L’ONG WWF s’inquiète de la multiplication des « fronts de déforestation » sur la planète

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WWF, une Organisation non gouvernementale (ONG) de défense de l’environnement a indiqué que « malgré les traités internationaux et les engagements pris par de grandes entreprises, la perte de forêts n’a pas été stoppée ni encore moins inversée », rappelant que préserver nos forêts est essentiel pour prévenir les prochaine pandémies.

Les fronts de la déforestation se multiplient et s’étendent, alerte le Fonds mondial pour la nature (WWF). La Terre, qui était couverte à 50 % de forêts il y a huit mille ans, ne l’est plus qu’à 30 %. Non seulement de nouvelles zones soumises aux incendies et aux défrichements apparaissent en Afrique – au Liberia, au Ghana, à Madagascar – et en Amérique latine – notamment au Mexique et au Guatemala –, mais la destruction des jungles, forêts primaires ou sèches, savanes arborées s’accélère partout sur la planète.

Dans un rapport rendu public ce mercredi 13 janvier 2021, l’ONG recense et analyse les vingt-quatre principaux fronts dans trente pays. Cinq ans après leur précédente analyse, la situation s’est encore dégradée : à eux seuls, ces vingt-quatre fronts menacent un cinquième des forêts tropicales du monde.

Mieux, indique le rapport du WWF, quelque 43 millions d’hectares de forêts, soit la taille d’un pays comme l’Irak, ont été perdus sur les vingt-quatre « fronts » principaux de la déforestation dans le monde entre 2004 et 2017. L’agriculture commerciale, qui défriche pour les cultures et l’élevage du bétail, est la principale cause de cette déforestation, notamment en Amérique du Sud, selon l’ONG. Le secteur minier, mais aussi les infrastructures, notamment routières, l’industrie forestière et l’agriculture vivrière, surtout en Afrique, sont aussi d’importants facteurs identifiés.

Sur ces vingt-quatre « points chauds » de la déforestation mondiale, neuf se trouvent en Amérique Latine, huit en Afrique et sept en Asie-Pacifique. Ils concentrent à eux seuls plus de la moitié (52%) de la déforestation tropicale mondiale, relève l’ONG. Les zones les plus affectées sont l’Amazonie brésilienne et la région du Cerrado au Brésil, l’Amazonie bolivienne, le Paraguay, l’Argentine, Madagascar, et les îles de Sumatra et Bornéo en Indonésie et Malaisie. La région brésilienne du Cerrado est, par exemple, principalement affectée par le développement de l’agriculture, avec une perte de 3 millions d’hectares de forêts entre 2004 et 2017 et une disparition de plus de 30% de sa surface forestière totale depuis l’an 2000.

Par ailleurs, près de la moitié (45%) des forêts restantes dans ces vingt-quatre zones ont subi des dégradations ou fragmentations, les rendant plus vulnérables, notamment aux incendies comme les méga feux qui se sont multipliés ces dernières années. Cette fragilisation met en danger les écosystèmes vulnérables que les forêts abritent, et donc les habitats de nombreuses espèces. Et favorise les contacts entre espèces sauvages et humains, et donc le passage à l’homme de maladies d’origine animale (zoonoses), comme l’a illustré la pandémie de Covid-19. Les forêts sont également de très importants puits de carbone, permettant d’absorber une importante quantité des gaz à effet de serre émis par l’activité humaine.

Le rapport appelle États et secteur économique à lutter contre la déforestation, notamment en garantissant les droits des populations autochtones. Il appelle aussi les populations à éviter les produits favorisant ce phénomène, en modifiant notamment leur régime alimentaire vers moins de protéines animales. «La mauvaise gestion des forêts mondiales favorise les émissions de carbone, ravage la biodiversité, détruit des écosystèmes vitaux et affecte la subsistance et le bien-être des communautés locales et des sociétés en général», avertit Marco Lambertini, directeur général du WWF.

La patronne de la branche française de l’ONG, Véronique Andrieux, a de son côté souligné «l’importance de protéger la nature et en particulier de préserver nos forêts, notamment pour prévenir les prochaines pandémies. (…) Sans forêts vivantes, nous n’aurons pas de planète et d’humains en bonne santé.»

En septembre dernier, un rapport de la FAO, agence de l’Onu qui supervise le secteur, avertissait que la forêt avait perdu «presque 100 millions d’hectares» sur la planète en deux décennies, tombant à 31,2% (4,1 milliards d’hectares) de la surface terrestre en 2020, contre 31,5% en 2010 et 31,9% en 2000.          

Moctar FICOU / VivAfrik

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