Le Brésil accusé d’entraver le processus de négociation de la COP15 sur la biodiversité

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Le pays a empêché l’adoption du budget du secrétariat de la Convention de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur la diversité biologique pour 2021, ce qui pourrait avoir des conséquences majeures. C’est une note de bas de page qui menace de faire dérailler les négociations mondiales sur la biodiversité. Les diplomates brésiliens sont accusés d’avoir empêché l’adoption du budget du secrétariat de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CBD) pour 2021. Or, si ce budget n’est pas approuvé d’ici à la fin de l’année, le secrétariat devra cesser l’ensemble de ses activités à compter du 1er janvier, ce qui compromettrait la tenue de la 15e Conférence des parties sur la biodiversité (COP15). La nouvelle feuille de route mondiale destinée à mettre un terme à la destruction des écosystèmes doit être ratifiée au cours de ce rendez-vous, initialement prévu en octobre 2020 en Chine et reporté à 2021 en raison du Covid-19.  Le budget provisoire pour 2021, qui doit être adopté à l’unanimité, a été soumis à l’approbation des 196 Etats membres de la CBD par le biais d’une procédure d’accord tacite, lors d’une réunion extraordinaire de la COP. Le Brésil est le seul pays à avoir émis un commentaire. Jeudi 19 novembre, la présidence égyptienne de la COP a acté l’échec du processus par le biais d’un communiqué sans ambiguïté. « J’espérais annoncer que le silence n’avait pas été rompu dans le cadre de la procédure d’accord tacite et que la décision sur le budget intérimaire pour l’année 2021 était adoptée, a ainsi affirmé Yasmine Fouad, la ministre égyptienne de l’environnement. Cependant, en raison d’un commentaire soumis par le gouvernement brésilien demandant l’insertion de notes de bas de page dans les projets de décisions, il n’a pas été possible d’aller de l’avant. » Le bureau du secrétariat de la CBD devait se réunir, lundi 23 novembre, pour tenter de parvenir à une solution. Un nouveau document doit être mis en ligne mercredi pour une nouvelle procédure d’accord tacite, au cours de laquelle le Brésil pourra de nouveau gripper la machine. « Cette proposition de budget sera sans doute identique à 99 % à la précédente, avec une petite phrase insérée soit dans le préambule soit dans un bas de page pour rassurer le Brésil », explique Basile van Havre, le coprésident du groupe de la CDB dédié aux négociations du cadre post-2020, informe lemonde.fr.

Quelques raisons d’espérer pour la biodiversité

La crise mondiale de la biodiversité semble être une fatalité. Si on regarde les projections, l’humanité est en train de provoquer une sixième extinction catastrophique à la mesure de celle qui a entraîné la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années. L’indice Planète vivante 2020 du Fonds mondial pour la Nature indique un déclin moyen de 68 % des 21 000 populations de vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons) entre 1970 et 2018. Il est important de noter ici qu’il s’agit de populations, pas d’espèces. La différence est importante. Par exemple, il y a plusieurs populations de caribous forestiers au Canada. Elles font partie de la même espèce, Rangifer tarandus, qui regroupe également les caribous toundriques et montagnards, mais aussi les rennes sauvages de Sibérie et domestiqués de Laponie. De même, la population de bélugas du Saint-Laurent est dans un état précaire, mais l’espèce à laquelle elle appartient, Delphinapterus leucas, qui comporte plusieurs populations dans l’océan Arctique, n’est pas en déclin. Cette distinction établie, il est très légitime de se préoccuper de la biodiversité à l’échelle locale, nationale et globale et d’adopter les mesures nécessaires pour la protéger. Mais il y a des nuances à faire. Une population se définit comme un groupe d’individus d’une même espèce occupant un territoire donné. La réduction de la taille d’une population inscrite dans l’indice Planète vivante est présumée être un indicateur de la disparition d’espèce, ce qui ne se vérifie pas dans les faits, selon une étude parue dans la revue Nature cette semaine. Selon Brian Leung de l’Université McGill, la prédiction catastrophique du déclin de la biodiversité serait liée à un problème mathématique dans les modèles qui calculent les tendances. La réalité, bien que sérieuse, ne serait pas si catastrophique que le laisse entendre l’indice Planète vivante. En effet, en focalisant sur des populations et non pas des espèces, on amplifie indûment le phénomène. En examinant un échantillon de 14 000 populations de l’indice Planète vivante, les chercheurs ont identifié que 1 % de celles-ci subissaient un déclin fulgurant. Si on isole cette catégorie, le calcul des tendances change énormément. Au lieu de prédire la sixième extinction, les autres observations donnent au contraire de l’espoir pour l’avenir de la biodiversité. Il y a des régions où il faut intervenir d’urgence, mais somme toute, on est loin du désert mondial annoncé pour demain, note le lequotidien.com.

La biodiversité australienne s’est enrichie de deux espèces nouvelles

La notion d’espèce biologique et l’indicateur portant sur l’occurrence numérique est aussi sujet à des variations qui n’ont rien à voir avec la présumée sixième extinction. Surprise! La semaine dernière, la biodiversité australienne s’est enrichie de deux espèces nouvelles. Le Phalanger volant (Petauroides volans), un petit marsupial vivant dans les forêts d’Eucalyptus, a donné naissance à deux autres espèces, Petauroides minor et Petauroides armillatus, d’après des études génétiques réalisées à l’Université James Cook. Comme l’espèce était considérée comme menacée, dorénavant les trois vont augmenter l’indice Planète vivante… Au-delà des chiffres, des projections catastrophiques et des découvertes anecdotiques, l’enjeu de la biodiversité est crucial. Le 28 octobre 2020, un collectif de 10 auteurs a lancé un livre qui examine la question en profondeur. La Terre, la Vie et nous, parlons d’espoir et de solutions plaide pour une nouvelle solidarité planétaire entre les humains et le vivant pour sortir grandis de la crise qui menace. Sans se fermer les yeux sur la possibilité d’une sixième extinction, les auteurs (dont votre humble serviteur) examinent la situation avec lucidité, mais en apportant des réponses constructives pour inverser les tendances négatives, conclut le média en ligne.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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