RDC : Félix Tshisekédi demande la suspension de tous les contrats « douteux » en matière de concessions forestières

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Le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekédi a profité de la tenue du Conseil des ministres, vendredi 22 octobre 2021, pour demander la suspension de tous les contrats « douteux » en matière de concessions forestières. Une décision qui augure des lendemains meilleurs en matière de la protection de la nature mais aussi beaucoup d’attentes du côté des défenseurs de l’environnement en RDC. En termes clairs, le Chef de l’Etat a demandé à sa ministre de l’Environnement, Eve Bazaïba, d’en dresser la liste et de la présenter lors du prochain conseil des ministres.

Rien que pour l’année 2020, 4 millions 600 hectares de forêt congolaise ont été vendus de manière frauduleuse, selon Radio France internationale (RFI) citant les ONG. Des permis d’exploitation déguisés en contrat de sauvegarde ou des concessions octroyées sans respect des procédures.

« D’abord, le fait même que cette question puisse figurer à l’ordre du jour est une première. Donc nous accueillons très favorablement cette décision, d’autant plus que nous avions adressé des recours au ministre de l’Environnement – qui n’a pas réagi du tout – que le président a reçus et qui ont dû réveiller son attention sur ces questions », a signalé Augustin Mpoyi conseiller juridique à la CODELT précisant que la demande du président de suspendre les contrats douteux en attendant un audit plus large est un signal porteur d’espoir.

A quelques jours de la 26ème Conférence de Glasgow sur les changements climatiques (COP26) prévue du 30 octobre au 12 novembre 2021, les regards sont tournés vers la forêt du Bassin du Congo, le deuxième poumon vert de la planète après le bassin amazonien. Face au réchauffement climatique, la RDC veut se positionner comme pays solution. Mais Irène Wabiwa Betoko de Greenpeace Afrique met en garde : il ne peut y avoir dans le même temps – un état des lieux et la fin du moratoire sur les nouveaux titres forestiers, comme annoncé en juillet 2021.

A ce propos, Irène Wabiwa Betoko a laissé entendre que « l’industrie forestière n’est pas maîtrisée actuellement. Il est inconcevable de penser à étendre cette même industrie à plus de trente millions, cinquante millions – ça dépend – en levant le moratoire ! Il faut d’abord commencer à bien gérer ce qui existe, avant de commencer à étendre ces mêmes espaces ».

Les défenseurs de la forêt espèrent que les autorités renonceront à signer le décret pour lever le moratoire. Une mesure dénoncée comme une autoroute pour la déforestation.

Moctar FICOU / VivAfrik

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