Officiel : le Japon se fixe un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050

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Le Japon, un pays insulaire situé dans l’océan Pacifique qui comporte des villes denses, des palais impériaux, des parcs nationaux montagneux ainsi que des milliers de temples et de sanctuaires vit une nouvelle ère dans la lutte contre le dérèglement climatique. Cette volonté a contraint le nouveau Premier ministre japonais Yoshihide Suga de fixer, lundi 26 octobre 2020, l’échéance de 2050 pour que la troisième économie du monde atteigne la neutralité carbone, renforçant ainsi les engagements du pays en matière de lutte pour le climat. Ce nouvel objectif, aussitôt salué par les Nations unies et l’Union européenne, est toutefois très ambitieux en raison de la forte dépendance du sixième émetteur mondial de CO2 au charbon. 

Face au Parlement nippon, Yoshihide Suga, a indiqué, lors de la lecture de son discours de politique générale que « nous allons réduire (les émissions) de gaz à effet de serre à zéro d’ici à 2050 » pour « viser une société neutre en carbone ». Celui qui a pris la tête du gouvernement en septembre 2020 après le départ de Shinzo Abe compte donner un nouveau souffle à Tokyo qui avait seulement dit espérer parvenir à la neutralité carbone dans la deuxième moitié du XXIe siècle.

Il est nécessaire de souligner que cette nouvelle ambition place le Japon sur la même ligne temporelle que l’Europe et la Grande-Bretagne et une décennie devant la Chine qui a fixé le mois dernier un tel objectif pour 2060. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré après l’annonce de Tokyo : « Nous nous réjouissons de travailler ensemble vers zéro émission en 2050 », « l’objectif que devraient se donner toutes les nations développées ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dit qu’il s’agissait d’« un développement positif très significatif » en précisant attendre maintenant du Japon des « mesures concrètes ». Le diplomate est aussi « confiant que le Japon aidera des pays en développement à atteindre le même objectif, y compris à travers une assistance technologique et un financement public et privé pour les énergies renouvelables », a ajouté son porte-parole dans les propos relayés par novethic.fr.

Le Premier ministre japonais n’a pas fourni de calendrier précis pour parvenir à l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption, mais il a mentionné l’importance de la technologie. « La clé est l’innovation », a-t-il déclaré en citant notamment les batteries solaires de nouvelle génération. Le Japon va aussi promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire, a-t-il ajouté en insistant sur l’importance de la sécurité dans un pays marqué par la catastrophe de Fukushima en 2011.

L’accident, consécutif à un séisme et un tsunami majeur, a entraîné l’arrêt temporaire des réacteurs nucléaires du Japon et augmenté sa dépendance aux énergies fossiles comme le charbon. La troisième économie du monde, qui a signé l’accord de Paris en 2015, était le sixième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde en 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Les 140 centrales à charbon de l’archipel représentent environ un tiers de sa production d’électricité, le charbon étant la deuxième plus importante méthode de production d’électricité du pays derrière le gaz naturel liquéfié (GNL) dont les installations fournissent 38 % des besoins du pays. Le dernier plan énergétique du pays, établi en 2018, visait à ce que de 22 à 24 % des besoins énergétiques du pays soient couverts par des sources renouvelables, dont l’éolien et le solaire, d’ici à 2030. Il prévoyait également que le nucléaire fournisse plus de 20 % des besoins énergétiques, indique Ludovic Dupin dans les colonnes de novethic.fr.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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