La RDC annonce la saisie d’une tonne et demie d’ivoire à Lubumbashi  

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Une cargaison d’une tonne et demie d’ivoire de contrebande a été saisie le week-end du samedi 14 au dimanche 15 mai 2022 et trois trafiquants présumés arrêtés et transférés au parquet de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris, jeudi 19 mai 2022, de source judiciaire.

Selon la même source, ces autorités judiciaires ont procédé ces derniers jours à la saisie près d’une tonne et demie d’ivoire de contrebande. Il s’agit de l’une des plus grosses prises de ces dix dernières années en Afrique.

« Samedi (15 mai 2022), nos services ont saisi quelque 1 500 kg d’ivoire », a déclaré cette source judiciaire, qui n’a pas souhaité être identifiée. « Cinq personnes qui transportaient cet ivoire dans des camions à long châssis ont été arrêtées mais deux se sont enfuies après interrogatoire », a jouté la même source.

Selon elle, les trois détenus, tous Congolais, ont déclaré être de simples transporteurs, ne connaissant ni la provenance ni la destination de cet ivoire. Les propriétaires de la cargaison seraient ceux qui se sont échappés, auraient-ils ajouté. L’origine et la destination de cet ivoire ne sont pas encore connues, mais certaines ONG pensent que ces défenses d’éléphants proviendraient de pays d’Afrique australe.

La saisie a eu lieu dans l’enceinte d’un hôtel de Lubumbashi, témoigne Me Sabin Mande, membre du Réseau ressources naturelles. Cet hôtel aurait été choisi comme lieu de livraison. Les 1 500 kilogrammes d’ivoire, emballés dans 18 sacs, sont gardés à l’inspection judiciaire. Cette prise représente de 80 à 100 éléphants tués pour leurs défenses, a indiqué d’un air choqué cet activiste de la protection de l’environnement.

« Quand vous regardez les ivoires, ils sont issus d’éléphants adultes. C’est un massacre ? Oui. Mais le problème est que si on pouvait situer la zone de provenance et déterminer le rythme de braconnage, je crois qu’on pourrait facilement voir quelle est la zone la plus fragile en terme de criminalité environnementale. »

L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) n’a pas encore réagi. La ville de Lubumbashi est considérée comme la plaque tournante du commerce illicite d’ivoire. Le commerce illégal d’ivoire est la troisième forme de trafic le plus rentable après les stupéfiants et les armes. Il est alimenté par une forte demande en Asie et au Moyen-Orient, où les défenses d’éléphant sont utilisées dans la médecine traditionnelle et en ornementation.

Moctar FICOU / VivAfrik