L’industrie du raffinage sud-africaine incapable réduire ses émissions

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Sale temps pour certaines industries sud-africaines qui peinent encore à prendre le train en marche. Cette situation les obligent à imposer des conditions malgré la transition énergétique en branle à un rythme qui s’accélère progressivement.

En effet, après le choc causé par la propagation de la pandémie du Coronavirus (Covid-19), les raffineries pétrolières actives en Afrique du Sud ne pourront pas réaliser les investissements qui leur permettront de réduire leurs émissions. Suffisant pour elles de solliciter un appui du gouvernement.

Rappelons que le gouvernement d’Afrique du Sud a adopté une loi obligeant les entités à réduire leurs émissions de sulfure à 10 Parts par million (ppm). Depuis son entrée en vigueur en 2017, elle n’a pas été appliquée en raison des divergences entre le gouvernement et l’Association de l’industrie pétrolière sud-africaine (SAPIA).

Celle-ci estime que « dans l’environnement mondial actuel de raffinage, les marges gravitent autour de zéro en raison de la baisse des cours. Investir dans des hydrocarbures plus propres en l’absence de l’appui du gouvernement est improbable », a affirmé Avhapfani Tshifularo, directeur exécutif de la SAPIA.

Les travaux de réhabilitation qui permettront d’atteindre ces niveaux coûteront 3,9 milliards de dollars aux industries actives dans le pays, selon l’Association.

Elle subordonne la réalisation d’éventuels futurs investissements à la mise en place d’une régulation claire relative aux voies de recouvrement de leurs investissements par les raffineries. Une option que n’envisagent pas les environnementalistes.

« Pourquoi les consommateurs devraient-ils payer plus cher pour une énergie propre alors que les raffineries ont réalisé d’énormes profits et que les personnes vivant près des usines ont contracté l’asthme, le cancer et la leucémie ? », a réagi Desmond D’Sa, coordinateur de l’Alliance de la communauté environnement de Durban Sud. Rappelons que Durban est le hub de l’industrie pétrochimique en Afrique du Sud.

Ces déclarations de la SAPIA interviennent au moment où l’ensemble des institutions financières internationales plaident en faveur d’une reprise économique plus verte et plus juste. De nombreuses majors se sont lancées dans la diversification de leurs portefeuilles en prévision de la transition énergétique à venir.

Autant de facteurs qui laissent penser que ces investissements sont inéluctables, surtout si l’industrie ne veut pas payer le prix fort à la taxe carbone en vigueur dans le pays.

Moctar FICOU / VivAfrik

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