La guerre dans la zone protégée de Virunga fait perdre à la RDC près de 4 à 6 millions de dollars américains par semaine

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L’essentiel de la guerre en République démocratique du Congo (RDC) se déroule sur la zone protégée de Virunga. Cette situation fait perdre au pays d’Afrique centrale près de 4 à 6 millions de dollars américains chaque semaine. Prenant part à un briefing presse sur les aires protégées du pays à l’initiative du ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le patron du Tourisme, Modero Nsimba, peine à cacher sa déception.  

La chasse, l’exploitation forestière et la destruction des forêts à des fins commerciales menacent fortement la préservation de plusieurs aires protégées au Congo. Cette situation est due principalement à la forte augmentation de la population. En outre, les problèmes d’instabilité politique et les conflits entraînent une destruction de ces zones qui sont envahies par des populations fuyant la guerre ou en quête de nouvelles terres agricoles. Bien plus l’émergence des projets d’exploitation minière, pétrolière ou agro-industrielle, entraînent de fortes pressions directes et indirectes sur les aires protégées.

Suffisant pour le ministre du Tourisme, Modero Nsimba, lors d’une sortie médiatique d’apporter un éclairage sur les retombées économiques de la guerre dans la partie est de la RDC. Comme il l’explique lui-même dans des propos relayés par adiac-congo.com, « les affrontements ont lieu dans une zone protégée qu’est Virunga. Sur le terrain, les effets immédiats sont notamment la fermeture du chantier de Rwanguba et de la zone de Bunagana qui joue un rôle essentiel sur la santé de l’économie RD-congolaise. Par semaine, le pays perd près de 4 à 6 millions de dollars à la suite des affrontements entre les forces armées de la RDC et le M23 », a-t-il insisté.

S’exprimant sur le secteur du tourisme, il fait état de la fermeture des activités touristiques dans la zone protégée, l’occupation des sites touristiques par les rebelles et la destruction de l’habitat naturel des gorilles de montagne ; Et la liste n’est pas exhaustive, a relaté Laurent Essolomwa dans les colonnes d’adiac-congo.com.

Selon la même source, Modero Nsimba estime que « la communauté internationale ne peut pas nous demander quelque chose et son contraire ». « On ne peut pas nous demander de conserver la plus grande partie d’eaux douces et l’espace le plus grand d’aires protégées en Afrique, et venir nous faire la guerre dans ces mêmes aires protégées ».

A l’en croire, les pertes économiques ne se chiffrent pas qu’en recettes administratives envolées, mais également en emplois à la suite de la paralysie de certaines activités essentielles. Au-delà, il évoque le cas de nombreux projets actuellement bloqués. Dans le cadre du tourisme, il y a par exemple le projet de construction d’une centrale de 28 MW et de deux autres centrales.

« L’ensemble de ces chantiers pour développer les projets touristiques dans la zone est en arrêt, et est quantifié à plus de 70 millions de dollars américains, rien que pour la zone de Rutshuru ». Très en colère, il rapporte aussi la situation désastreuse de la fermeture de la zone de Bunagana. « C’est mon collègue des Finances qui pourra donner les chiffres officiels, je pense que nous perdons entre 4 à 6 millions de dollars américains par semaine ».    

Pour Laurent Essolomwa a fait valoir que face à cette crise qui prive l’État RD-congolais d’importantes ressources financières, le ministre du Tourisme n’est pas passé par quatre chemins. Selon lui, le parc des Virunga devrait être géré par des militaires, d’autant que, précise-t-il, la province du Nord-Kivu est sous état de siège. Kinshasa attend plus d’actions que des déclarations diplomatiques sans réel impact sur le terrain : « Les drames continuent après 25 ans ».  Réagissant aux propos musclés de Modéro Nsimba, quelques observateurs avertis de la vie nationale rappellent au gouvernement de veiller d’abord aux effets désastreux sur les populations en situation d’errance. Un autre analyste fait plutôt remarquer que le volume des pertes doit être relativisé. A Bunagana, il est possible aux commerçants d’entrer par Ishasha ou à Kasindi. Nous y reviendrons.

Moctar FICOU / VivAfrik