Algérie : Quatre entreprises signent un contrat de « partage de production » pétrolière et gazière

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Un contrat de « partage de production » pétrolière et gazière d’un imposant montant de quatre milliards de dollars concernant un site du sud-est algérien a été signé mardi 19 juillet 2022 par les groupes algérien Sonatrach, italien ENI, américain Occidental et français Total. Ce contrat d’une durée de 25 ans porte sur l’exploitation des gisements gaziers et pétroliers du bassin de Berkine. En annonçant lundi « cet important accord d’un montant de quatre milliards de dollars », le président algérien, Abdelmadjid Tebboune avait souligné, lors d’un sommet avec le Premier ministre italien, Mario Draghi, qu’il « permettra de fournir l’Italie en quantités importantes de gaz ».

Ledit accord permettra de de stimuler les investissements dans les blocs 404 et 208 en Algérie et accéder aux réserves d’hydrocarbures des champs prolongeant ainsi leur durée de vie de 25 années supplémentaires. Il permettra, en outre, de valoriser les importantes quantités de gaz associées qui pourraient devenir disponibles à l’exportation et contribuer ainsi à la diversification des approvisionnements en gaz de l’Europe.

Dans un communiqué séparé, Sonatrach a noté que l’accord vise à récupérer « plus d’un milliard de barils équivalents pétrole d’hydrocarbures, ce qui augmentera le taux moyen de récupération ultime à 55% ». L’objectif est de « développer des ressources supplémentaires d’hydrocarbures liquides tout en réduisant l’intensité carbone des champs grâce à un programme ciblé de baisse des émissions », a pour sa part souligné Total dans un autre communiqué.

Le plan d’activités convenu comprendra également de nouvelles technologies pour améliorer le facteur de récupération des réserves et réduire les émissions de CO2 grâce à des projets d’efficacité énergétique et de décarbonation.

Le chef du gouvernement italien, Mario Draghi a affirmé que l’Algérie est devenue un partenaire privilégié, si ce n’est indispensable. L’Italie doit apprendre à se passer de la Russie d’où provenait 45% de son gaz avant la guerre en Ukraine, et une partie de la solution à ce problème dort sous les sables du Sahara, plus précisément dans le bassin de Berkine à la frontière sud de la Tunisie.

« Les accords signés aujourd’hui à Alger reflètent le large spectre de collaboration entre nos pays. L’Algérie est un partenaire très important pour l’Italie, elle est devenue le premier fournisseur de gaz de notre pays », a déclaré Mario Draghi via le compte Twitter du Palais Chigi.

Une nouvelle loi controversée

L’accord a été signé selon les termes d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures en Algérie, promulguée en novembre 2019, introduisant la possibilité d’un partage de production avec des groupes étrangers. Cette législation controversée avait suscité une virulente opposition dans le pays. Ses détracteurs avaient manifesté dans la rue estimant qu’elle brade la richesse nationale aux multinationales.

Occidental Petroleum est partie prenante de ce contrat après avoir absorbé la compagnie pétrolière américaine Anadarko. Le groupe Total avait signé un accord avec Occidental pour le rachat des actifs d’Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Mais, les autorités algériennes se sont opposées au rachat par Total des actifs dans le pays faisant valoir leur droit de préemption.

Moctar FICOU / VivAfrik