Conservation des forêts et changement climatique : le traité sur la charte de l’énergie à la Une

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Traité sur la Charte de l’énergie : un piège pour de nombreux pays luttant contre le changement climatique, pointe hier Lactuacho.com

« C’est scandaleux », s’indigne des membres d’Avaaz, repris par le site d’information Lactuacho.com — Alors que de nombreux pays agissent enfin pour contrer le changement climatique et protéger la planète, les géants du charbon et du pétrole poursuivent les gouvernements et leur réclament des milliards. Tout cela à cause d’un traité international contraignant dont presque personne n’a entendu parler : le traité sur la Charte de l’énergie. Il a été conçu pour encourager les fournisseurs d’énergie à investir dans les économies en développement, mais il est maintenant utilisé pour poursuivre les pays lorsqu’ils tentent de fermer des centrales à charbon et des forages pétroliers dangereux. Cela paralyse notre transition vers une énergie 100% propre. Ces entreprises ont déjà engrangé près de 50 milliards d’euros sur le dos de la population — et de plus en plus de pays sont pris au piège, comme au Maghreb et en Afrique subsaharienne où des pays comme le Tchad, le Niger, le Burundi et le Sénégal sont en train à rejoindre le traité. Mais nous avons enfin un plan pour nous en débarrasser ! L’Italie s’est déjà retirée du traité, et maintenant la France (rien de moins que 4 ministres !), l’Espagne et d’autres appellent à le quitter. Si nous sommes plus d’un million à signer, nous pourrons publiquement soutenir leur révolte lors de négociations cruciales mardi. Et nous assurer que plus aucun pays ne soit poursuivi pour avoir agi contre le changement climatique, avertit le site. Terrible traité est en contradiction totale avec l’Accord de Paris sur le climat. Il punit les gouvernements pour avoir abandonné les énergies fossiles. Prenez l’Italie : lorsqu’elle a interdit le forage pétrolier au large de ses côtes, une société britannique a poursuivi le gouvernement italien pour près de 300 millions d’euros — neuf fois plus que ce qu’elle avait investi. Cet argent précieux issu de nos impôts aurait pu être consacré aux énergies renouvelables, aux écoles ou aux hôpitaux. Où que vous soyez le Traité vous affecte, dénonce Lactuacho.com. Pour lutter contre le changement climatique, une transition planétaire vers les énergies vertes est nécessaire. Si certains pays sont bloqués, c’est tout l’effort mondial qui s’en trouve saboté. Les experts de pays clés nous disent qu’un soutien public massif pourrait faire pencher la balance à la veille d’une réunion déterminante dans quelques jours, et amener un nombre critique de pays à se retirer du traité. « Soyons au rendez-vous. Signez et Avaaz portera notre message directement aux dirigeants clés et le publiera dans l’un des principaux médias européens. Le changement climatique est le combat de nos vies. Notre élan est si fort que notre mouvement vise à démanteler un à un les systèmes qui poussent notre planète au bord du gouffre. Les actions que nous entreprenons impacteront les générations à venir. Pour nos enfants, pour les forêts, pour les océans et pour tout ce qui nous est cher, nous ne pouvons pas baisser les bras, et nous ne le ferons pas », invite l’équipe d’Avaaz.

Le Sénégal :  neuf nouvelles forêts classées 

Le chef de l’Etat, Macky Sall, a procédé au classement de neuf nouvelles forêts communautaires situées dans les régions de Kolda, Sédhiou (sud), Tambacounda (est) et Matam (nord-est) et d’une superficie totale de 84.726 hectares, a indiqué, lundi, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, selon APS. « Pour la première fois dans l’histoire du Sénégal indépendant, des forêts sont classées pour symboliser la détermination du président de la République à lutter contre les aléas climatiques et engager la reforestation et l’amélioration des systèmes de production et du cadre de vie des populations », a-t-il déclaré, lors d’un point de presse. APS fait savoir que le ministre signale que le président Sall a « procédé à la signature de neufs décrets de classement de forêts situées dans quatre régions, sept départements et treize communes ». Ces forêts font une superficie totale de 84.726 hectares. Dans la région de Kolda (sud), la mesure concerne quatre forêts situées à Saré-Lally (à cheval entre les départements de Kolda et Vélingara), Médina Salam Dinga (département de Médina Yoro Foulah), Boumoune-Samaye et Saré-Bandé (département Vélingara) pour respectivement 2.334, 7.073, 5.152 et 3.767 hectares. En outre, dans la région de Matam, ce sont deux forêts situées dans les localités de Fété Kodioly et Ndiot (département de Kanel) et ayant respectivement des superficies de 13.000 et 12.000 hectares qui sont concernées. Ensuite, à Tambacounda, ‘’deux forêts à Dialacoto (département Tambacounda) et Sanding Counda (département Bakel) pour respectivement 27.000 et 2.000 hectares’’ ont été classées. Enfin, pour la région de Sédhiou, c’est la forêt de Badimbour (département Bounkiling) d’une superficie de 12 400 hectares qui a été choisie. « L’objectif poursuivi est la conservation de la biodiversité et des moyens d’existence durable des populations. Ces forêts classées contribueront à inverser la dégradation des terres et à lutter contre le changement climatique à travers l’atténuation de ses effets et la séquestration de carbone », estime Abdou Karim Sall. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable relève que cette mesure « est une première au Sénégal depuis 52 ans ». « En effet, le classement comme moyen de conservation de la biodiversité, n’avait plus été engagé au Sénégal depuis la fin des années 60. Pour rappel, les premières opérations de classement de forêt dans le pays remontent à 1930 », a-t-il fait savoir. « Après l’indépendance du Sénégal en 1960, les autorités d’alors ont procédé, huit années après (en 1968), au classement de cinq nouvelles forêts, portant à 168 le nombre de forêts classées. Avec cette décision du Chef de l’Etat, le nombre de forêts classées dans notre pays passe ainsi de 168 à 177, compte non tenu des réserves », a-t-il précisé.

