Les effets du changement climatique dans le secteur agricole en Afrique

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Accord Nigeria – Maroc :  pour un complexe industriel d’engrais de $ 1,3 Md 

Mercredi dernier le président Muhammadu Buhari à Abuja affirmait, « le Nigeria deviendra une puissance régionale et mondiale des engrais », et il semble en bonne voie de réaliser cette prédiction… En effet, le Président vient d’annoncer la création d’une nouvelle plate-forme de produits chimique d’une valeur de $ 1,3 milliard destinée à produire de l’ammoniac et des engrais au Nigeria, en partenariat avec le Maroc, deuxième producteur de phosphate au monde, souligne Premium Times Nigeria, rapporté par CommodAfrica.L’idée du projet remonte à 2018 mais c’est début mars de cette année qu’un accord d’entreprise conjointe a été signé entre l’Office chérifien des phosphates (OCP), the Fertilizer Producers et Suppliers Association of Nigeria (FEPSAN) et la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA). Un accord cadre a aussi été signé entre OCP Africa, Mobil Producing Nigeria (MPN), NNPC, Gas Aggregation Company Nigeria (GACN) et NSIA pour approvisionner la platefrem industrielel en gaz. « La nouvelle usine, une fois achevée, compléterait les installations existantes de Dangote et d’Indorama Chemicals qui produisent de l’urée, de l’ammoniac et d’autres matières premières industrielles », rapporte notre confrère. Plus précisément, l’usine produira de l’ammoniac, de l’acide phosphorique, de l’acide sulfurique et divers azote, phosphore et potassium (NPK), ainsi que des engrais au phosphate de diammonium (DAP). La même source précise que le président Buhari souligne que la plate-forme sera prête « dans les mois à venir » -sans indiquer le lieu- en partenariat avec le Maroc qui approvisionne la fédération en phosphate depuis plusieurs années. Ainsi, le Nigéria souhaite prolonger l’accord déjà existant avec le Maroc dans le but de sécuriser l’approvisionnement en matière première dans le cadre d’un accord gagnant-gagnant qui améliorera les balances commerciales des deux pays. Ainsi, la collaboration entre le Maroc et le Nigeria remonte à décembre 2016 lorsque le phosphate marocain et le gaz nigérian se sont alliés pour la première fois pour créer des engrais (Lire : Alliance entre le marocain OCP et le nigérian Dangote dans les engrais). A cette époque, en 2016, le Nigeria disposait de trois usines de mélanges qui fonctionnait à 40 % ; aujourd’hui, il en compte 44 qui fonctionnent à pleine capacité. Les progrès du Nigeria en la matière depuis cinq ans sont vertigineux, et avec le prolongement de l’accord déjà existant avec le Maroc, tout porte à croire que cette collaboration perdure dans le temps face aux rivaux.

 Agriculture maroc : de bonnes performances pour les exportations de Fruits et légumes frais, rassure LeVert.ma

LeVert.ma annonce que le secteur des exportations des fruits et légumes frais enregistre de bonnes performances durant la campagne agricole 2020-2021, a assuré, vendredi, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des eaux et forêts. Ainsi, le volume des exportations des agrumes durant cette campagne, du 1er septembre 2020 au 21 mars 2021, a enregistré une croissance de l’ordre de 9% par rapport à la même période de la saison 2019-2020, précise-t-on dans un communiqué sanctionnant les travaux d’une réunion de suivi tenue par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des eaux et forêts avec les hauts responsables centraux et régionaux sur l’état d’avancement de la campagne agricole actuelle. Selon LeVert.ma, si on ne prend pas en compte le volume de la Maroc Late, exporté en hors saison durant la campagne précédente, le taux de croissance des exportations des agrumes durant cette campagne sera de l’ordre de 16%, selon les données arrêtées au 21 mars pour les deux campagnes ». Par ailleurs, durant cette campagne, les exportations des produits maraîchers ont enregistré au 21 mars courant, une hausse en volume de l’ordre de 3% en comparaison avec la même période de la campagne précédente.

