Sénégal : « Le fonctionnement d’une aire marine protégée nécessite une bonne planification participative et inclusive », selon Mbaye Dione

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La création de l’Aire marine protégée (AMP) de Gorée a été officialisée par la signature du décret 2020 -1123 par le Président de la République du Sénégal, Macky Sall le 27 mai 2020. Cette AMP couvre un rayon autour de l’île, allant du Cap Manuel, jusqu’à Rufisque. La création de cette AMP permet de faire face aux impacts néfastes sur cet écosystème côtier de cette ile. « La dimension participative à la protection et à la conservation, de notre écosystème marin et la sauvegarde de la ressource halieutique dans la zone maritime insulaire jadis connu sous le nom d’aquarium, en raison de la richesse des variétés d’espèces halieutiques que l’on pouvait y voir, c’est un pas de géant dans notre processus de certification iso 12 001 en management environnemental », s’est félicité le maire l’île de Gorée, Me Augustin Senghor.

Venu prendre part à l’atelier de restitution et de validation du Plan d’aménagement et de gestion (PAG) et de mise en place des organes de gouvernance de l’AMP de Gorée, l’adjoint administratif du gouverneur de la région de Dakar a indiqué que la création de cette AMP a fait renaitre l’espoir auprès des communautés de pêcheurs de la localité en renforçant le statut de conservation de cette partie de la région de Dakar et permettre une meilleure productivité de la pêche artisanale locale. L’AMP de Gorée œuvre pour le compte de toutes les communautés riveraines des communes de Gorée à savoir Dakar Plateau, Dalifort, Rufisque, Mbao, Thiaroye sur mer et Hann Bel Air.

« Le fonctionnement d’une aire marine protégée nécessite une bonne planification participative et inclusive devant déboucher sur la production d’un plan d’aménagement et de gestion », a laissé entendre Mbaye Dione, accompagné de plusieurs autorités administratives.

De l’avis M. Dione, l’atelier de restitution et de validation du PAG constitue une opportunité pour sensibiliser tous les acteurs sur la nécessité de pérenniser cet outil de conservation de la biodiversité mis entre nos mains, et d’autre part de partager avec les personnes et les organisations, parties prenantes de cette aire marine protégée, le document de planification élaboré dans le cadre de la mise en œuvre des activités du site.

Rappelons que le Plan d’aménagement et de gestion de l’AMP de Gorée « a été élaboré ensemble avec les communautés et les structures techniques décentralisées impliquées depuis le début des activités de l’AMP. L’élaboration de ce plan a été soutenue par tous les acteurs notamment le Réseau régional des aires marines protégées de l’Afrique de l’Ouest (RAMPAO), qui a bien voulu appuyer financièrement tout le processus de l’élaboration à la validation » a fait valoir l’adjoint administratif du gouverneur de la région de Dakar, Mbaye Dione.

Il a enfin profité de son temps d’antenne pour inviter les participants à faire de ces travaux un cadre de réflexion et de prise de décisions dans le but d’impulser une nouvelle dynamique à l’AMP en le dotant d’organes de gouvernance à savoir un comité scientifique, un comité d’orientation ainsi qu’un comité de gestion qui sera le bras opérationnel de mise en œuvre des activités.  

Pour sa part, le Commandant Bafodé Cissé, Conservateur de l’aire marine protégée de Gorée a confirmé les dires de Mbaye Dione en affirmant que la gestion d’une AMP fait appelle à « une gestion communautaire ». « La gestion de l’AMP se rapporte à la gestion communautaire. Cela veut dire une gestion partagée avec les communautés. Pour que nous poussions nous déployer sur le terrain, il fallait que nous mettions ensemble sur place tous ce qu’il faut en terme d’arsenal pour que nous puissions y arriver » a indiqué le Commandant Cissé.

En effet, dans le cadre de l’aire marine protégée, la planification est fondamentale. C’est la raison pour laquelle « la première action que nous avons eu à faire c’est de partir de l’élaboration du Plan d’aménagement et de gestion », a-t-il clarifié. Ajoutant que cette étape est la troisième de ce processus.  

La première était « consacrée à la formation aux outils diagnostic où l’ensemble des parties prenantes a été invité et la seconde étape c’est le diagnostic proprement dit afin de déceler les défis qui se dressent devant nous dans le cadre de cette AMP de Gorée. C’est à la suite de ce processus que nous sommes là pour restituer ce qui a été fait sous forme de Plan d’aménagement et de gestion de l’AMP », a précisé M. Cissé.  

En termes clairs, cette troisième étape permettra d’amorcer la phase 3 qui est celle de l’organisation, l’opérationnalisation et la mise en œuvre des activités de gestion, par la mise en place des organes de gouvernances. Par conséquent les acteurs locaux, acteurs de la pêches, les industriels, acteurs sociaux professionnels, les structures de l’Etat qui tournent autour de l’AMP, les partenaires au développement, ONG ainsi que les  autorités des collectivités locales sont concernés.

Selon lui, la création de nouvelles AMP dotées de Plan d’aménagement et de gestion (PAG) et d’organes de gestion adaptés, est l’option privilégiée  du Gouvernement, conformément aux recommandations de la Communauté Internationale. A travers cette politique, le Sénégal souhaite reconstituer son potentiel halieutique et asseoir un développement socioéconomique durable.

Cette volonté manifeste de consolider et de renforcer le réseau des aires marines Protégées trouve surtout son explication dans le cadre de l’application de la Convention sur la diversité biologique, en particulier et dans le cadre des décisions adoptées lors de la Conférence de Nagoya au Japon en 2010 (Cibles d’Aichi). L’objectif 11 d’Aichi engage les États à créer 10 % d’aires marines protégées dans le territoire maritime d’ici à 2020 (Ndlr : l’année 2020 est déjà écoulée), a rappelé Conservateur de l’aire marine protégée de Gorée.

Moctar FICOU / VivAfrik

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