La politique climatique internationale se jouera à quitte ou double sur la présidentielle américaine

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Les États-Unis sont sortis effectivement mercredi de l’accord de Paris sur le climat et un éventuel retour de Washington au sein de ce traité international est suspendu au résultat encore inconnu de l’élection présidentielle américaine.

Une victoire de Joe Biden et la première économie mondiale rejoindrait immédiatement à nouveau les efforts internationaux contre le réchauffement climatique.

« Aujourd’hui, le gouvernement Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement 77 jours, un gouvernement Biden le rejoindra », a-t-il tweeté.

Une réélection de Donald Trump et le pays ferait en revanche cavalier seul pour au moins quatre années supplémentaires.

A l’issue de l’élection présidentielle mardi, le dépouillement des votes se poursuit dans plusieurs États et aucun des deux candidats n’a encore été déclaré vainqueur.

Joe Biden a présenté un plan de 1700 milliards de dollars afin que les États-Unis atteignent d’ici 2050 la neutralité carbone.  

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président républicain a de son côté défendu l’industrie des énergies fossiles, mis en doute les scientifiques sur le changement climatique et détricoté plusieurs garde-fous environnementaux.

Si Donald Trump venait à obtenir un second mandat, la lutte pour le climat passera par les États, les municipalités et les entreprises, dont les initiatives, même sans l’appui du gouvernement fédéral, pourraient permettre aux États-Unis de réduire leurs émissions carbone de 37 % d’ici 2030, selon un récent rapport du groupe America’s Pledge.

En cas de victoire de Joe Biden, les États-Unis devront officiellement notifier à l’ONU leur volonté de revenir dans l’accord de Paris.

« Il y a une coalition de plus en plus grande de pays en faveur d’une neutralité carbone d’ici la moitié du siècle », a relevé mercredi le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, en citant les engagements récents de la Corée du Sud et du Japon. « Notre soutien, notre croyance dans un accord de Paris appliqué activement reste inchangé », a-t-il ajouté.

Notifier l’ONU sera « la partie facile », confie à l’AFP Andrew Light, conseiller environnemental de l’ancien président démocrate Barack Obama, soulignant que la première puissance mondiale sera laissée « à l’écart des échanges » lorsque le Royaume-Uni accueillera le 12 décembre la conférence internationale sur le climat COP26.

L’un des objectifs de l’accord de Paris, signé en décembre 205 par 195 pays, est de contenir la hausse des températures à 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle.  

Et selon le chercheur néerlandais Niklas Höhne, membre du groupe Climate Action Tracker, « le plan climatique de Biden pourrait permettre à lui seul de réduire la hausse des températures de l’ordre de 0,1 °C ».

Joe Biden, pris en étau entre pragmatisme politique et ambitions écologiques, dit voir dans le gaz naturel un « pont » vers les énergies renouvelables et s’est engagé à ne pas interdire complètement la fracturation hydraulique.

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