La Mauritanie et le Sénégal convergent sur plusieurs points sur le Projet Grand Tortue Ahmeyim

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Bonne nouvelle pour les acteurs pétro-gaziers du Sénégal et de la Mauritanie. En effet, les deux pays ouest-africains ont signé des accords relatifs au développement du projet Grand Tortue-Ahmeyim (GTA) lors d’une rencontre de travail interministériel. L’objectif est d’accélérer les travaux de sa mise en œuvre. Ce projet gazier tient à cœur ces Etats est à 65% de réalisation. Il s’avère que la session du Comité stratégique de ce projet co-présidée à Nouakchott par les ministres en charge du Pétrole des deux pays, Aïssatou Sophie Gladima (Sénégal) et Abdessalem Ould Mohamed Saleh (Mauritanie) a abouti à une convergence de vue entre les deux pays.                       

Dans le détail, le Sénégal et la Mauritanie ont convenu de renforcer leur convergence de vue sur le projet d’exploitation du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) situé aux larges des deux pays.  

C’est ce qui ressort de la 6ème réunion de la commission consultative consacrée au développement du projet GTA, au cours de laquelle les experts des deux pays avaient discuté sur six points majeurs inscrits à l’ordre du jour.

Selon un communiqué, l’Ambassadeur du Sénégal en Mauritanie et des représentants des compagnies partenaires du projet à savoir BP, Kosmos et les deux sociétés nationales SMHPM et PETROSEN, ont pris part à cette réunion.

Le document souligne qu’en ouvrant les travaux, le ministre mauritanien du Pétrole, des Mines et de l’Énergie s’est félicité du travail accompli par les experts pour assurer la sauvegarde des intérêts des deux pays autour du projet.

« Il faut se féliciter de l’accord de sécurité que nos deux marines nationales ont noué, avec Bp. C’est un accord extrêmement important qui va leur permettre d’assurer de manière exclusive la sécurité des installations en haute mer », s’est félicté Abdessalem Ould Mouhamed Saleh, ministre mauritanien du pétrole, des énergies et des mines.

M. Saleh qui cite le communiqué ajoute : « je me félicite de la qualité de la coordination et de la grande symbiose qui existent entre nos deux pays, qui nous ont permis de défendre les intérêts face aux difficultés actuelles dans le secteur du pétrole et du gaz à travers le monde, avec les dimensions d’incertitudes qui existent dans ce marché ». Il a rappelé la nécessité pour les deux pays de voir la phase 1 du projet GTA « menée à bon port le plutôt possible », mais également « l’urgence de démarrer dès maintenant les discussions sur la phase 2 du projet, qui va concrétiser les bénéfices que nous pouvons tirer de ces investissements ».

De son côté, la ministre sénégalaise du Pétrole et des Énergies, Aïssatou Sophie Gladima a déclaré que « la question du contenu local » tient particulièrement à cœur les autorités des deux pays.
« Nous devons travailler ensemble, main dans la main, pour amener nos partenaires à appliquer les principes que nous voulons mettre en place, pour permettre à nos secteurs privés nationaux et à nos populations, de tirer le meilleur profit de ce projet », a dit Sophie Gladima.

Poursuivant son speech, elle a renchéri : « nous avons besoin d’harmoniser tout le temps nos points de vue, pour discuter d’une seule voix face à l’opérateur, pour faire profiter à nos populations les retombées de l’exploitation de ce gaz ».

« Au lieu que ces ressources naturelles soient sources de conflit, elles doivent être sources de bonheur pour les populations. C’est le sens de tout le travail que les experts ont eu à faire depuis deux jours pour nous présenter ce rapport avec lequel nous somme d’accord sur certains points. D’autres points devraient être continués à discuter », a ajouté Aïssatou Sophie Gladima.

La Commission consultative a été créée par l’Accord de Coopération inter-Etats pour le développement et l’exploitation de la zone intitulée GTA, signé le 9 février 2018 entre le Sénégal et la Mauritanie. Elle a pour mission de faciliter la mise en œuvre et le suivi de cet Accord. Lors de cette sixième session, la Commission consultative du projet GTA a passé en revue 6 points majeurs : le refinancement du FPSO, face à la crise causée par la Covid-19, la fiscalité des sous-traitants, le protocole de sécurité du projet, le contenu local, le gaz domestique et le protocole d’accord qui doit régir ladite commission.

Parmi ces points soulevés, précise le texte, un accord sur la sécurité des installations de GTA a pu être trouvé entre les deux marines nationales et l’opérateur du projet BP. Les deux marines vont assurer la sécurité du projet et l’opérateur va prendre les dispositions nécessaires pour la prise en charge de cette mission. Par rapport au gaz domestique, la Mauritanie et le Sénégal ont une convergence de vue pour mettre en place des synergies nécessaires, sur la base des besoins réels de leur marché domestique. Ils ont, à cet effet, listé un ensemble d’actions à mener pour faciliter cette coopération. Concernant le contenu local, les deux États ont demandé à l’opérateur BP de revoir ses plans, pour se conformer aux dispositions en vigueur et permettre ainsi aux privés nationaux et au personnel local de tirer le maximum des opérations. Les autres points ont fait l’objet de formulation de principes directeurs sur la base desquels les discussions vont se poursuivre, pour arriver à des accords qui n’impacteront pas les intérêts des deux pays.

Les deux opérateurs Kosmos et Bp se sont engagés à accélérer les travaux. Les premières gouttes de gaz attendues en 2023 sont sources d’espoir pour les deux Etats.

Moctar FICOU / VivAfrik

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