Les masques usagés, un nouveau fléau pour la biodiversité…

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Devenus le symbole de la lutte contre la pandémie de Covid-19, les masques chirurgicaux, abandonnés en grande quantité dans la nature, représentent désormais une menace pour les animaux qui peuvent se retrouver entravés ou étouffés. Des masques ont été retrouvés sur les trottoirs, dans les rivières et sur les plages de tous les continents depuis qu’ils sont devenus obligatoires dans les espaces publics dans de nombreux pays. Fabriqués à base de polyester et de polypropylène, ils peuvent mettre plusieurs centaines d’années avant de se décomposer.

« Les masques ne vont pas disparaître de sitôt, mais quand nous les jetons, ils peuvent menacer l’environnement et les animaux qui partagent notre planète », souligne Ashley Fruno, une responsable de l’association de défense des animaux Peta en Asie, interrogée par l’Agence France-Presse. Des macaques ont été observés en train de mâcher les élastiques de masques usagés dans les collines environnant la capitale malaisienne Kuala Lumpur, au risque de s’étouffer.

Un impact considérable en mer

Ces grandes quantités de déchets médicaux produits par la pandémie ont un impact d’autant plus important sur la faune marine. Des associations écologistes ont tiré l’alarme après avoir observé un nombre croissant de gants en latex, et d’autres équipements de protection dans les rivières et les mers. Plus de 1,5 milliard de masques se sont retrouvés dans les océans l’an dernier, soit 6 200 tonnes de déchets en plastique supplémentaires, selon l’organisation environnementale OceansAsia.

Des signes montrent déjà qu’ils menacent la vie marine. Au Brésil, une association de protection de l’environnement a retrouvé des masques dans l’estomac d’un pingouin dont le corps était échoué sur une plage. Et un poisson-globe a été trouvé emprisonné dans un masque au large de Miami. L’association française Opération mer propre a retrouvé un crabe mort, prisonnier d’un masque dans l’étang de Berre, près de Marseille en septembre.

Les masques et les gants en plastique « sont particulièrement problématiques » pour les créatures marines, souligne George Leonard, directeur scientifique de l’ONG américaine Ocean Conservancy. « Quand ces plastiques se décomposent dans la nature, ils deviennent des particules de plus en plus petites », explique-t-il à l’Agence France-Presse. Ces particules peuvent entrer dans la chaîne alimentaire et avoir un impact sur des écosystèmes entiers, dit-il. L’ONG OceansAsia a demandé aux gouvernements d’augmenter les amendes contre ceux qui jettent des ordures dans la nature et encourage le recours aux masques réutilisables. Avec lepoint

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