Afrique : l’entrepreneuriat à l’heure du développement durable et de la protection de l’environnement

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TexFad : Un entrepreneur ougandais recycle les tiges de banane en fibres textiles, à la Une de Neozone

L’Ouganda est le premier producteur de banane d’Afrique de l’Est, pourtant les tiges sont jetées. C’est pourquoi Muturi Kimani a décidé de les transformer en fibres textiles et compte en faire un poumon économique dans son pays. Selon Muturi Kimani, « Tout est bon dans le cochon » ! Mais si l’on en croit cet ougandais, le dicton pourrait être transposé à la banane ! Alors que la plupart du temps, les tiges de bananes sont jetées et non utilisées, Muturi Kimani, à la tête de TexFad trouve un moyen de les recycler. En effet, il utilise la tige de banane pour en faire des fibres textiles. Ce matériau textile sert ensuite à fabriquer des accessoires de mode ou de la décoration intérieure. A la tête de son entreprise, Muturi Kimani propose également aux femmes et jeunes filles des formations professionnelles. Une belle idée pour l’environnement et pour l’emploi, informe Neozone. Plutôt que de jeter, cet homme, passionné depuis toujours par le tissage, a eu l’idée de récupérer les tiges de banane pour en faire du textile. Grâce à cette partie de la banane, il parvient à créer du tissu, générer des revenus et des emplois. Neozone ajoute que TexFad se situe dans la capitale ougandaise, Kampala, dans laquelle le chef d’entreprise a installé des machines d’extraction. Les fibres sèchent ensuite au soleil puis servent à fabriquer divers accessoires comme des sets de table ou des paniers. Mais ce n’est pas tout ! Les résidus de la tige de banane sont transformés en briquettes de combustible ! L’Ouganda étant le premier producteur de bananes en Afrique de l’Est, la matière première ne manque pas. C’est aussi l’un des aliments de base des ougandais. D’ailleurs TexFad rachète les tiges de banane aux producteurs locaux, ce qui permet aussi à ces agriculteurs d’en tirer quelques revenues. Pour le moment, le seul ralentissement au développement de cette économie circulaire se trouve dans le coût des machines d’extraction. Si, actuellement TexFad embauche seulement 23 personnes, le chef d’entreprise espère faire de son invention, un centre névralgique en Ouganda. Et exporter ses accessoires en tiges de banane dans le monde entier !

 La ferme d’Ecodudu : produira bientôt des fruits, des engrais et… des insectes

La start-up kenyane Ecodudu vient de lancer la construction d’une ferme à 75 km de Nairobi, la capitale du Kenya. Les déchets de cette exploitation fruitière seront valorisés en engrais organique dans un processus permettant aussi la production d’insectes destinés à la fabrication d’aliments pour l’élevage, d’après Afrik 21. Ecodudu étend ses activités au Kenya. La start-up lance la construction d’une ferme fruitière à 75 km de Nairobi, la capitale du Kenya. Elle occupera une superficie de plus de 202 hectares et produira des fruits comme les mangues et les avocats. Le but de ce projet est non seulement de fournir des fruits au marché kenyan, mais surtout de valoriser les déchets issus de l’exploitation de cette large parcelle, détaille Afrik 21. La start-up Ecodudu a développé un procédé pour produire des aliments destinés à l’aquaculture et à la nutrition de nombreuses autres espèces d’animaux. La jeune entreprise produit aussi des engrais organiques nutritifs pour le sol. Afin de produire ses aliments, l’équipe d’Ecodudu exploite les agents de recyclage de la nature, notamment les insectes. Elle choisit les larves de mouches, car celles-ci produiraient des protéines durables et hautement nutritives. Au terme de ce processus, les déchets sont transformés en engrais organique appelé « Shamba Mix ». Tandis que les larves de mouche, très riches en protéine, sont récupérées pour la fabrication des aliments pour les animaux d’élevage. Selon Adan Mohammed, le directeur général d’Ecodudu, le projet de construction d’une ferme fruitière s’inscrit en droite ligne de la politique de développement de la jeune entreprise. « La ferme est constamment à la recherche de nouvelles sources d’engrais organiques tout en cherchant des solutions de gestion pour sa quantité toujours croissante de déchets organiques produits sur place », explique Adan Mohammed. La ferme, qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année 2021, disposera d’un centre sur plus de 3 hectares pour l’élevage des mouches du soldat noir sur les déchets de fruits. Les larves de mouches serviront à fabriquer le produit phare de la start-up, le Dudu Meal, un aliment pour animaux à base d’insectes. Ecodudu y produira également son engrais organique, le Shamba Mix. Afrik 21 fait remarquer qu’au moins 16 800 tonnes de déchets organiques seront ainsi valorisées chaque année. Une partie de l’engrais sera utilisé pour la fertilisation des arbres fruitiers de l’exploitation agricole qui fourniront des déchets pour la production de larves de mouche et de fertilisants agricoles. L’entreprise inscrit ainsi son procédé dans une démarche d’économie circulaire. Ecodudu a pu étendre ses activités en partie grâce aux investissements de plusieurs partenaires, notamment la société d’investissement allemande GreenTec Capital Partners et ShEquity, un investisseur qui promeut l’entrepreneuriat féminin en Afrique.

