Les technologies à l’origine du Prix pour l’alimentation Africain 2020 du Dr André Bationo

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Le 11 septembre 2020, le Forum de la révolution verte en Afrique a annoncé les lauréats du Prix africain de l’alimentation 2020. Parmi les colauréats figure un éminent pédologue burkinabé, le Dr André Bationo. Depuis environ 35 ans, le Dr Bationo s’efforce de sortir des millions de petits exploitants agricoles de la pauvreté et de contribuer au développement de l’agriculture dans la région sahélienne de l’Afrique de l’Ouest. Pour la plupart, les résultats des recherches de ce chercheur du Burkina Faso ont eu un impact positif sur les moyens d’existence des bénéficiaires, et sans beaucoup d’efforts. De plus, de nombreux scientifiques et institutions ont déjà réalisé le potentiel des technologies sur lesquelles le Dr Bationo a travaillées. Au total, environ 250 millions d’USD ont été investis dans la mise à l’échelle de ces technologies, avec des répercussions importantes sur la vie des petits exploitants agricoles. En annonçant la récompense, le Prix pour l’Alimentation en Afrique a magnifié les travaux du Dr Bationo sur une technologie connue sous le nom de “micro-dose” et un système de crédit –“warantage ou tierce détention”. Cette technologie et ce système de crédit prometteurs ont changé la vie de millions de petits exploitants agricoles dans des villages du Niger, où ils ont été expérimentés pour la première fois, et au Bénin, au Burkina Faso et au Mali. Au total, 10 millions de personnes ont bénéficié de ces technologies. Mais quelles sont ces technologies qui ont permis à ce scientifique ouest-africain accompli d’être reconnu ? Qu’est-ce que la technologie des micro-doses ? La technologie des micro-doses est une application stratégique de petites quantités d’engrais  au pied des  plantes pour couvrir les besoins optimaux, plutôt que d’épandre des quantités plus importantes sur tout le champ, comme le recommandait précédemment la vulgarisation. Cette technologie assure une utilisation efficace et efficiente des engrais par la plante et réduit les pertes qui se produiraient normalement par lixiviation ou par ruissellement, réduit la quantité et donc le coût d’engrais utilisés, et maximise l’impact des engrais dans l’augmentation de la productivité des cultures surtout dans les zones sujettes à la sécheresse, lit-on à coraf.org.

Qu’est-ce que le système de Warrantage ?

Les chercheurs et les agriculteurs qui ont testé cette technologie dans les pays du Sahel ont constaté une augmentation des rendements de 50 à 200 %, une meilleure efficacité de l’utilisation des engrais et donc une meilleure rentabilité. Le système de « warrantage » est un mécanisme de filet de sécurité sociale visant à résoudre le problème de la liquidité financière et de l’accès au crédit des acteurs des chaînes de valeur agricole. Le système permet aux producteurs d’accéder à des prêts en espèces contre la valeur de leurs produits agricoles stockés. Ainsi, les agriculteurs reçoivent une avance de crédit en espèces tout en mettant en garantie « warrant » leurs céréales mises en stock dans un magasin scellé en attendant d’être vendues  lorsque les prix sur le marché s’améliorent, ce qui leur permet d’obtenir un meilleur rendement de leurs investissements. Le système de warrantage est une innovation qui garantit l’accès au financement aux agriculteurs défavorisés qui n’auraient pas cette possibilité autrement. La technologie des micro-doses et les systèmes de warrantage se sont répandus dans les des villages du Niger où le Dr Bationo a été le pionnier du développement de ces innovations à de nombreux autres villages de ce pays et des pays voisins, contribuant ainsi à stimuler la production agricole et le commerce des produits agricoles dans toute la région, poursuit la source citée plus haut.

Déploiement de la 5G : « Nous, « amish du numérique », ne récusons en rien l’innovation, mais nous croyons à la réflexion en commun »

Quatre anciens conseillers politiques et juristes, experts du numérique, demandent, dans une tribune au « Monde », une « délibération collective » pour que la 5G ne tourne pas au fiasco. L’absence de stratégie visible de développement pour le numérique en France et en Europe devrait inviter à la modestie et à la prudence. Lundi 14 septembre, pourtant, devant les acteurs de la French Tech réunis à l’Elysée, Emmanuel Macron a affirmé sa volonté d’un passage de la France à la technologie 5G. Ecartant toute objection, il a stigmatisé le « modèle amish » ajoutant qu’on ne pouvait pas « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ». Nous ne sommes pas opposés par principe à la 5G. Nous souhaitons juste qu’un débat ait lieu, que les Français soient traités en adultes responsables, capables d’entendre des arguments rationnels. Qu’il soit donc permis à quelques « amish du numérique » de poser quelques questions. En quoi le déploiement de la 5G sera-t-il plus efficace que celui de la 4G, alors que de nombreuses zones du territoire national n’ont toujours même pas accès à un réseau mobile ? N’est-il pas légitime de demander si le déploiement de la 5G ne risque pas de contribuer au réchauffement climatique, en raison d’antennes qui consomment plus d’énergie et de millions de smartphones qu’il va falloir remplacer sans garantie de recyclage ? En quoi la 5G pourrait-elle soutenir nos industries et créer des emplois sur notre territoire alors que la France et l’Europe manquent toujours cruellement d’acteurs mondiaux dans les services numériques ? Comment s’assurer que les antennes-relais et l’infrastructure de ce nouveau réseau ne seront pas confiées à un équipementier américain ou chinois, au préjudice de notre souveraineté ? Contrairement à ce que feint de croire le président de la République, nous, « amish du numérique », ne récusons en rien l’innovation, mais nous croyons à la réflexion en commun, préalable à l’adoption d’une nouvelle technologie qui engage la collectivité. Alors que certains considèrent que toute innovation technologique est bonne par essence, nous nous demandons : est-ce que cette innovation va nous aider à mieux vivre ensemble ou bien est-ce qu’elle risque de nous désunir ? Nous étions déjà taxés d’être des amish en avril, lorsque nous dénoncions [dans Libération] l’inefficacité prévisible de l’application StopCovid, indique lemonde.fr.

Moctar FICOU / VivAfrik                               

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