M. Georges Foaleng « Les technologies financières s’orientent globalement vers une forme d’écologie »

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M. Georges Foaleng, Fondateur du cabinet de conseil Foaleng and Sonwa, basé à Lagos, au Nigeria, est Senior Risk Analyst à la Banque centrale du Cameroun où il a plus de 17 ans d’expérience professionnelle au sein du département des marchés de capitaux. A côté de la finance traditionnelle, le cabinet s’oriente vers la blockchain, la finance technologique.

Dans cet entretien, il fait le tour d’horizon de la finance verte,  de la blockchain et des obligations vertes … A l’en croire « il y a une forme de transition écologique dans la blockchain »

Propos recueillis par Aly Mangassa

Vivafrik : La Covid-19 a montré la fragilité de nos économies. Aujourd’hui, le monde s’oriente vers la transition écologique. Est-ce que le blockchain réputée énergivore peut-il participer à cette nouvelle donne ?

Georges Foaleng : « Il y un fond de transition écologique dans le blockchain. Il est né, autour des années 2009, juste après la crise financière à travers le bitcoin avec ce désir fort de s’affranchir du contrôle des pouvoirs centraux financiers pour créer une forte autonomie au niveau des acteurs de sorte. Ceci afin de créer un système financier qui correspond mieux à l’anthropologie culturelle, à la diversité de la société. Ainsi donc, le blockchain entre dans une sorte d’écologie économique. »

Dans votre stratégie, dans vos missions de conseil, votre cabinet prend-il en compte la dimension écologique ?

« Tout dépend du secteur dans lequel l’entreprise souhaite se positionner. Ce qui est sûr, c’est que la transition écologique est de plus en plus prise en compte. Récemment, le Cameroun a pu bénéficier d’un agrément de l’ONU lui ayant permis de capter des fonds allant dans ce sens. Maintenant, vu la complexité de l’environnement, de la question de la réglementation, de la régulation et de la pauvreté aussi, il reste beaucoup à faire pour que les entrepreneurs africains soient sensibles à ces questions là. »

La finance durable et, notamment les obligations vertes, ont–elles réussi à décoller en Afrique ?

« Il y a une Afrique qui est occidentalisée sur le plan économique et financier à savoir le Nigéria, l’Afrique du sud et le Kenya qui ont mis des obligations vertes. En 2019, l’Afrique du Sud a été le plus grand émetteur de green bonds en 2019 avec la mobilisation de 724,2 millions $. Elle est suivie du Nigeria (106,3 millions $) et du Kenya (41,5 millions $). Donc l’Afrique n’est pas complètement exclue de ces mécanismes là. Mais on se rend compte que ceux qui s’engagent ont des marchés financiers dont la sophistication est proche de la société occidentale. L’Afrique francophone, quant à elle, a encore du chemin à faire. Il faut relever que dans le mécanisme des obligations vertes, il y a des pré-requis qu’il faut assurer. Notamment, contrôler toute la chaine : de l’émetteur au récepteur, sinon les investisseurs restent rétifs. » 

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