Une start-up kényane conçoit des capsules à graines contre la déforestation, titre Agence Ecofin

Selon Agence Ecofin, le taux de couverture forestière du Kenya diminue en raison de la population grandissante et de l’expansion industrielle. Pour le reboisement, la start-up Seedballs propose des semences enrobées dans une protection de déchets de charbon, déversées en grande quantité dans les zones les plus touchées. La start-up Seedballs a introduit une méthode de production de semences pour faire repousser arbres et espèces d’herbe au Kenya et en Afrique. Plus connues sous l’appellation « bombes à graines », explique le site d’information, ce sont des graines à l’intérieur de boules de poussière de charbon mélangée à des éléments nutritifs. Ces semences sont déversées par hélico au-dessus de surfaces dépourvues d’arbres, telles que les clairières, les savanes, les steppes ainsi que les territoires dégradés par la déforestation illégale. Elles sont peu coûteuses et peuvent facilement être dispersées sur de vastes zones souvent difficiles d’accès. La poudre de charbon de bois qui protège les graines est récupérée sur un site de vente de charbon dans la capitale Nairobi. Agence Ecofin rappelle que Seedballs Kenya est née d’une collaboration entre 2 entreprises locales, Chardust et Cookswell Jikos. Leurs fondateurs respectifs, Elsen Karstad et Teddy Kinyanjui (photo), ont voulu réduire le coût du reboisement des terres arides. L’expérience d’Elsen dans la fabrication de briquettes de combustibles à partir de résidus de charbon de bois, a permis à Seedballs de lancer ses activités. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour l’environnement, le taux de couverture forestière du Kenya est passé de 10 % en 1963 à environ 2,5 % de nos jours. La population grandissante et les activités industrielles et agricoles sont à l’origine de la dégradation des terres et de la déforestation. Agence Ecofin souligne qu’à Nairobi, 750 000 kg de charbon de bois sont consommés chaque jour d’après les données de Seedballs. De cette quantité, 15 % sont des poussières, des copeaux et des déchets industriels de charbon. Ces déchets sont récupérés par Seedballs pour faire les boules de semence. En plus de réduire les coûts de plantation des diverses espèces végétales, Seedballs protège aussi les graines contre les menaces extérieures. Le revêtement de charbon aide à protéger la graine des prédateurs tels que les oiseaux, les rongeurs et les insectes, ainsi que des températures extrêmes jusqu’à l’arrivée des pluies.

« Grâce à leur petite couche protectrice, les graines tiennent jusqu’à ce que la pluie les lave de la poussière, et qu’elles reviennent à leur état naturel avant de commencer à pousser », déclare Teddy Kinyanjui. L’utilisation des boules de semences présente toutefois quelques inconvénients, notamment l’interférence avec des cultures vivrières dans les champs, qui pourrait représenter un potentiel problème d’après Seedballs. Par ailleurs, les graines pourraient ne pas germer si elles sont répandues sur des terrains inadéquats. « S’il n’y a pas assez d’eau, de lumière et de terre pour que les plantes puissent s’ancrer, elles finiront très probablement par mourir », peut-on lire sur le site. Seedballs est déjà intervenue dans plusieurs projets de reforestation, dont celui de la réserve animalière du Massaï Mara dans le sud-ouest du Kenya, avec 22 000 bombes à graines d’acacia déversées. Depuis sa création en 2016, plus de 13 millions de boules de semences ont été distribuées. À long terme, cette initiative permettra de restaurer la couverture forestière nationale. Pour y arriver, les promoteurs ambitionnent le développement de nouvelles variétés de semences enrobées.

Dégradation de l’environnement : la SUCOCOMA contrainte de réparer les dégâts

Les activités de la Sucrerie Complant ayant de mauvais impacts sur les activités des petits pêcheurs, elle devra faire face à ses obligations environnementales légales. Les déversements des eaux usées du complexe sucrier de SUCOCOMA (Sucrerie Complant Côte Ouest de Madagascar) Ambilobe impactent dangereusement les communautés de pêcheurs vivant aux alentours. Les risques de contamination de l’écosystème marin dans les alentours des zones sensibles, de nurseries et des zones de pêches artisanales sont pointés du doigt par les organisations de la Société civile. Les contaminations des eaux destinées à la consommation humaine des zones d’habitation environnantes, et des eaux de surface et de nappe phréatique sont inquiétantes, pointe L’Express de Madagascar. Selon ce site, les pêcheurs traditionnels sont les plus exposés aux divers risques. Alors que la pêche traditionnelle mobilise plus de cent mille petits pêcheurs et génère jusqu’à 60% de la production du secteur pêche. En dépit des actions de plaidoyer et diverses tentatives de dialogues, aucune mesure concrète n’a été jusqu’à présent prise. La Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental (CNPE) a organisé hier une table ronde afin de discuter et trouver les voies et moyens pour dénouer le problème. Plusieurs hauts responsables de différents ministères ont participé à la discussion aux côtés des représentants de la Société civile. Baomiavotse Vahinala Raharinirina, ministre de l’Environnement et du développement durable (MEDD) a souligné la nécessité de l’harmonisation des secteurs industrie et pêche tout en tenant compte de l’environnement et des droits humains. Le DG de la société sucrière SUCOCOMA n’a pas été présent malgré les sollicitations face à l’urgence du cas. « Il a été décidé de commun accord entre les participants de rappeler à la Société SUCOCOMA ses obligations légales et contractuelles en matière de protection de l’environnement tout au long du cycle d’exploitation de la filière sucrière », fait savoir la Coalition nationale de plaidoyer environnemental, (CNPE) organisatrice de la table ronde. Il a été évoqué de contraindre la SUCOCOMA à réparer les dégâts, et à se conformer aux obligations environnementales réglementaires et contractuelles. Le rôle crucial des autorités compétentes durant tout le cycle d’exploitation du complexe sucrier a été également soulevé. Si des responsabilités ne sont pas prises, le cas sera remis entre les mains du gouvernement.

Maïmouna Diop (Stagiaire / VIVAFRIK)

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