La JMR commémorée sous le thème : « Chacun, partout, tout le temps, toute personne a droit à la sécurité »

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« Chacun, partout, tout le temps, toute personne a droit à la sécurité » tel est le thème retenu par l’Organisation des Nations unies pour la commémoration de la Journée mondiale du réfugié (JMR) célébrée le 20 juin 2022 au Burkina Faso et partout dans le monde. Le thème de cette année met en exergue « le droit à demander l’asile », ce qui comprend des frontières sécurisées, l’impossibilité de forcer quelqu’un à retourner dans son pays si cela met en danger sa vie ou sa liberté, ainsi qu’un traitement digne et sans discrimination.

« En mai 2022, le monde a atteint le record peu réjouissant de plus de 100 millions de personnes déplacées de force. Cela constitue plus de 1 % de la population mondiale, et équivaudrait au 14ème pays le plus peuplé de la planète, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés », a rappelé le ministre du Burkina Faso des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur dans un message prononcé dimanche 19 juin 2022.

« En général, personne ne choisit sciemment de tout laisser derrière soi et de s’exposer à de la violence, à des abus et à de l’exploitation, surtout pas des femmes et des filles déjà vulnérables. Ce que fuient ces personnes, c’est le conflit et la persécution. Elles tentent d’échapper à des catastrophes, qu’elles soient induites par l’homme ou par la nature. Des conditions désespérées sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle en ont fait des réfugiées, des demandeuses d’asiles, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ou des apatrides », a déploré Ragnaghnèwendé Olivia Rouamba qui s’adressait à ses compatriotes.

La Journée internationale du réfugié représente une occasion pour les pouvoirs publics et les partenaires d’informer le public sur les enjeux majeurs de la gestion des réfugiés et d’organiser des activités de sensibilisation et de marquer leur solidarité et leur compassion vis-à-vis de ces personnes déplacées forcées, loin de leur patrie mère à la recherche de protection et de refuge.

Cette journée a été instituée, à ses yeux, par la Résolution 55/76 de l’Assemblée Générale des Nations unies du 4 décembre 2000, pour faire connaître, à l’échelle mondiale, la nécessité de se pencher sur la question des réfugiés et demandeurs d’asile et de leur accorder la protection internationale conformément aux conventions pertinentes relatives à leur statut ; sensibiliser les populations hôtes des Etats à la cohabitation pacifique avec les réfugiés et demandeurs d’asile dans un esprit de promotion des valeurs de solidarité, de tolérance et de paix ; et d’aider les services nationaux et ceux des Organisations internationales et non gouvernementales (ONG) à conjuguer leurs efforts pour améliorer les conditions de vie des réfugiés et demandeurs d’asile.

Poursuivant son allocution, elle a fait valoir que « le Burkina Faso a toujours rempli ses engagements internationaux en faveur des réfugiés et des demandeurs d’asile conformément à la convention de 1951 relative au statut des réfugiés et la Convention de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique (Convention de Kampala 1969). Ce sont des instruments juridiques majeurs sur lesquels se greffent les dispositions nationales permettant d’assurer la protection internationale aux réfugiés.

Depuis plus d’une dizaine d’année, le Burkina Faso ne cesse d’enregistrer un nombre de plus en plus important de réfugiés et demandeurs d’asile installés sur son territoire. Cela s’expliquant par la recrudescence des attaques terroristes et des crises sociopolitiques à l’échelle régionale et internationale.

Ragnaghnèwendé Olivia Rouamba a souligné que le thème de la commémoration de cette 22ème JMR vient rappeler « le devoir d’accueil et de protection des personnes qui fuient les guerres et les persécutions et met en lumière le rôle et la responsabilité qui incombent à chaque Etat d’assurer partout et en tout temps la sécurité aussi bien aux nationaux qu’aux étrangers vivant sur son territoire ».

C’est donc une journée qui donne l’occasion d’attirer l’attention du monde entier sur le sort des personnes qui fuient les conflits ou les persécutions, une journée d’appel à l’action destiné à tous les Gouvernements, à toutes les autorités administratives nationales et à tous les organismes internationaux à consentir davantage des efforts pour garantir la sécurité à tous et à consacrer les ressources suffisantes pour mettre en place des systèmes et des infrastructures permettant d’augmenter la capacité des pouvoirs politiques à riposter contre les fléaux du terrorisme et de la mal-gouvernance qui mettent à rude épreuve la sécurité des territoires et des personnes, a conclu le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur.

Moctar FICOU / VivAfrik