Exploitation minière des fonds marins : Le G7 à pied d’œuvre pour une réglementation internationale                   

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Les fonds marins sont connus depuis le 19ème siècle pour abriter une riche diversité de métaux aujourd’hui essentiels à la transition énergétique. Il s’agit néanmoins d’un écosystème réputé fragile qu’une exploitation minière pourrait irrémédiablement détruire.

L’exploitation des ressources minérales des fonds marins de la planète ne doit se faire que si « l’environnement n’est pas gravement endommagé ». C’est l’une des conclusions du sommet des ministres de l’Energie et du Climat du G7 tenu le 27 mai 2022 à Berlin en Allemagne, a fait valoir Emiliano Tossou dans les colonnes de l’Agence Ecofin.

L’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni ont convenu de la nécessité d’une réglementation commune assurant la protection de la biodiversité océanique dans tout projet minier des fonds marins, tout en se désolidarisant à demi-mot de Nauru, petit Etat insulaire qui a lancé l’année dernière un ultimatum de deux ans pour commencer l’exploitation, faute de consensus à l’échelle mondiale.

Dans le communiqué final diffusé à Berlin et obtenu par l’Agence Ecofin, on peut lire : « nous soulignons que le récent déclenchement de la « règle des deux ans » de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ne doit pas diminuer nos ambitions de développer un cadre réglementaire qui assure une protection efficace de l’environnement marin dans la Zone ».

Placée actuellement sous la protection de l’Autorité internationale des fonds marins, la « Zone » en question est constituée de l’espace qu’on retrouve en dessous de 200 m sous la surface des océans et hors des limites des juridictions nationales. Alors que la transition énergétique s’accélère, plusieurs Etats et compagnies minières veulent utiliser le cobalt, le nickel, le cuivre, et d’autres métaux dont regorge cette Zone, pour compenser le déficit qui devrait inévitablement survenir face à la demande considérable actuelle et future, lit-on dans le document.

Cependant, relate Emiliano Tossou, les risques d’une telle activité sur l’écosystème des fonds marins et sur la planète en général ne sont pas vraiment connus et les militants écologistes, ainsi que plusieurs industriels, appellent donc à un moratoire. Le statu quo devrait profiter aux pays producteurs de ces différents métaux qui, à l’instar de la RDC et de son cobalt, auraient pu voir les prix et leurs parts de marché menacés par l’arrivée de nouvelles sources d’approvisionnement.

Moctar FICOU / VivAfrik