Menacé par une pénurie de blé, le Maroc est invité à assurer une souveraineté alimentaires            

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Le Maroc s’attendait à perdre 53% de sa récolte de céréales cette année, avait regretté, devant les députés, le ministre de l’Agriculture, Mohamed Sadiki. Cette sortie fait suite à la pire sécheresse depuis des décennies que traverse le royaume chérifien.

En effet, le Plan Maroc Vert (PMV), la stratégie du Maroc en agriculture entre 2008 et 2020, a tissé un objectif d’assurer une production annuelle moyenne en céréales de 70 Millions de quintaux. Un objectif qui s’est heurté à plusieurs reprises aux aléas climatiques, en l’occurrence des années de sécheresse qui impactent négativement la production nationale, puisque la plupart des superficies emblavées en blé sont conduites en Bour. Durant les années de sécheresse, le Maroc ouvre ses frontières devant le blé en provenance de l’étranger, tout en baissant les tarifs douaniers, afin d’alimenter le marché national et assurer un flux d’approvisionnement continu en cette denrée stratégique.

Au Maroc, la récolte de céréales, est gravement compromise cette saison au Maroc en raison d’une forte sécheresse. La perte est estimée à plus de la moitié de la récolte, alors que l’an dernier, celle-ci avait atteint un record de 10,3 millions de tonnes. Selon le ministre de l’Agriculture, les Marocains ont semé au cours de l’année 2022, 3,5 millions d’hectares en céréales. Le taux de perte correspond à 1,6 million d’hectares. Seulement 21% de la culture de céréales serait en bon état.

Pour permettre au secteur agricole de faire face à cette crise, l’exécutif a lancé un programme exceptionnel d’un montant de 10 milliards de dirhams (environ 1 milliard d’euros) pour soutenir les zones rurales et aider les agriculteurs.

Pour Abdelaziz Rhezali, Expert agricole, a estimé qu’« à long terme et devant une situation à l’échelle internationale caractérisée par une croissance de la demande en blé, l’image de l’évolution du marché du blé au Maroc n’est pas claire. Dans ce sens, les politiques publiques devraient tisser un plan pour assurer une souveraineté pour les produits alimentaires de première nécessité (céréales, huiles végétales, sucre). Cette souveraineté alimentaire doit mettre l’accent sur les besoins alimentaires du peuple ; la sécurité alimentaire ; le savoir-faire cumulé dans l’agriculture ; une utilisation rationnelle des ressources naturelles ; une amélioration des capacités de l’agriculture paysanne ; et le développement de la recherche agronomique dans le pays. Le but ultime étant de minimiser les importations des denrées de base qui pèsent très lourd sur la balance commerciale du pays et freinent la croissance économique ».

Moctar FICOU / VivAfrik