Intervention de Samir Abdelkrim à BIG : la data, moteur de l’innovation et de la création en Afrique

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Dans le cadre de la 6ème édition de la conférence internationale de la Banque Publique d’Investissement (BPI), qui avait lieu le 1er octobre 2020 à l’AccorHotels Arena, Samir Abdelkrim, fondateur du Sommet EMERGING Valley et de StartupBRICS était invité à participer à un atelier sur le thème de la valorisation des données en Afrique. Aux côtés de Moses Kimani, un startupper kényan, il est revenu sur l’émergence des écosystèmes Tech africains et sur les potentiels colossaux que représentent les data pour les entrepreneurs et les porteurs de projets à impact. C’est à travers son expérience unique passée à sillonner les écosystèmes Tech africains, puis au cours des différentes éditions d’EMERGING Valley – le sommet de l’innovation organique et des startups émergentes Afrique-Europe – que Samir Abdelkrim a fait l’heureux constat ces dernières années de l’explosion du nombre de collaborations entre les acteurs numériques des deux continents. Interrogé sur la valorisation des datas en Afrique au cours du Sommet BIG, organisé le 1er octobre dernier par la Banque publique d’investissement, le Fondateur d’EMERGING Valley et de StartupBRICS est revenu sur cette observation. Un tel phénomène s’explique, selon lui, par le développement conséquent des structures d’accompagnement de startups en Afrique, avec plus de 620 Tech Hubs actifs en 2019, ou encore par la multiplication des programmes d’accompagnement, qui ont gagné en qualité. Dans son intervention, Samir Abdelkrim précise également que le développement de la coopération Euro-Med-Afrique s’explique par la croissance sans précédent des levées de fonds, qui ont dépassé en 2020 les 2 milliards de dollar, et par l’élaboration de cadres juridiques favorables à l’émergence de startups sur le continent. Ce mouvement inauguré par la Tunisie dès 2018 a été peu à peu rejoint par le Sénégal, le Rwanda et le Kenya qui se sont à leur tour dotés de Startup Act, véritables outils juridico-politiques pour l’épanouissement de l’entreprenariat, a relayé emergingvalley.co.

Nombre de startups ont ainsi déjà commencé à se servir des données d’imageries satellites

Samir Abdelkrim insiste ainsi sur le fait que l’usage des données, dans ce contexte, est devenu un moteur d’innovation et de création. En effet, selon une analyse récente du cabinet BearingPoint, les revenus générés directement par le Big Data en Afrique atteindront 10 milliards de dollars à l’horizon 2030, représentant ainsi un énorme potentiel pour les startups africaines. En parallèle, l’accessibilité de ces données se démocratise. Nombre de startups ont ainsi déjà commencé à se servir des données d’imageries satellites pour proposer des outils aux agriculteurs ou aux pêcheurs par exemple. D’autres, comme les FinTech utilisent l’historique de données des consommateurs pour leur proposer des solutions d’accès au crédit. Pour le Fondateur d’EMERGING Valley, à l’avenir et déjà aujourd’hui, le potentiel de développement est donc considérable pour de très nombreux secteurs : santé, e-commerce, logistique, détection et gestion de fraudes, agritech, … Un cercle vertueux, puisque ces applications génèrent autant de données, qui elles-mêmes ouvrent la voie à la création de nouveaux business model mettant à profit ces connaissances. Interrogé sur l’évolution de ces constats avec la crise sanitaire actuelle, Samir Abdelkrim précise que c’est un climat dynamique qui a encore été boosté par le Covid et par l’urgence de créer des solutions digitales. À travers son travail de veille et au travers de ses relations sur le continent, il a pu le constater : tandis que certaines solutions sont apparues, d’autres se sont vues légitimées et adoptées à grande échelle. C’est notamment le cas de la Télémédecine (achat de médicament sécurisé en ligne, consultation et premiers conseils à distance -assuré de manière croissante par intelligence artificielle- pour désengorger les structures de santé) des solutions d’Edutech (du simple cours en ligne à la formation professionnelle et aux solutions de travail dématérialisées) et, de manière croissante, le monde du loisir (gaming, streaming, musique et même e-sport). Pour conclure l’atelier, Samir Abdelkrim a tenu à préciser que si toutes ces solutions digitales pouvaient contribuer à la diminution des inégalités géographiques (ville-campagne notamment) pour l’accès à la connaissance et à la santé, celles-ci reposaient malheureusement aussi sur la qualité de la connexion internet, qui représente aujourd’hui le nouveau vecteur des inégalités, révélées avec la crise du Covid. Comment poursuivre sa vie confiné sans connexion internet en 2020 ? Selon lui, démocratiser cette connexion sera le grand chantier de la prochaine décennie, duquel dépend directement le marché du Big Data, ajoute emergingvalley.co.   

Djembe Consultants et AfriLabs dévoilent leur rapport sur l’innovation africaine

Le mois dernier, Djembe Consultants et le réseau AfriLabs avaient annoncé la publication d’un rapport sur l’innovation africaine. Chose promise, chose due, ce document a été dévoilé le 12 octobre 2020. Ces lecteurs y verront une évaluation de l’impact du Covid-19 sur les jeunes innovateurs et entrepreneurs du continent. Ils y trouveront aussi des perspectives fournies par les experts du secteur. Elles portent sur la façon dont les décisionnaires africains, privés et publics, peuvent améliorer leur soutien à l’innovation. Building a Resilient Innovative Africa (Construire une Afrique innovante et résiliente) couvre des thématiques telles que l’éducation, l’inclusivité, l’investissement, les politiques, la recherche et le développement. Les résultats qu’il présente sont le fruit d’une enquête menée auprès de 1000 innovateurs, entrepreneurs et startups panafricains. L’enquête a tenu compte de réalités clé pour le continent africain, notamment l’imminente Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Des points de vue d’experts ont été recueillis. Ils proviennent de personnes issues d’organisations comme l’Union africaine, la Banque africaine de développement, Afreximbank, Honoris United Universities, Mastercard Foundation, Mozilla, SMART Africa et ONU Femmes, entre autres, a de son côté souligné afriqueitnews.com.

Moctar FICOU / VivAfrik                    

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