Le réchauffement climatique serait à l’origine des insuffisances rénales chroniques

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Les scientifiques ont-ils percé le mystère qui entoure l’origine des insuffisances rénales chroniques ? Tout porte à le croire. En effet, une étude portant sur le Brésil confirme une corrélation entre l’insuffisance rénale chronique d’origine indéterminée et l’exposition à des températures extrêmes. De nombreuses régions tropicales sont affectées par cette nouvelle maladie.

Selon Le Temps, une nouvelle maladie rénale chronique a été identifiée pour la première fois dans les années 1990 en Amérique du Sud, au Sri Lanka et en Inde. Faute de comprendre quelle en était la cause, on l’a baptisée « insuffisance rénale chronique d’origine indéterminée ». Et certains scientifiques ont émis l’hypothèse qu’elle serait liée au réchauffement climatique.

Cette hypothèse des experts est confirmée dans une nouvelle étude publiée dans The Lancet Regional Health Americas. Elle porte sur les admissions à l’hôpital entre 2000 et 2015 dans 1 816 villes brésiliennes. Résultat : sur 2 726 886 hospitalisations pour des maladies rénales durant cette période, plus de 202 000 cas seraient imputables au réchauffement climatique.

A cet effet, Le Temps a fait part que « chaque hausse mondiale de 1°C des températures ambiantes » semble provoquer une progression correspondante des hospitalisations liées à cette nouvelle affection dans les régions tropicales. Le phénomène a été repéré pour la première fois au début des années 2000 au Salvador, au Sri Lanka et en Inde. « Les sujets n’ont pas de facteurs de risque connus, mais partagent un point commun : ils travaillent en plein air dans des régions où les températures moyennes ont fortement augmenté au cours de ces cinquante dernières années ».

« L’exposition répétée à des températures extrêmes peut causer, par déshydratation, des épisodes d’insuffisance rénale aiguë susceptibles de provoquer à leur tour l’apparition d’une maladie chronique », a expliqué l’équipe qui a conduit l’étude au Brésil.

Toutefois, certains scientifiques envisagent aussi une autre hypothèse, la contamination de l’eau par un polluant. « L’hypothèse d’un double effet causal n’est donc pas exclue », a pour sa part souligné le quotidien suisse.

Enfin, des épisodes d’insuffisance rénale aiguë liés au climat pourraient affecter les pays plus tempérés. Comme le rappelle Pierre-Yves Martin, professeur honoraire à la faculté de médecine de l’université de Genève. « Lors de la canicule de 2003, des études ont démontré une majoration de 27% du nombre de personnes nécessitant temporairement des dialyses », a-t-il conclu.

Moctar FICOU / VivAfrik