 166 tonnes de fioul ont infiltré différents compartiments du navire. Fragilisé, il pourrait se briser en deux à tout moment.

C’est une nouvelle course contre la montre qui est engagée. Tout le monde s’accorde à dire que le navire va se briser en deux. Et le chargement de ce vraquier pourrait se déverser dans les eaux de Pointe d’Esny, magnifique lagon du sud-est de Maurice, là où le Wakashio est piégé sur une barrière de corail.

Sur ce navire instable dont une partie tangue et provoque un grincement incessant et effrayant, il faut encore pomper le reste du fioul qui a infiltré différentes parties du bâtiment. Des équipes de pompages l’aspirent endroit par endroit, jusqu’au fond de la cale. Elles utilisent des skimmeurs et des équipements spécialisés. En même temps, les équipes de secours se préparent à dépouiller, à le vider de tout son chargement avant le remorquage. Et c’est le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth qui a annoncé la fin du pompage des réservoirs du Wakashio.

L’eau est tout de même redevenue limpide autour du navire, quand la mer n’est pas démontée. Une première évaluation de l’ampleur des dégâts écologiques.

10,2 kilomètres de côtes ont été pollués à degrés divers, a confié le ministre de l’Environnement mercredi 12 août 2020. A l’en croire, il n’y pas eu de bilan indépendant.

Une dizaine d’endroits a été souillée par cette marée noire. Autour de 800 tonnes d’hydrocarbures ont filé dans les lagons du Sud-est. Les dégâts sont très visibles à Mahebourg, emblématique village du Sud, qui a été le premier port de Maurice, haut lieu historique et haut lieu écologique.

Tout autour se trouvent des réserves naturelles, l’île aux aigrettes, l’îlot Mangénie, endroit idyllique, et pas trop loin le parc marin de Blue Bay classé parmi les plus belles réserves au monde.

Les habitants ont été choqués, bouleversés et révoltés. Ils ont pleuré en voyant cette mer noire, défigurée, dénaturée.

Les Mauriciens, comme les insulaires à travers le monde, entretiennent un lien affectif avec la mer. Et puis cette mer et les plages représentent le seul luxe qui est accessible à tout le monde du plus riche comme au plus pauvre. Cette pollution a touché l’âme mauricienne, s’inquiètent les autorités.

Moctar FICOU / VivAfrik                                 

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