Déforestation en Côte d’Ivoire : Quelles solutions ?

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Par Dr Christophe GBOSSOU

Le dernier inventaire forestier de la Côte d’Ivoire date de 1979. Aucun inventaire faunistique récent n’est connu sauf pour les parcs nationaux de Taï et de la Comoë.

L’état des lieux des forêts en Côte d’Ivoire, mesuré entre autres par imagerie satellite, reflète une nette tendance à la déforestation et à la dégradation de la ressource.

La forêt ivoirienne serait passée de 7,8 millions d’hectares en 1990 à 3,4 millions d’hectares en 2015.Cette dégradation toucherait massivement le domaine forestier rural, mais également les forêts classées avec un taux annuel de déforestation compris entre 3 et 4%. Avec la disparition de leur habitat, de nombreuses espèces sont menacées. Certaines sont emblématiques comme les éléphants et d’autres, moins connues, sont fascinantes.

C’est le cas des chimpanzés du Taï qui possèdent une culture unique de fabrication des outils, transmise de génération en génération. Les forêts du pays abritent aussi le très rare hippopotame pygmée.

Le rythme de la déforestation est de l’ordre de 150.000 ha à 200.000 ha par an (Eaux et forêts N°7, Décembre 2021)

Agroforesterie et reboisement en Côte d’Ivoire

Entre 1960 et 2017, le couvert forestier de la Côte d’Ivoire a reculé, passant de 12 millions d’hectares à moins de 3 millions, alors que l’agriculture, et en particulier la culture de cacao, se développait. Pour enrayer la dégradation alarmante de ses forêts, la Côte d’Ivoire s’est engagée à restaurer son couvert forestier afin qu’il représente au moins 20 % du territoire national d’ici 2030, contre 11 % actuellement.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, le Gouvernement ivoirien a élaboré un éventail de politiques et d’instruments juridiques. Le code forestier adopté en 2019 fournit un cadre d’action pour étendre et restaurer le couvert forestier du pays.

Le rôle du secteur privé est essentiel dans la reconstitution du couvert forestier ivoirien, notamment au travers du soutien à l’intégration et au maintien des arbres dans les parcelles de cacao. Cependant, les investisseurs intéressés par les projets d’agroforesterie et de reboisement peinent parfois à comprendre le contexte légal ivoirien, ainsi que les opportunités et risques afférents. (EUREDD FACILITY, Avril 2021)

Les solutions EXPADD ou la valorisation des résidus agricoles : des retours d’expériences non encore capitalisés.

Il faut d’abord mettre un accent sur l’agroforesterie ainsi que le reboisement systématique.

Par ailleurs, pour un pays agricole, il faut dire que la Côte d’Ivoire produit par an des millions de tonnes de résidus qui en général sont non valorisés. Pourtant, des techniques artisanales ou semi artisanales accessibles à tous sont disponibles et pourraient se proposer comme des alternatives au bois-énergie et charbon de bois qui sont aussi des facteurs de déforestation.

La méthanisation artisanale pour la production de biogaz ainsi que la pyrolyse pour la production de briquettes de bio-charbon peuvent être vulgarisées auprès des agriculteurs et éleveurs en milieu rural.

Des microprojets dans ce sens ont montré des résultats encourageants. Il faut dès lors vulgariser voire démocratiser ces techniques simples.

EXPADD (Experts d’Afrique pour le Développement Durable) accompagne tous les acteurs intéressés par ces thématiques sur l’ensemble du cycle de vie de leurs initiatives de valorisations des résidus agricoles en biogaz, bio-charbon ou biochar…

Dr Christophe GBOSSOU, enseignant chercheur à l’Institut de recherche sur les énergies renouvelables, coordonnateur de l’ONG Afrique Développement durable, Côte d’Ivoire.   

www.expadd.org