Environnement : les pertes et dommages estimés à 428 milliards de dollars par an d’ici à 2030, selon Emmanuel Seck

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Le coordonnateur de programme à Enda Energie qui présentait une communication lors de l’atelier d’informations et d’échanges sur les enjeux clés de la 26ème Conférence des Nations unies  sur les changements climatiques (COP26) et perspectives organisée par Enda Energie jeudi 21 octobre 2021 à Dakar, la capitale sénégalaise s’est largement prononcé sur le thème : « Pertes et dommages à la COP26 : enjeux et perspectives ».

Il est prévue une « augmentation de la température au Sahel de 3°C à 6°C deux fois plus rapide que dans toute autre partie du monde qui va exacerber les sécheresses, contribuer à la baisse du débit des rivières, aux inondations, aux vagues de chaleur, aux invasions de criquets, aux pertes agricoles et aux crises alimentaires récurrentes », a dit Emmanuel Seck citant un document du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) publié cette année (2021).  

« Au cours de la dernière décennie, les catastrophes météorologiques et climatiques extrêmes ont tué plus de 410 000 personnes et touché 1,7 milliard de personnes dans le monde », a argumenté M ; Seck qui a fait valoir que « les dommages économiques pour les pays en développement dus aux pertes et dommages ont été estimés à 428 milliards de dollars par an d’ici à 2030 et jusqu’à 1 670 milliards de dollars par an d’ici à 2050 à 3°C de réchauffement » de la planète.

Selon lui, aucune décision concrète n’a été prise dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fournissant des orientations claires sur le financement de la prévention, de la minimisation et de la gestion des pertes et dommages.

S’exprimant sur les points de négociations, le coordonnateur de programme à Enda Energie a évoqué la création du Mécanisme international de Varsovie (WIM) pour « faire face aux pertes et dommages associés aux impacts des changements climatiques, y compris les événements extrêmes et les événements à évolution lente, dans les pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes du changement climatique ».

Emmanuel Seck s’est aussi prononcé sur la « reconnaissance par les Parties de la nécessité d’éviter les pertes et préjudices liés aux effets néfastes des changements climatiques, notamment les phénomènes météorologiques extrêmes et les phénomènes qui se manifestent lentement, de les réduire au minimum et d’y remédier, ainsi que le rôle joué par le développement durable dans la réduction du risque de pertes et préjudice ».

En outre, la création du Réseau de Santiago sur les pertes et dommages (SNLD) dans le cadre du WIM pour éviter, minimiser et traiter les pertes et dommages associés aux effets néfastes des changements climatiques, afin de catalyser l’assistance technique des organisations, organismes, réseaux et experts concernés, pour la mise en œuvre de approches pertinentes aux niveaux local, national et régional, dans les pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes du dérèglement climatique n’est aussi occulté par l’expert.

S’agissant des enjeux et perspectives, il invite à « adopter une décision visant à faire des pertes et des dommages un point permanent à l’ordre du jour des négociations climatiques ; établir un mécanisme de financement des pertes et dommages avec un financement nouveau et additionnel pour les pertes et dommages. Ce mécanisme permettrait de canaliser les financements afin de répondre aux besoins des pays en développement vulnérables sur les pertes et dommages ».

M. Seck a enfin appelé à « assurer la pleine opérationnalisation du Réseau de Santiago sur les pertes et dommages en remplissant son mandat d’action et de soutien pour les pays en développement vulnérables ; inclure les pertes et des dommages dans les discussions sur le nouvel objectif de financement post 2025, avec de nouvelles et additionnelles sources et niveaux de financement et encourager l’inclusion des pertes et dommages en tant qu’élément central des stratégies à long terme sur les changements climatiques et des Contributions déterminées au niveau national (CDN).

Moctar FICOU / VivAfrik

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