Le Sénégal se dote d’un cadastre pétrolier, la Mauritanie s’en inspire

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Les autorités Sénégalaises ont officialisé, mardi 18 2021, le lancement d’un cadastre pétrolier. Cette plateforme numérique permet de suivre les données des activités pétrolières et gazières du pays. La mise en place de cet outil était une recommandation de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives.

Consciente de haute portée de cet instrument, la Mauritanie souhaite s’inspirer de l’expérience du Sénégal en matière de gestion du cadastre pétrolier. Suffisant pour Abdessalem Ould Mohamed Saleh, ministre mauritanien du Pétrole, des Mines et de l’Energie de soutenir que « cette initiative, nous la suivons de près en Mauritanie. Nous souhaitons, bien sûr, apprendre de l’expérience du Sénégal ». M. Mohamed s’exprimait lors du lancement de la plateforme numérique du cadastre pétrolier sénégalais, en présence de son homologue Sophie Gladima.

Carte des blocs, liste des permis – neuf actifs à ce jour – paiements enregistrés, tout cela est accessible au grand public sur la nouvelle plateforme du cadastre pétrolier.

L’objectif affiché est d’offrir « plus de transparence », selon Sophie Gladima, ministre sénégalaise du Pétrole et des Énergies. « Ce cadastre nous permettra de démocratiser davantage l’accès à l’information dans le secteur. Pour les structures étatiques, il sera un moyen efficace pour la gestion administrative, les autorisations, le suivi des projets pétroliers et gaziers et la promotion des bassins ».

Pour les acteurs du secteur, le cadastre pétrolier devrait aussi permettre de dématérialiser les démarches et de faciliter les relations avec les ministères. Une initiative saluée par Demba Seydi, coordonnateur régional de la coalition « Publiez ce que vous payez » (PCQVP), mais qui a également avec ses limites. « Le cadastre ne reflète pas les procédures et les critères par lesquels les compagnies ont obtenu leur permis. Il n’est qu’une sorte de photographie de ce qui a été déjà décidé », déplore-t-il.

Dans une étude publiée mardi 18 mai 2021, le Natural Resource Governance Institute (NRGI) estime que « le Sénégal a commencé à mettre en place de bonne bases pour la gestion du secteur des hydrocarbures ». Mais les experts de l’organisation pointent aussi des « lacunes dans les mesures de transparence fiscale ».

Abdessalem Ould Mohamed Saleh a rappelé que les deux pays travaillent ensemble sur le pactole gazier Grand Tortue Ahmeyim. La Mauritanie va se doter d’une plateforme numérique chargée du cadastre pétrolier, selon M. Saleh. Une étude dont les résultats seront connus avant la fin de ce mois est en cours en vue de la création de ladite plateforme, a-t-il assuré.

« C’est un projet immense, qui lie deux pays frères ayant décidé de [coopérer pour] leur développement. Grâce à cette relation très forte, nous avons pu attirer les sociétés de soutien, obtenir l’engagement d’opérateurs internationaux, dont BP, un grand opérateur international, et Kosmos, pour développer ce champ commun de gaz », a expliqué M. Saleh.

Selon lui, la coopération sénégalo-mauritanienne est basée sur la « fraternité », la « solidarité » et la « paix ». « Nous allons continuer à échanger nos expériences communes. Nous allons continuer à travailler ensemble avec BP et Kosmos, pour tirer le meilleur profit du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim », a-t-il promis.

Le ministre mauritanien a salué les efforts fournis par le Sénégal pour sa « stratégie » sur le contenu local, l’intégration des entreprises et de la main-d’œuvre locales dans les activités pétrolières.

M. Saleh a invité les deux pays à se préparer à la transition énergétique, la modification des modes de production et de consommation d’énergie, en usant des ressources dont ils disposent dans les énergies renouvelables.

Rappelons que la production des premiers barils de pétrole offshore et des premiers mètres cube de gaz naturel sur un champ partagé avec la Mauritanie, devrait débuter en 2023.

Moctar FICOU / VivAfrik                       

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