La malnutrition aiguë menace plus de 80 000 enfants en Centrafrique

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Les taux de malnutrition infantile grimpent en flèche en République centrafricaine et atteint des proportions inquiétantes. Selon une étude menée par des partenaires de la Centrafrique, plus de 80 000 enfants sont menacés par la malnutrition aiguë. Cette situation est due à la violence fait rage dans le pays.

Rappelons que le 12 mars 2021 le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) prévenaient via un communiqué conjoint que plus d’un district sanitaire sur trois dans le pays est « désormais en état d’alerte pour une crise de malnutrition infantile en raison des récentes violences ».

Aujourd’hui, leur alerte se confirme puisqu’en Centrafrique, les combats poussent les populations dans la misère et la famine.  D’après l’étude réalisée par le G5+, un groupe d’Etats et d’institutions internationales partenaires de la République centrafricaine notamment les Nations unies, l’Union africaine (UA), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’Union européenne (UE), la France et Etats-Unis, Plus de 80 000 enfants sont menacés par la malnutrition aiguë sévère.

De nombreux enfants souffrent de malnutrition à Yatimbo, une localité située à 80 kilomètres de Bangui, la capitale centrafricaine. A Yatimbo, comme partout dans le pays, ces populations sont prises en charge par des ONG telles que Alima, Action Contre la Faim et bien d’autres organisations non étatiques.

Cette situation est aggravée par la violence et l’insécurité qui exacerbent les déplacements de population, entravent l’accès humanitaire et provoquent une hausse des prix des denrées alimentaires.

A cela s’ajoute à l’impact négatif que la pandémie de Covid-19 continue d’avoir sur la sécurité nutritionnelle des enfants dans le pays. Cette année, on estime qu’au moins 62 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère, soit une augmentation de 25% par rapport à 2020.

Dépassé par le nombre de cas de malnutrition aiguë sévère, l’unique centre de référencement qui accueille des enfants n’a pas d’autre choix que de procéder à un tri. Suffisant le docteur Marie Collette Nganda, pédiatre par ailleurs cheffe d’unité de la malnutrition de relever qu’« au niveau du complexe pédiatrique, nous ne recevons que des enfants qui présentent un tableau de malnutrition aigüe sévère avec des complications. C’est à dire ceux qui ont une malnutrition aigüe sévère de deux types : de type marasme et de type kwashiorkor mais avec des complications telles que la fièvre, la diarrhée, la déshydratation, l’anémie et les différentes maladies qui s’ajoutent à la malnutrition. Ce sont ces cas qu’on prend en charge au niveau du complexe pédiatrique de Bangui ».

« La situation est extrêmement préoccupante » a déclaré le Représentant de l’UNICEF en RCA, Fran Equiza. « Sans un accès urgent aux soins dont ils ont besoin, les enfants souffrant de malnutrition sévère sont en danger de mort imminent. Nous devons être en mesure d’atteindre en toute sécurité et dès que possible tous les enfants dans le besoin, en particulier dans les zones les plus touchées par les récentes violences, où les familles ont été forcées de fuir et où l’accès à la nourriture est insuffisant. »

Face à cette situation, la Banque mondiale a jugé nécessaire de mettre en place un plan d’urgence. L’institution financière mondiale a ainsi injecté 27 milliards de francs CFA pour financer ce plan d’urgence contre l’insécurité alimentaire.

« Aujourd’hui, nous vivons en Centrafrique une crise qui a créé une situation inacceptable pour le pays. Vous savez qu’en avril cette année, il y avait 47% de la population centrafricaine, ça veut dire les hommes, les femmes et les enfants, qui souffrait d’insécurité alimentaire. Cela veut dire qu’ils ne savaient pas le matin s’ils auraient suffisamment à manger le soir. Aujourd’hui, c’est 57 % de la population qui est dans cette situation, soit 10 % d’augmentation en trois mois », a affirmé Han Fatres, représentant résident de la Banque mondiale.

Moctar FICOU / VivAfrik

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