Une étude de marché sur les besoins en matière d’adaptation en Afrique publiée par la BAD

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Les travaux de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’étude de marché sur les besoins en matière d’adaptation en Afrique sont désormais connus. En effet, l’institution financière africaine, en partenariat avec le prestataire de services professionnels Ernst & Young et Perspectives Climate Group, a publié une étude sur la demande d’avantages d’adaptation certifiés comme mode de financement des projets d’adaptation du secteur privé en Afrique. C’est ce qu’a indiqué un communiqué de la banque transmis à la presse.

« Les avantages d’adaptation certifiés sont générés par le mécanisme des avantages de l’adaptation, un instrument financier innovant qui permet aux donateurs, consommateurs et autres entités qui en ont les moyens, de contribuer au financement de projets d’adaptation dans les pays africains », a noté l’institution dirigée par le Nigérian Akinwumi Adesina.

Si l’on se fie au communiqué, le rapport présente les résultats obtenus à partir de 68 réponses en ligne et de 15 entretiens en personne. Les participants ont estimé que le mécanisme des avantages de l’adaptation était très pertinent pour l’agriculture et la foresterie, la gestion des ressources hydriques, l’accès à l’énergie, la biodiversité et les systèmes d’information climatiques, quelle que soit la taille des projets. Ils se sont dit intéressés pour les projets de l’ordre d’un million à cinquante millions de dollars.

« Pour que le mécanisme des avantages de l’adaptation réussisse et soit viable, il est essentiel d’avoir une vision globale de la demande pour un tel outil. Ce mécanisme contribue à l’objectif d’adaptation de l’Accord de Paris, et permet de remplir des missions de responsabilité sociale des entreprises ou des mandats philanthropiques », a informé Kevin Kariuki, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte.  

Le document rappelle que la Banque africaine de développement a lancé la phase pilote du mécanisme des avantages de l’adaptation en 2019, afin de fournir une structure de travail aux parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au moment du bilan mondial en 2023. En rémunérant les développeurs de projets pour qu’ils fournissent des avantages d’adaptation certifiés, les donateurs contribueront à répondre aux besoins des pays en développement tout en aidant à réduire les coûts des technologies et à stimuler de nouveaux investissements dans l’adaptation.

« Le 5 novembre 2021, en marge de la COP26 à Glasgow, Ernst & Young a organisé une session au « pavillon des Nations de la forêt tropicale » au cours duquel des intervenants ont expliqué le mécanisme des avantages de l’adaptation et présenté les résultats de l’étude de marché, y compris une synthèse des réponses obtenues au questionnaire en ligne ainsi que les principales conclusions », a noté la BAD dans le texte.

« Le mécanisme des avantages de l’adaptation développé par la Banque africaine de développement va changer la donne en matière de mobilisation de capitaux publics et privés pour l’adaptation, car nous serons en mesure de montrer la valeur ajoutée, les résultats, les impacts et les co-bénéfices mesurables générés par cette nouvelle approche, a déclaré Patrice Lefeu, partenaire associé, Global Climate & Sustainability chez Ernst & Young. Cette valeur ajoutée devrait être monétisée pour augmenter le financement de l’adaptation, car le Mécanisme des avantages de l’adaptation réduira le risque lié aux projets d’adaptation et améliorera leur bancabilité. Ernst & Young est prêt à mettre en œuvre une telle méthodologie pour développer de nouveaux modèles de financement de l’adaptation », a le Groupe de la Banque africaine de développement dans le communiqué.

« En tant que développeur de projets, le mécanisme des avantages de l’adaptation contribuera à l’élaboration de solutions dont les pays du Sud ont besoin pour devenir plus résilients. Le suivi et la vérification des résultats et des impacts, qui s’inscrivent parfaitement dans les Objectifs de développement durable, contribueront à mobiliser le secteur financier », a expliqué Sergi Cuadrat, d’Allcot, un développeur de projets d’adaptation travaillant en Afrique.

De son côté, Gareth Phillips, responsable de la Division du financement du climat et de l’environnement à la Banque africaine de développement, a précisé que « le mécanisme des avantages de l’adaptation est spécifiquement conçu pour aider à canaliser les investissements du secteur privé vers l’adaptation. Nous avons besoin que les pays développés, les consommateurs et ceux qui en ont les moyens contribuent à la prise en charge des coûts de l’adaptation et de la résilience, et que les investissements soient économiquement, mais aussi financièrement viables. Nous payons pour l’atténuation de multiples façons, mais nous ne payons pas pour l’adaptation, et le continent africain a besoin de soutien pour l’adaptation. »

Selon la plupart des participants, une définition explicite des indicateurs de mesure et leur vérification a posteriori renforceraient la crédibilité des Avantages de l’adaptation. Ils ont également estimé que les indicateurs de résultat et d’impact étaient les plus pertinents pour mesurer les Avantages de l’adaptation et préconisé des efforts de communication plus énergiques et mieux ciblés, qui expliqueraient les processus et l’impact spécifiques du Mécanisme des avantages de l’adaptation afin de renforcer l’adhésion des acteurs de l’adaptation, a conclu le texte transmis à la presse.

Moctar FICOU / VivAfrik

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