Changement climatique : les agricultures africaines face au défi de la sécurité alimentaire

L’ONU explique que le développement agricole et les systèmes alimentaires des pays d’Afrique subsaharienne seront inexorablement confrontés à des défis considérables dans les décennies à venir. Alors que la population mondiale devrait passer de 7,7 à 9,7 milliards en 2050, plus de la moitié de la croissance démographique planétaire d’ici à 2050 devrait se produire en Afrique, lit-on dans les colonnes the conversation. Face à cette pression, le développement agricole fait déjà face à d’immenses défis, et l’on craint que les changements climatiques ne les aggravent dans les zones vulnérables. Une majorité de la population d’Afrique subsaharienne vit en effet dans des régions rurales, où les revenus et l’emploi dépendent presque entièrement de l’agriculture pluviale. Le secteur agricole emploie entre 65 et 70 % de la main-d’œuvre africaine et représente généralement 30 à 40 % du produit intérieur brut. De multiples facteurs biophysiques, politiques et socio-économiques se conjuguent pour accroître la vulnérabilité de cette région et risquent d’entraver sa capacité d’adaptation. The conversation rappelle que le climat africain est déterminé par trois phénomènes climatiques critiques qui sont liés entre eux de manière complexe et qui ne sont pas encore entièrement compris. Il s’agit du mouvement de la zone de convergence intertropicale, de l’oscillation australe El Niño et de l’alternance annuelle des moussons. Chacun de ces phénomènes interagit avec l’autre, déterminant les régimes régionaux de température et de précipitations. À cela s’ajoutent les changements climatiques en cours, qui ont des répercussions sur les précipitations et l’élévation du niveau de la mer, et entraînent une augmentation modérée à extrême de la température mondiale. Au-delà des hausses de température, les changements climatiques en Afrique subsaharienne devraient entraîner des transformations dans l’intensité des précipitations, une incidence accrue des événements extrêmes tels que les sécheresses et les inondations, le renforcement de la désertification et l’altération de certains vecteurs de maladies entraînant des transformations dans la transmission spatiale et temporelle des maladies infectieuses. Ainsi, L’un des plus grands défis auxquels nos sociétés sont actuellement confrontées est de fournir en permanence à tous les citoyens des aliments nutritifs tout en préservant l’environnement. Ce problème se pose avec une acuité particulière en Afrique subsaharienne, où l’on estime qu’une personne sur quatre ne dispose toujours pas d’une alimentation suffisante pour mener une vie saine et active. En effet, le terme « sécurité alimentaire » est défini comme l’accès physique, social et économique de tous et à tout moment à une nourriture à même de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. Elle repose sur quatre piliers : la disponibilité alimentaire, l’accès à la nourriture, l’utilisation de la nourriture et la stabilité de la disponibilité alimentaire et de l’accès aux aliments. L’insécurité alimentaire quant à elle correspond à un manque d’accès à une nourriture suffisante. En dépit d’une incertitude sur les données climatiques, la littérature publiée permet de tirer plusieurs points saillants : partout en Afrique, l’agriculture risque d’être affectée négativement par les changements climatiques ; et dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, le rendement des cultures pourrait diminuer de 10 à 20 % d’ici à 2050 en raison du réchauffement. The conversation explique que dans le cas du blé, ce rendement moyen pourrait baisser d’ici au milieu du siècle de 17 %, celui du maïs de 5 %, celui du sorgho de 15 % et celui du millet de 10 %. Même sans les changements climatiques, les agricultures africaines suscitent déjà de graves inquiétudes en raison de la variabilité de l’approvisionnement en eau, de la dégradation des sols et des sécheresses récurrentes. Il ne fait aucun doute que l’agriculture devra changer radicalement pour répondre aux demandes futures. D’autant plus si l’on tient compte des taux de croissance démographique – les plus élevés au monde – et des modifications des habitudes alimentaires liées à l’urbanisation et à l’essor de la classe moyenne africaine. Pour le site, le défi consiste non seulement à augmenter la production alimentaire, mais aussi à le faire de manière durable, en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre et en préservant la biodiversité. En effet, la quantité de nourriture disponible pour la consommation humaine est affectée par l’attribution des cultures à d’autres utilisations non alimentaires, telles que l’alimentation animale, la bioénergie et les utilisations industrielles. Au niveau mondial, seulement 67 % de la récolte produite (en masse) ou 55 % des calories produites sont disponibles pour la consommation humaine directe. Le reste de la récolte a été allouée à l’alimentation animale (24 % en masse) et à d’autres utilisations industrielles, y compris la bioénergie (9 % en masse). Dans les pays riches, de nombreuses personnes consomment davantage de produits d’origine animale que ce qui est recommandé sur le plan nutritionnel : c’est le cas du modèle alimentaire très carné nord-américain ou argentin. Or nous avons besoin de toute urgence de nouvelles alternatives pour relever les défis actuels et futurs auxquels sont confrontés nos systèmes alimentaires. Des réformes seront donc nécessaires, notamment l’évolution vers des régimes moins carnés, ce qui pourrait augmenter la productivité alimentaire des terres cultivées et nourrir plus de personnes par hectare de terre cultivée. Il est impératif de concevoir des systèmes agricoles résistants face à des chocs de plus en plus fréquents et capables de s’adapter aux nouvelles conditions imposées par ces changements. Dans ce contexte, l’agroécologie – qui vise à concevoir des systèmes alimentaires impliquant moins de pressions sur l’environnement et un usage plus modéré des ressources naturelles – sera indispensable pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ; en rétablissant et en maintenant les écosystèmes, en offrant des moyens de subsistance durables aux petits exploitants et en renforçant la résilience pour s’adapter aux changements climatiques.

