Le perroquet gris du Gabon, une espèce en danger, qualifié de beau parleur

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Les perroquets gris du Gabon, les oiseaux les plus bavards au monde ont été placés à l’isolement dans un zoo d’Angleterre parce qu’ils injuriaient les visiteurs. Cette espèce en danger en Afrique équatoriale, est l’oiseau qui parle le mieux au monde. Un grand imitateur capable de dialoguer avec les humains.                

Une espèce en danger

Ce talent pour la parole a fait le succès du perroquet Gris du Gabon, l’un des perroquets les plus domestiqués au monde, jusqu’à provoquer sa perte ; l’animal est aujourd’hui une espèce en danger, menacée par le trafic ainsi que la déforestation en Afrique tropicale. Dalila Bovet rappelle que le perroquet domestiqué et isolé chez un humain a tendance à déprimer, s’arracher les plumes. C’est la raison pour laquelle le commerce de ces oiseaux sauvages est interdit depuis trois ans, même si les animaleries vendent des perroquets d’élevage. Le Gris du Gabon n’est pas fait pour vivre à la maison, mais dans sa nature.

Shocking en Angleterre. Et l’objet du scandale est un perroquet. Un Gris du Gabon, appelé aussi Gris du Congo – il ne faut fâcher personne. Cing perroquets Jaco, un autre nom encore du Psittacus erithacus, ont créé l’émoi dans un zoo britannique, quand ils se sont mis à injurier le personnel et les visiteurs. Alors, pour éviter de choquer les enfants, les perroquets ont été mis à l’isolement. Confinés pour injures et outrage.

Le Gris du Gabon est l’oiseau le plus bavard au monde, le champion de l’imitation. Qu’il excelle en particulier dans les gros mots n’étonne pas Dalila Bovet, chercheuse à l’université de Paris-Nanterre. « Ils ont tendance à répéter ce qu’ils entendent dans un contexte émotionnel, précise la spécialiste du comportement des psittacidés, la famille des perroquets. Et quand un perroquet va reproduire des injures, ça va faire réagir les humains. Et s’il voit qu’il fait quelque chose qui fait réagir, qui fait qu’on va le regarder ou qu’on va rire, ça lui donne envie de recommencer. » Comme un enfant… Plusieurs chercheurs qui ont travaillé sur le Gris du Gabon comparent d’ailleurs son intelligence à celle d’un humain de quatre ans.

Plusieurs centaines de mots

L’oiseau le plus bavard ne possède pas de corde vocale, comme les humains, mais un syrinx, « une structure cartilagineuse avec des membranes qui vibrent pour émettre des sons, selon le même principe que les cordes vocales, explique à RFI Dalila Bovet. Pour faire moduler les sons, le perroquet utilise ensuite le larynx, la trachée, mais aussi pour beaucoup le bec et la langue, de la même façon que nous utilisons la bouche et la position de la langue pour parler. »

Le Gris est un beau parleur… ou plutôt un imitateur, qui manifeste ainsi un signe d’attachement. « Dans la nature, il peut imiter le chant d’autres oiseaux. Il utilise ses vocalises pour communiquer et entretenir ce lien d’affection. » Et c’est le même phénomène qui se produit avec l’humain lorsqu’il est domestiqué. Mais le perroquet comprend-il ce qu’il répète ? « Ils comprennent beaucoup de choses », assure Dalila Bovet. Plusieurs centaines de mots, selon les travaux scientifiques menés pendant des années par l’Américaine Irene Pepperberg auprès d’un perroquet Gris du Gabon nommé Alex, célèbre au point de posséder sa page Wikipedia. Les plus courants ? « « Bonjour » quand on arrive, « au revoir » quand on s’en va. Les Gris associent des mots à des contextes particuliers », a pu observer Dalila Bovet, quand elle travaillait sur des Gris du Gabon.

Un long apprentissage

« On a d’abord utilisé ce qu’on appelle la méthode intuitive, celle qui est pratiquée spontanément avec des enfants, en répétant certains mots et en insistant dessus, raconte l’éthologue. On a aussi utilisé une méthode qu’on a appelé répétition-association, où il s’agit de dissocier le mot de l’objet qu’il désigne. On se plante devant le perroquet pour lui répéter par exemple le mot bouton des dizaines de fois. Et en quelques jours, ou quelques semaines de répétition, avec un peu de chance il va dire bouton. C’est alors qu’on lui présente un bouton, pour qu’il associe le mot et l’objet. C’est la méthode qui a le mieux marché avec nos oiseaux ».

Alex, le perroquet d’Irène Pepperberg, était capable de soutenir une conversation, mais malgré cette intelligence, le perroquet gris du Gabon n’est pas capable d’inventer des phrases. « Il peut répéter des phrases dont il comprend le sens en raison du contexte dans lequel on les lui a apprises. Mais il n’est pas capable d’abstraire la grammaire qui pourrait lui permettre de former de nouvelles phrases ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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