La définition régionale pour la forêt, la déforestation et la dégradation des forêts au menu de l’atelier de la CEEAC

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La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a organisé l’atelier, avec le soutien technique et financier de l’Organisation non gouvernementale (ONG) WWF, de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), de l’Union européenne (UE) et de UK Aids. Pendant trois jours, des experts issus des 11 pays membres qui composent la CEEAC, ont réfléchi à des définitions appropriées de la forêt, de la déforestation et de la dégradation des forêts dans le contexte du développement durable. Mais une définition unique était difficile à trouver car le concept de forêt pouvait être interprété différemment selon la position de chaque acteur.

En termes clairs, plus de 50 experts qui se sont récemment réunis à Brazzaville, en République du Congo, afin de réfléchir aux différentes définitions des concepts « forêt, déforestation et dégradation des forêts » pour la sous-région de l’Afrique centrale, cela n’allait jamais être facile, malgré le sens d’urgence et du contexte écologique particulier du Bassin du Congo.

La diversité des points de vue sur ces concepts et l’implication de chaque définition sur l’économie, le socioculturel et le bien-être des personnes ont été un rempart au succès de cette entreprise. La sous-région est dotée d’immenses ressources naturelles. Il compte plus de 346,2 millions d’hectares de forêts, 135,5 millions d’hectares de pâturages et 26,9 millions d’hectares de terres arables.

Le bassin du Congo, deuxième plus grand bassin forestier après l’Amazonie et abritant des espèces fauniques emblématiques telles que les éléphants, les gorilles et les chimpanzés se trouve dans cette sous-région. Mais la sous-région doit encore exploiter ces richesses naturelles sans précédent pour le bien-être de ses plus de 200 millions d’habitants. Les experts ont réfléchi à la manière dont les pays de cette sous-région peuvent se positionner pour pouvoir exploiter et commercialiser les produits issus de l’exploitation forestière et de l’agriculture sur le marché très exigeant et obsédé par les normes de l’Union européenne.

Honoré Tabuna, Commissaire chargé de l’agriculture, du développement rural, de l’environnement et du développement durable de la CEEAC a déclaré dans son allocution d’ouverture qu’au-delà de la définition de la forêt, de la déforestation et de la dégradation des forêts, l’atelier a marqué le début de l’accélération de la construction d’une nouvelle économie forestière durable pour l’Afrique centrale. « Une économie forestière durable ambitieuse qui démontre le rôle géostratégique, géopolitique et géoéconomique des forêts du bassin du Congo. »

Pour arriver à une définition harmonieuse, il faudrait donc une bonne intégration de la spécificité des différents pays. Selon le Dr Joël Louneto, conseiller en développement durable au ministère congolais de l’économie forestière, les deux extrêmes, qui ont servi de base à la réflexion, doivent être considérés. « Nous avons convenu de prendre en compte la spécificité des pays à faible couvert forestier comme le Burundi et ceux à fort couvert forestier comme le Gabon. Entre les deux, nous avons des pays comme la République du Congo, la RDC et la RCA. Nous avons établi un annuaire, un inventaire et un état des lieux. Nous avons convenu, comme phase suivante, de mettre en place des groupes de travail pour poursuivre les réflexions », a-t-il ajouté.

Pour le Directeur du Département des Forêts du Gabon, Dr. Ghislain Moussavou, « Si nous tenions compte de la définition générale de la forêt telle qu’elle se présente aujourd’hui dans le monde, il serait difficile pour les populations locales de cultiver des cultures de subsistance telles que les bananes, le maïs et le manioc, par exemple. 5, 20, 100 mètres de leurs villages, par exemple. Ils seront obligés d’exercer leurs activités dans le cadre d’une gestion durable des forêts. Nous ne pouvons pas leur imposer cela », a soutenu le Dr Moussavou.

Mis à part les obstacles, les experts ont manifesté un enthousiasme démesuré pour aborder ces définitions critiques. Laurent Some, directeur de la politique et du partenariat du WWF pour l’Afrique, a déclaré : « Jusqu’à présent, les gens ont considéré la forêt uniquement dans une perspective de conservation. Cet atelier est allé au-delà de la simple préservation de la forêt, pour réfléchir à la manière d’utiliser les produits forestiers pour accéder aux marchés. Je pense que nous avons la bonne approche. C’est bien que nous ayons déjà commencé à parler des définitions et que nous ayons l’expertise requise », a déclaré Some.

Il s’agit d’un point de basculement des anciennes discussions politiques dans la région sur la manière d’engager l’économie verte, d’anticiper l’avenir du marché et la compétitivité des produits de base provenant de la région d’Afrique centrale. « Nous avons pu nous interroger et réfléchir sur la plupart des facteurs clés qui pourraient impacter positivement le marché mais surtout comment les pays de la région pourraient spécialiser l’offre de leurs matières premières sur le marché international, en plus de tous les investissements liés à la responsabilité et à la durabilité, », a déclaré Maxime Nzita Di Mavambu, chef de mission régional, ECOFAC 6.

Une route longue et tortueuse

La recherche d’une définition réaliste de la forêt s’annonce longue et tortueuse. Mais les fondamentaux qui permettront à la région de réfléchir sur la durabilité et la responsabilité ont été posés lors de la rencontre de Brazzaville. Toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé et des initiatives telles que la Accountability Framework Initiative (AFI) sont autour de la table et gâtent pour des actions qui pourraient aider à façonner un modèle de marché lié à des normes et à des responsabilités clés. « Nous devons passer du modèle de business as usual à un modèle plus compétitif en termes de durabilité et de responsabilité », a déclaré Maxime.

« Les trajectoires qui ont été définies au cours de ces trois jours, parallèlement à la feuille de route qui a été adoptée, permettront aux différents pays de travailler dans l’intérêt de leur population, dit l’hon. Essola Etoa Louis, ancien député du Cameroun. Selon l’hon. Essola, les décisions qui seront prises lors du prochain sommet des chefs d’État de la CEEAC, le vingtième du genre, prévu en décembre 2021, préciseront les pistes qui nous permettront de revoir le cadre législatif et réglementaire de nos différents pays afin que notre développement les modèles prennent en considération l’amélioration des conditions de vie des populations locales et autochtones », Hon. dit Essola.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec Africa Green Magazine

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