Afrique de l’Ouest : construire des systèmes agroalimentaires résilients

Le Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et 15 Représentations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Afrique de l’Ouest se réuniront pour la toute première session virtuelle de leur réunion d’équipe multidisciplinaire, ce lundi 22 mars, parue sur Maghreb Online. La Représentation de la FAO en Côte d’Ivoire, en partenariat avec le ministère ivoirien de l’Agriculture et du Développement rural, accueillera cet événement annuel qui aura pour thème « Systèmes agroalimentaires résilients et mieux reconstruire ». Pendant trois jours, les Représentations de la FAO se joindront aux organisations d’intégration économique sous-régionales et aux partenaires du développement pour tracer la voie à suivre pour sortir de la détérioration actuelle de la situation de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel. La 12ème réunion de l’équipe multidisciplinaire pour l’Afrique de l’Ouest se penchera également sur les impacts du COVID-19 sur la sécurité alimentaire et la nutrition, et sur les moyens de construire des systèmes alimentaires plus résilients. Selon Maghreb Online, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont une région où les défis et les opportunités sont constamment renouvelés. En 2020, la sous-région compte près de 410 millions d’habitants, avec un âge médian de 18 ans. Les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, les inondations et les sécheresses, la dégradation des sols, le chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes, et les personnes handicapées, les maladies transfrontalières et les criquets continuent d’entraver les efforts des gouvernements pour atteindre leurs objectifs de développement, notamment les engagements à faire progresser le programme de développement durable 2030 et à « ne laisser personne de côté ». L’Afrique de l’Ouest et le Sahel constituent une région où les défis et les opportunités sont constamment renouvelés. En 2020, la sous-région comptait près de 410 millions d’habitants, avec un âge médian de 18 ans. Les conflits, le changement climatique, la rareté de l’eau, les inondations et les sécheresses, la dégradation des sols, le chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes, et les personnes handicapées, les maladies et les parasites transfrontaliers ne cessent d’augmenter. Entraver les efforts déployés par les gouvernements pour atteindre leurs objectifs de développement, y compris les engagements à faire progresser le programme de développement durable de 2030 et à ne laisser personne de côté. La réunion comportera deux volets principaux : le premier, une rétrospective, portera sur les réalisations et les défis de 2020 ; le second volet, une vision prospective, se penchera sur la planification et les questions émergentes pour 2021.

Maïmouna Diop (Stagiaire/ VivAfrik)

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