L’Afrique du Sud à la quête davantage de financement pour la transition énergétique

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Malgré son potentiel, et son statut de premier pollueur du continent, l’Afrique du Sud a du mal à enclencher sa transition vers les énergies renouvelables. L’électricité du pays, fournie presque en totalité par la compagnie publique Eskom, repose à plus de 80% sur le charbon, gros émetteur de CO2. Un nouveau plan énergétique prévoit d’accorder plus de place aux énergies renouvelables d’ici à 2030, même si le charbon restera prédominant. Car il est politiquement difficile pour le pays de tirer un trait définitif sur cette industrie. Il s’avère que l’Afrique du Sud a du mal à enclencher sa transition énergétique.

Face à cette impasse, le pays situé à l’extrémité australe du continent africain et composé de différents écosystèmes a mis en place, en 2020, la Commission présidentielle sur le climat (PCC) pour la conseiller sur la réponse à apporter au changement climatique. La PCC élabore un guide pratique sur l’action climatique et estime qu’il faudra plus de financement climat.

L’Afrique du Sud a besoin de davantage de financements pour répondre à ses ambitions en matière de politique de lutte contre la crise climatique. Ces fonds seront principalement dirigés vers une transition énergétique juste qui est l’un des piliers de l’action climatique nationale, a affirmé la Commission présidentielle sur le climat.

C’est ce qui ressort de la réunion de la commission organisée le 30 juillet 2021, sur les principaux objectifs du pays en matière de changement climatique. Selon Barbara Creecy, ministre sud-africaine des Forêts, de la Pêche et des Affaires environnementales, il est important de s’adapter aux conséquences du changement climatique.

« Notre proposition est que nous devons passer de 100 milliards de dollars par an provenant de sources publiques et privées à un objectif collectif consistant à mobiliser conjointement 750 milliards de dollars par an d’ici 2030, à partir de ce plancher de 100 milliards de dollars d’ici à 2025 », a-t-elle déclaré renchérissant que les pays développés devront honorer leurs engagements climatiques afin d’aider les pays en développement à mettre en œuvre des stratégies d’atténuation.

L’Afrique du Sud souhaite que la convention-cadre des Nations unies fixe un objectif officiel en matière d’adaptation. Cet objectif devrait accroître la capacité de la population mondiale à s’adapter et à devenir résiliente aux effets néfastes du changement climatique d’au moins 50 % d’ici 2030 et d’au moins 90 % d’ici à 2050.

La transition en Afrique du Sud ne doit pas être axée uniquement sur les énergies renouvelables, a,  pour sa part, estimé Gwede Mantashe, ministre des Ressources minérales et énergétiques. Ajoutant qu’« une combinaison d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire offre une approche équilibrée. Cette combinaison nous permet de fournir une énergie de base et de qualité », a-t-il déclaré.

De son côté, l’archevêque anglican du Cap, Thabo Makgoba a souligné que le gaz peut être considéré comme une solution rapide pour aboutir à cette transition.

Moctar FICOU / VivAfrik

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