Roland Berger et Women in Africa Philanthropy se penchent sur l’accès au financement des femmes entrepreneuses

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« Pour la troisième année consécutive, Roland Berger et Women in Africa Philanthropy dévoilent les résultats de l’étude annuelle consacrée à l’entrepreneuriat des femmes en Afrique – L’Entrepreneurship Study. L’édition 2020 étudie le financement des entreprises créée par les femmes, analyse les grands freins d’accès au financement de ces dernières et propose des recommandations pour accélérer la dynamique entrepreneuriale féminine en Afrique », ont indiqué les deux structures dans un communiqué de presse conjoint publié à cet effet.

Selon le document officiel, l’Afrique est aujourd’hui une véritable terre d’effervescence pour l’entrepreneuriat féminin avec le taux d’activité le plus élevé au monde : 24% de femmes africaines entrepreneuses, contrairement à 11% des femmes en Asie du Sud-Est, au Pacifique, 9% des femmes au Moyen-Orient, 6% des femmes en Europe et Asie centrale. Les femmes sont bel et bien la colonne vertébrale de l’économie africaine.

Mais l’Afrique impose tout autant de défis à ses entrepreneuses, en particulier concernant l’accès au financement. Les entreprises fondées par des femmes africaines sont en moyenne plus petites, moins financées et moins profitables que celles créées par des hommes (six fois moins de capital et des profits inférieurs de 40%).

À la source des difficultés de financement des femmes africaines, résident trois facteurs principaux à savoir les conditions structurelles défavorables aux femmes ; les difficultés d’accès au financement et un entrepreneuriat majoritairement de subsistance, relève le texte.

Alors même que l’accès au financement est un maillon clé de la réussite entrepreneuriale, une disparité entre hommes et femmes dans l’accès au financement bancaire dans l’ensemble des pays africains est à noter. Il s’agit notamment d’une bancarisation limitée chez les femmes : seules 34% des femmes africaines sont bancarisées, contre 47% de la population masculine. En outre il y a un accès restreint à l’emprunt bancaire : seules 5% des femmes africaines qui ont ouvert un compte en banque obtiennent des crédits (vs. 8% des hommes). Enfin une acceptation culturelle et perception du risque, facteurs majeurs d’exclusion des femmes des systèmes de financement.

Le communiqué précise en outre que les femmes entrepreneuses recourent davantage au microcrédit, mais bénéficient de sommes moindres que les hommes. Elles sont à cet effet les premières bénéficiaires du microcrédit, avec un montant moyen inférieur à celui des hommes. Aussi la microfinance se révèle insuffisante pour permettre leur émancipation. D’un montant souvent inférieur à 1 000 euros, les microcrédits sont accordés aux entrepreneuses pour lancer ou développer leur projet.

La mésofinance permet de répondre à des besoins de financement des TPEPME non couverts par les offres actuelles. De nos jours, les TPE-PME africaines ne trouvent pas toujours des offres de financement adaptées à leurs besoins, qui oscillent entre 2 000 et plus de 100 000 euros environ. La mésofinance a pour vocation de combler ce chaînon manquant de l’offre financière entre le microcrédit et le crédit bancaire plus « classique ».

Malgré le fait qu’elle réponde à un besoin certain et croissant, la mésofinance reste aujourd’hui peu développée en Afrique, d’après le Microfinance Information Exchange (MIX). Sur l’ensemble des 1 308 institutions de la microfinance recensées, seules 3% d’entre elles œuvrent dans la mésofinance, soit 40 structures identifiées, lit-on dans le communiqué.

Qui met en exergue les améliorations potentielles pour dynamiser et accompagner l’entrepreneuriat des femmes en Afrique.

L’étude identifie plusieurs pistes concrètes prometteuses pour ouvrir de nouvelles perspectives, renforcer le tissu entrepreneurial et faire éclore les entreprises africaines de demain :

Ainsi, six recommandations ont été faites pour utiliser la mésofinance comme levier d’accélération de la dynamique entrepreneuriale des femmes africaines : Faciliter les démarches et mettre en place des incitations ; Construire des bases de données nationales sur les TPE-PME ; Centraliser le soutient aux TPE-PME ; Sensibiliser les entrepreneurs aux solutions de mésofinance ; Encourager les banques et les institutions ; Cofinancer via des subventions et définir des garanties de crédits.

Il y a également quatre leviers pour améliorer la formation à la mésofinance et assurer sa démocratisation. Parmi eux, le développement d’une culture entrepreneuriale féminine ; la formation des entrepreneuses africaines à la formalisation d’entreprises et aux démarches administratives ; la sensibilisation des TPE-PME aux risques liés à la multiplication des partenaires financiers et la corriger les inégalités de perception et de connaissances techniques pour effacer l’inégalité d’accès au financement, liste le document.

Qui met en exergue cinq autres leviers visant à faire converger la situation socio-économique des femmes entrepreneuses et les offres de mésofinance. Il s’agit notamment de mettre en place des fonds exclusivement destinés aux TPE-PME dirigées par des femmes ; élaborer des produits financiers robustes adaptés à la mésofinance pour se projeter à moyen et long terme ; mettre en place des outils et des méthodes de suivi ; sensibiliser les PME aux bonnes pratiques financières et renforcer le dialogue des TPE-PME avec les banques centrales.

« L’entrepreneuriat des femmes en Afrique poursuit son essor et vitalise l’économie du continent. S’il demeure de nombreux obstacles socio-culturels à son développement, l’accès au financement, souvent difficile, doit être amélioré pour renforcer la dynamique entrepreneuriale et assurer une meilleure pérennité des entreprises créées. Aux Etats, aux banques, et aux institutions financières multilatérales de faire émerger ces écosystèmes de financement, notamment au travers de la mésofinance, et aux femmes entrepreneurs de prendre davantage confiance en elles et d’aller porter leurs projets auprès des financeurs », indique dans le document Laurent Benarousse, Membre du Conseil de Surveillance, Groupe Roland Berger.

Pour sa part Aude de Thuin, Fondatrice et Présidente du conseil d’administration de Women in Africa souligne que « l’entrepreneuriat féminin en Afrique est un modèle pour les femmes du monde entier. Elles sont à la fois la colonne vertébrale de l’économie actuelle du continent et l’avenir. Dans le contexte économique inédit que nous traversons actuellement, il y a urgence à ne pas les oublier ».

A propos de Roland Berger

Fondé en 1967, Roland Berger est le seul cabinet de conseil de Direction Générale d’envergure internationale et d’origine européenne. Avec 2 400 employés dans 35 pays, le cabinet est présent sur tous les grands marchés internationaux. Les 52 bureaux sont situés dans les principaux centres d’affaires mondiaux. Implanté en France depuis 1990, le bureau de Paris, avec près de 300 collaborateurs, conseille les plus grandes entreprises internationales ainsi que les institutions publiques, sur l’ensemble de leurs problématiques, du conseil stratégique à la mise en œuvre opérationnelle.

A propos de WIA Initiative

Lancée en 2017, Women In Africa (WIA) Initiative est la première plateforme digitale innovante de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel. Ses 5 piliers d’actions (WIA Club, WIA Media, WIA Institute, WIA RH) contribuent à la promotion d’une nouvelle génération de femmes africaines qui inventent un leadership inspirant pour changer positivement l’avenir du continent. Sa Fondation, WIA Philanthropy, a pour mission de mettre en lumière et en réseau les femmes qui entreprennent sur le continent africain.

Moctar FICOU / VivAfrik

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