« 570 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité » au sud du Sahara, selon la Banque mondiale

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La Banque mondiale a révélé qu’à l’échelle planétaire, 733 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité dont plus de 570 millions en Afrique subsaharienne malgré le fait que lors de ces dix dernières années, le monde a réalisé un bond remarquable en matière d’accès à l’électricité. Au rythme actuel, 670 millions de personnes seront encore sans électricité d’ici à 2030, soit 10 millions de plus que l’estimation établie en 2021.

Un document de la Banque mondiale rendu public le 1er juillet 2022 renseigne que la part de la population mondiale ayant accès à l’électricité est passée de « 83 % en 2010 à 91 % en 2020, soit une augmentation de 1,3 milliard de personnes dans le monde ». Toutefois, le nombre de personnes privées d’accès à l’électricité dans le monde a baissé. Il passe « de 1,2 milliard en 2010 à 733 millions en 2020 ». Pour autant, le rythme des progrès en matière d’électrification a ralenti ces dernières années, sans doute parce qu’il est de plus en plus « difficile d’atteindre des populations non desservies, plus éloignées et plus pauvres, mais aussi en raison des répercussions sans précédent de la pandémie de Covid-19 », soutiennent les experts de l’une des institutions de Bretton Woods. Pour atteindre l’objectif fixé à l’horizon 2030, « il faut réaliser 100 millions de nouvelles connexions par an », soutiennent les spécialistes de l’électricité. Au rythme actuel des progrès, le taux mondial d’électrification ne sera que de 92 % en 2030.

Entre 2010 et 2020, l’électrification a progressé de manière constante dans toutes les régions du monde, avec toutefois de grandes disparités. Ainsi, si l’Afrique subsaharienne enregistre une amélioration sur le plan de l’accès à l’électricité -(passant de 46 % en 2018 à 48 % en 2020)-, sa position se dégrade pour ce qui est du déficit d’accès à l’échelle mondiale (71 % en 2018 mais 77 % en 2020). La plupart des autres régions, y compris l’Asie Centrale et du Sud ont, quant à elles, vu leur part de déficits d’accès diminuer. L’Afrique subsaharienne représentait plus des trois quarts de la population (568 millions de personnes) toujours sans accès en 2020.

Le Sénégal, une « embellie » dans la grisaille

Relativement à la région ouest-africaine, le Sénégal est classé parmi les pays ayant un taux d’accès à l’électricité les plus élevés en Afrique de l’Ouest, avec 76% en fin 2019. Toutefois, il existe de grandes disparités entre populations urbaines et rurales ayant accès à l’électricité, avec respectivement 94% et 53,9%. Ces résultats sont le fruit d’une politique énergétique bien élaborée à travers le Plan Sénégal Emergent (PSE) qui s’est fixé comme objectif de « fournir à tous les citoyens un accès à une électricité fiable, en quantité, en qualité et à un prix abordable d’ici à 2025 ».

Pour mener à bien cette feuille de route, le gouvernement a mobilisé autour des partenaires comme la Banque mondiale, près de 280 millions de dollars ; la BOAD environ 75 millions d’euros ; l’Union européenne 20 millions d’euros ; l’Agence Française de Développement, 30 millions d’euros, ainsi que la Banque africaine de développement et la KfW.

Moyens de cuisson non polluants

La source de renseigner que la part de la population mondiale ayant accès à des combustibles et des technologies de cuisson non polluants est passée « à 69 % en 2020 », soit une augmentation de 3 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Cependant, compte tenu de la croissance démographique, en particulier en Afrique subsaharienne, le nombre total de personnes n’ayant pas accès à des moyens de cuisson non polluants est resté relativement stable pendant des décennies. Ainsi, en dix ans (2000 et 2010), il s’établissait à près de trois milliards, soit un tiers de la population mondiale.  Il est tombé à environ 2,4 milliards en 2020. C’est surtout dans les grands pays d’Asie, fortement peuplés, que des progrès ont été enregistrés. En revanche, le déficit d’accès a presque doublé en Afrique subsaharienne depuis 1990, atteignant un total d’environ « 923 millions de personnes en 2020 », constatent les experts de l’électricité…

Les énergies renouvelables

Garantir un accès universel à une énergie abordable, fiable, durable et moderne implique un déploiement accéléré de sources d’énergie renouvelables pour l’électricité, le chauffage et les transports.   Bien qu’il n’y ait pas de cible quantitative pour l’ODD 7.2, les organismes dépositaires conviennent que la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie finale (TFEC) doit augmenter de manière significative, même si la consommation d’énergie renouvelable a continué de croître pendant la pandémie, malgré les perturbations de l’activité économique et des chaînes d’approvisionnement.

L’efficacité énergétique

L’Objectif de développement durable 7.3 vise à doubler le taux mondial d’amélioration annuelle de l’intensité énergétique primaire, quantité d’énergie utilisée par unité de richesse créée pour qu’il atteigne 2,6 % en 2010-30 par rapport à 1990-2010. De 2010 à 2019, les améliorations annuelles mondiales de l’intensité énergétique ont été en moyenne de 1,9 % environ, soit très inférieures à l’objectif. Il faudrait donc que le taux annuel moyen d’amélioration soit de 3,2 % pour rattraper le retard. Il devrait même être plus élevé, plus de 4 % pour le reste de cette décennie si le monde compte atteindre l’objectif de zéro émission nette résultant du secteur de l’énergie d’ici 2050, tel qu’il est prévu dans le scénario de l’AIE « Net Zero Emissions by 2050 ».

Les énergies renouvelables

Selon ledit rapport, les flux de financements publics internationaux en direction des pays en développement pour promouvoir les énergies propres ont diminué pour la deuxième année consécutive. Ils s’établissaient à 10,9 milliards de dollars en 2019, malgré les immenses besoins en matière de développement durable dans la plupart des pays et l’urgence croissante liée au changement climatique. Ce montant a diminué de près de 24 % par rapport à l’année précédente, une baisse qui pourrait être accentuée par la pandémie en 2020. De manière générale, le niveau de financement reste inférieur à ce qui est nécessaire pour atteindre l’ODD 7, en particulier dans les pays les plus vulnérables et les moins avancés.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec (JP Malou sudquotidien.sn)