Les effets du réchauffement climatique sur les forêts mis en exergue

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Les forêts, poumon vert de la planète, refuge pour la biodiversité, essentielles pour stocker l’eau, jouent un rôle primordial dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elles n’échappent toutefois pas aux conséquences de ce phénomène. Comment sont-elles impactées ? Quelles solutions sont mises en place pour les préserver ? Explications dans CQFD, abréviation de « ce qu’il fallait démontrer ».                             

Sapins assoiffés, épicéas ravagés par des insectes et des milliers d’hectares partis en fumées. Les forêts affrontent de plein fouet le réchauffement climatique et les conséquences qui en découlent.

Ces étendues vertes jouent pourtant un rôle essentiel dans la lutte contre la hausse des températures. Lequel ? Quelles solutions sont envisagées pour préserver le « poumon vert » de la planète ? Les réponses dans « ce qu’il fallait démontrer ».                             

Quel rôle jouent les forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Poumon vert de la planète ou refuge pour la biodiversité : les forêts jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique. Après les océans, elles sont le deuxième plus grand réservoir de carbone de la planète. Les forêts tropicales, qui se trouvent principalement en Amérique latine, en Afrique et en Asie, stockent actuellement l’équivalent d’un quart de siècle d’émissions de dioxyde de carbone, relève M. Clinkemaillié du quotidien lesechos.fr, citant les chercheurs du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

En France, les près de 17 millions d’hectares de forêts captent 70 millions de tonnes de CO2, soit 15 % des émissions de gaz à effet de serre annuelles du pays. Ces étendues boisées permettent également de stocker l’eau, de limiter l’érosion des sols, de rafraîchir la température et de purifier l’air.

Comment sont-elles impactées ?

Canicules à répétition, déficit de neige, baisse des précipitations. Depuis plusieurs années les forêts font face au réchauffement climatique, et aux sécheresses qui en découlent. En France, les arbres sont en état de stress hydrique.

Cet été la forêt est une nouvelle fois passée en « mode survie », note Syvain Delzon, biologiste écologue à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) à Bordeaux. « Les feuilles ferment leurs stomates, servant à l’évapotranspiration de l’arbre pour essayer de le protéger d’une chaleur excessive, et il finit par se dessécher », note-t-il.

Certaines espèces se délestent aussi de leurs aiguilles, leurs feuilles ou leurs branches pour se soulager. Une mesure de protection qui ne suffit pas toujours. « Un conifère qui a roussi, on peut considérer qu’il est mort », explique le chercheur.

Avec le réchauffement climatique, la croissance des arbres a également tendance à diminuer et leur taux de mortalité à augmenter. Ils stockent alors moins de carbone. Au même moment, plus la température augmente, plus les végétaux respirent fort et rejettent du carbone. A terme, le réchauffement climatique risque donc de remettre en cause le rôle essentiel de réservoir de CO2 que jouent les forêts. Un cercle vicieux.

Et si elle ne les tue pas toujours, la sécheresse affaiblie les arbres et les rend vulnérables à certaines menaces extérieures. Le scolyte, un minuscule coléoptère brun, « profite de la faiblesse des arbres affectés par la sécheresse pour se développer », détaille Pierre Lambert, de l’unité territoire Meurthe-Galilée de l’Office national des forêts (ONF). Le ravageur perce l’écorce pour y pondre des œufs. Quelque 200 000 m3 de bois ont déjà été affectés, principalement l’épicéa. Le chêne, lui, est la proie de la chenille processionnaire, qui a pullulé à cause des hivers doux.

Plus secs, les arbres sont également plus vulnérables face aux incendies, qui eux-mêmes font grimper le taux de CO2 dans l’atmosphère. Selon l’Institut britannique de météorologie, la concentration de CO2 dans l’atmosphère va s’accroître de manière inédite en 2020. Une hausse largement provoquée par les feux en Australie, qui ont ravagé 80.000 km2 de forêt.

Quelles sont les solutions envisagées ?

En trente ans, les épisodes de sécheresse ont doublé. Ils devraient encore être multipliés par deux d’ici à 2050. Tout l’enjeu est de permettre aux forêts d’être plus résilientes afin de limiter l’ampleur du réchauffement climatique.

« Le problème du réchauffement actuel du climat est sa rapidité », note l’ONF. Si les forêts se « déplacent » naturellement de 300 mètres par an, les températures méditerranéennes en France remontent beaucoup plus rapidement vers le nord. « Notre stratégie est de miser sur la régénération naturelle de la forêt », explique Rodolphe Pierrat, de l’agence de Mulhouse de l’ONF. En clair, l’instance espère que les arbres ayant survécu aux sécheresses actuelles se reproduisent et que la génération future soit encore plus résistante.

Des essences issues de territoires aux températures plus élevées sont par ailleurs plantées en petites touches pour étudier leur capacité d’adaptation : pin larriccio de Corse, chêne des Canaries, noisetier de Byzance des Balkans ou cyprès d’Arizona. Le but, miser sur la diversité. Un dernier levier d’action consiste à espacer les plantations. La pression exercée par les peuplements sur la ressource en eau serait moindre. Les risques de propagation des incendies seraient également réduits.   

Moctar FICOU / VivAfrik     

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