Philippe Miquel : La réduction de l’empreinte carbone des exportateurs s’impose

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L’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et Engie Services Maroc ont signé, mercredi 4 novembre 2020, un protocole d’accord pour le développement et la mise en œuvre de solutions d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Suffisant pour Saâd Jafri du site d’information lopinion.ma, de rencontrer Philippe Miquel, président d’Engie Services Maroc afin de s’entretenir avec lui sur l’importance de la réduction de l’empreinte carbone des exportateurs. Au cours de cette interview parue dimanche 8 novembre 2020, les deux hommes ont passé en revue l’actualité des énergies renouvelables au Maroc.                       

La pandémie de Coronavirus a bouleversé certaines chaînes de production partout dans le monde. Pensez-vous que le chantier des énergies renouvelables au Maroc puisse maintenir sa cadence dans ce contexte ?

Il est important de souligner que le chantier des énergies renouvelables peut être divisé en deux volets. Premièrement : le programme mené par les autorités marocaines pour développer un parc de production d’électricité bas carbone, avec un objectif de porter à 42% la part des énergies propres dans le mix électrique d’ici à 2021. Une part qui s’élèvera à 52% à l’horizon 2030. Ce chantier n’est pas impacté par la pandémie, du fait que le coût de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables est aujourd’hui inférieur à celui des énergies fossiles et donc il n’y a aucune raison qu’il ralentisse.

Le deuxième volet concerne les énergies renouvelables au service des entreprises. En d’autres termes, comment ces dernières pourraient bénéficier de l’essor des énergies renouvelables, qui est aujourd’hui un vecteur de leur compétitivité. Pour faire accélérer ce processus, il faut une réglementation adéquate. Il faut donc promulguer au plus vite le décret d’application de loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, pour la moyenne tension, puisque ce décret permettra à un panel beaucoup plus large d’industriels d’accéder aux énergies renouvelables. Ce décret va ainsi donner un coup de pouce à la compétitivité de l’industrie marocaine. Sans oublier qu’il y a également la possibilité de mettre en œuvre des mesures fiscales beaucoup plus volontaristes pour inciter les industriels à s’équiper de solutions de production d’énergies renouvelables en propre et à être beaucoup plus sobres dans leurs usages énergétiques.

Après plusieurs années d’efforts pour mettre en place une réelle dynamique de transition énergétique au Maroc, comment voyez-vous l’état d’avancement de ce chantier ?

La première chose à souligner, c’est que le Maroc a été, très tôt, très volontariste, dans le déploiement des énergies renouvelables dans son parc électrique. Et aujourd’hui, il en tire les bénéfices. Il y a également d’autres enjeux, car l’électricité ne représente qu’une partie de l’énergie consommée au Maroc. Environ 80% des énergies globales consommées dans le pays restent fossiles. Par exemple, dans les transports, c’est quasiment uniquement de l’énergie fossile et ces derniers représentent entre 30% et 40% de l’énergie consommée. Donc, il y a un réel besoin de décarboner. Cela dit, il y a une volonté, qui se traduit par plusieurs accords, notamment le principal opérateur postal au Maroc qui a décidé d’entamer un virage éco-responsable de son parc automobile, avec l’acquisition de véhicules électriques. Outre les transports, il y a également des efforts à fournir au niveau de l’industrie, pour réduire l’impact des énergies fossiles, mais les choses se font plus progressivement.

Dans quelles mesures la coopération franco-marocaine peut-elle apporter un bénéfice à la transition énergétique dans les deux pays ?

D’autres secteurs industriels, comme l’automobile ou encore l’aéronautique, ont déjà montré les mérites de la co-construction. Cela dit, le Maroc dispose de deux marchés naturels, à savoir l’Europe et l’Afrique, avec quelques contraintes, notamment celui du vieux continent qui souhaite mettre en place des programmes d’importation de produits issus d’une économie décarbonée. La coopération des deux pays capitalise sur ces points et permet la transmission des expériences de sorte à accélérer la transition énergétique pour une économie plus durable et aussi plus compétitive. 

Engie Services Maroc et l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) viennent de signer un accord pour permettre aux exportateurs de se conformer aux nouvelles exigences du marché européen en termes de décarbonisation des industries. Comment cela vat-il aider les professionnels du secteur ? ​

Il y a deux choses, premièrement, l’énergie est souvent un poste important dans le coup de production d’une entreprise, ça peut aller chez certains industriels jusqu’à 60%. Notre engagement est donc de mettre à disposition ces solutions et les développer au Maroc, pour en faire bénéficier les entreprises nationales. Le deuxième point concerne les directives sur l’importation de produits issus d’une économie décarbonée, précités, sur lesquels travaille l’Europe. Il faut donc préparer les entreprises marocaines et les aider à s’inscrire dans une économie bas carbone, pas seulement autour des énergies renouvelables, mais également atour de l’efficacité énergétique. Dans ce sillage, il convient également de rappeler qu’un des axes importants du Plan de Relance Industriel du Maroc porte sur l’amélioration de l’empreinte carbone de l’industrie marocaine afin de positionner le pays comme une base industrielle décarbonée.

Par ailleurs, l’accord de partenariat entre l’ASMEX et ENGIE Services Maroc comprend notamment l’organisation conjointe d’actions de sensibilisation et de vulgarisation sur les énergies renouvelables et sur l’efficacité énergétique, mais aussi l’accompagnement des entreprises intéressées par les solutions d’ENGIE Services Maroc à travers des propositions technico-économiques. Un Comité de pilotage sera donc constitué des représentants des deux partenaires et aura pour mission d’établir le plan d’actions, préparer le lancement des actions, suivre les réalisations de la présente convention et évaluer l’efficacité des actions entamées, et ce, dans les quelques jours qui viennent.

A propos de Philippe Miquel

Philippe Miquel est directeur des solutions clients et membre du comité exécutif d’Engie Afrique, Président d’Engie Services Maroc. Homme d’expérience et d’énergie, il était précédemment directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centrale chez Engie, basé à Abidjan (Côte d’Ivoire). M.  Miquel est en charge du développement des activités de services à l’énergie et de services énergétiques pour l’ensemble du continent africain. Philippe a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine de l’énergie sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ayant travaillé en R&D, marketing et commercialisation, stratégie et, depuis plus récemment, dans le développement de solutions énergétiques pour le marché africain. Avant de rejoindre Abidjan, Philippe était chef de cabinet du directeur général Adjoint d’Engie, puis directeur général d’Engie au Cameroun. Philippe Miquel est titulaire d’un Ph.D. (Ndlr : « docteur en philosophie ») en génie chimique de l’Université Johns Hopkins à Baltimore (Etats-Unis). Philippe Miquel est également conseiller du commerce extérieur de la France.

A propos d’Engie

Engie est un acteur mondial dans les services à l’énergie conciliant performance économique et impact positif sur les personnes et la planète. Au Maroc, Engie Services Maroc propose des services autour de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables aux entreprises pour un usage plus raisonné de l’énergie et pour accompagner les entreprises dans leur transition vers la neutralité carbone. 

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