Une « maladie mystérieuse des pêcheurs » réapparaît au Sénégal, la situation sous contrôle

0

Les pêcheurs de Thiaroye sur Mer (banlieue de Dakar) qui se sont rendus en haute mer ont présenté des symptômes d’une infection dermatologique. Mais la situation va beaucoup mieux pour ces pêcheurs. Selon l’infirmier-chef de poste de Thiaroye qui demande aux pêcheurs d’éviter la zone Gorgui (Ndlr : entre Bargny et  Rufisque), seul un garçon de 14 ans est en soin intensif.

La « mystérieuse maladie des pêcheurs de Thiaroye » fait son retour. L’année dernière, à la même période, plusieurs centaines de pêcheurs qui revenaient de la mer avaient constaté des symptômes étranges : boutons, fièvre, démangeaisons, entre autres. Ces symptômes sont réapparus depuis le milieu de cette première semaine de novembre.

Comme l’année dernière, Mamadou Diallo, pêcheur de Thiaroye, a dû arrêter de travailler depuis que les symptômes de la mystérieuse maladie sont apparus en fin de semaine dernière.

« Les premiers signes étaient des petits boutons sur les bras, puis mes ongles ont été touchés et du pus a commencé à sortir… C’est allé jusqu’à mes parties intimes ! C’est là que j’ai arrêté de travailler, raconte-t-il. J’ai peur quand même, car on n’a pas l’habitude de voir ce type de maladies : toutes mes parties intimes sont infectées. »

Plus de peur que de mal suite à la réapparition de cette maladie de la peau à Thiaroye / Mer. « Depuis hier, (Ndlr : samedi 6 novembre 2021), nous rendons grâce à Dieu. On n’a dépisté qu’un  seul cas. C’est un enfant de 14 ans pour les mêmes signes », a déclaré Mamadou Mbaye.

Selon l’infirmier-chef du poste de santé de Thiaroye sur Mer, l’évolution de la maladie est bonne. « C’est des soins à domicile. Des antiseptiques, des traitements médicamenteux », a-t-il rassuré invitant les acteurs de la pêche à renforcer la sensibilisation et demande aux pêcheurs d’éviter  de fréquenter la zone suspecte sise entre Bargny et Rufisque.

Plus de 80 pêcheurs seraient touchés par la maladie, selon Moustapha Diop, coordinateur du conseil local de pêche artisanale de Pikine. « Ce que nous pouvons faire, c’est de les emmener à l’hôpital et les prendre en charge, ainsi qu’alerter les autorités. Ce qu’on attend de l’État, c’est qu’il vienne nous soutenir financièrement. Si la maladie allait plus loin, ça peut nous épuiser, parce qu’on n’a pas beaucoup de moyens. »

Des investigations sont en cours, menées par plusieurs instituts, dont l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), le centre antipoison de Dakar ou le centre de recherches océanographique sur Dakar-Thiaroye.

Patrice Brehmer, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), basé à la commission sous-régionale des pêches, soulève quelques avancées. « Il y a des bio-toxines qui ont été identifiées. Maintenant, ce ne sont pas ce genre de bio-toxines qui produisent les symptômes observés, mais par contre on ne peut pas exclure qu’une combinaison des deux bio-toxines trouvées puisse conduire à ce genre de symptômes. »

Des prélèvements supplémentaires seront effectués ce lundi 8 novembre 2021 pour tenter d’identifier l’espèce de micro algue toxique qui pourrait être incriminée.     

Moctar FICOU / VivAfrik  

Laisser un commentaire