Interdictions des sacs en plastique non biodégradable dès ce lundi, titre hier L’Express.mu, à sa Une

Lundi 1er mars, tous les sacs en plastique « roll-on », les sacs qui servent à acheter des produits duty-free notamment ne devront plus être en circulation. Selon les Environment Protection (Banning of Plastic Bags) Regulations 2020, toute personne qui a en sa possession (pour la vente, la distribution, l’importation, l’exportation et la production) du plastique non biodégradable sera passible de poursuites, apprend lexpress.mu. Cependant, à l’exception des sachets pour la nourriture, tous les produits en plastique non biodégradable, seront interdits au public et dans les commerces. Selon le ministère, il y a des exemptions sur le plastique utilisé en quarantaine et pour les déchets médicaux ; les sacs utilisés dans le secteur agricole ; le plastique utilisé dans le domaine médical, les laboratoires et tous les autres emballages de produits de consommation en vente sur le marché local et pour l’exportation ; les sacs scellés transparents réutilisables avec un tampon de sécurité utilisés par les passagers pour transporter des liquides, aérosols ou gels à bord de l’avion.  Le site rappelle que tous les sacs en plastique non biodégradables dépassant 50cm2 doivent indiquer sous quelle section ce type de sacs est exempté avec les coordonnés de l’importateur et du producteur. En effet, si c’est un sac biodégradable et compostable, les détails, dont l’utilisation et autres renseignements, doivent également être indiqués. Aussi, ces sacs doivent avoir un labelling spécifique pour leur utilisation. Les sacs de moins de 50cm2 ne sont pas soumis à la labélisation de leur utilisation ainsi que les emballages pour des produits tels que biscuits, céréales, vêtements, produits électroniques et médicaux. Ainsi, pour les sachets en plastique non biodégradable utilisés pour la nourriture bénéficient d’un moratoire de presque 18 mois, soit jusqu’au 31 août 2022, selon le site. D’ailleurs, précise le site, tous les sacs biodégradables et compostables ne doivent pas être à base de pétrole et de produits dérivants pour éliminer le stock existant. Les importateurs et producteurs doivent respecter la loi sur les sacs en plastique biodégradable. Par ailleurs, les exportateurs de produits non biodégradables pour l’emballage non encore enregistrés doivent le faire au plus vite. L’importateur doit lui avoir l’aval du ministère avant de passer ses commandes de produits biodégradables dans un délai de 30 jours. Quant aux pénalités, explique lexpress.mu pour la possession de sacs bannis, une personne est passible d’une amende de Rs 2 000. Pour la vente et la distribution, l’amende est de Rs 20 000 et pour la production, l’importation et l’exportation de sacs non biodégradables, l’amende est de Rs 100 000. Ceux qui importent ou produisent des sacs en plastique biodégradable non conformes à la loi sont aussi passibles d’une amende de Rs 100 000. Enfin, de plus, tous les sacs en plastique pas conforme à la nouvelle loi sur l’interdiction du plastique seront collectés par les administrations régionales pour être détruits.

Kenya : des semences d’acacia pour régénérer les forêts ravagées

Au Kenya, le groupe de conservation du Mara Elephant Project redonne vie aux forêts défrichées grâce à des petites boules de semences, annonce hier Africanews. Dans une tranche de forêt rasée par des bûcherons, qui borde la réserve naturelle du Masai Mara, une équipe de Rangers disperse de généreuses poignées de ces bombes de graines d’acacia dans la clairière, pour donner à la nature une chance de se régénérer. « Nous les jetons là où nous voyons qu’il y a beaucoup de destruction, de sorte que nous nous attendons à ce qu’une autre nouvelle forêt repousse. Nous avons besoin de la forêt pour que les éléphants qui sont ici puissent réellement obtenir de la nourriture et un habitat », raconte Jackson Maitai, du Mara Elephant Project.  La forêt de Nyakweri, par exemple, a perdu plus de 50 % de sa couverture forestière au cours des deux dernières décennies, ce qui a réduit les habitats clés pour les animaux sauvages. Même si les forêts ne couvrent que 7% de la masse terrestre du Kenya, elles servent également de réserves d’eau et de puissant rempart contre le changement climatique et la désertification. « Lorsque l’on jette des graines nues dans la nature, elles sont mangées par des souris, des oiseaux et des insectes. Nous les protégeons donc dans la poussière de charbon de bois, pour pouvoir les jeter toute l’année sans avoir à attendre la saison des pluies. Grâce à leur petite couche protectrice les graines tiennent jusqu’à ce que la pluie les lave de la poussière, et qu’elles reviennent à leur état naturel avant de commencer à pousser », déclare Teddy Kinyanjui, co-fondateur de Seedballs Kenya. Ces simples boules de semence s’attaquent à un problème vieux de cent ans au Kenya. Les arbres ont été abattus en masse par les administrateurs coloniaux pour alimenter un train à travers l’Afrique de l’Est, tandis que les terres sont aujourd’hui défrichées pour l’agriculture et la production de charbon de bois, à mesure que la population du Kenya augmente et s’étend. Les forêts qui bordent le Masai Mara, le légendaire refuge pour la faune et la flore sauvage et la savane du sud-ouest du pays, ne font pas exception à la règle. Elles ont été défrichées pour les pâturages, les cultures et le charbon de bois, un combustible bon marché.

Maïmouna Diop (Stagiaire/VivAfrik)

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